GÉNÉRAL ALLARD


La famille Allard est une ancienne famille de l'arrondissement de Parthenay. Le père du général, Michel-Ange, avait été, avant la Révolution, procureur du Roi près l'hôtel de ville de Parthenay, et après 1789 était devenu le premier maire constitutionnel de la ville, puis commissaire du Directoire exécutif près le tribunal correctionnel.

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Fils de Michel-Ange Allard et de Catherine-Henriette Thibault, NELZIR ALLARD naquit à Parthenay, le 6 brumaire an VII (27 octobre 1798) ; il fit ses études à Poitiers, et entra très jeune et dans un très bon rang à l'école Polytechnique. Il se trouva être au nombre des élèves de l'école qui furent licenciés par la Restauration, pour avoir pris les armes en 1814 et 1815, mais il fut aussi du petit nombre de ceux qui, quelques mois plus tard, rentrèrent, à la suite d'un concours, dans les écoles du Gouvernement.

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Élève de l'école d'application du génie en 1817, nommé lieutenant en 1820, il devint capitaine de son arme en 1825 ; aide de camp du général Valazé, il assista et prit part au siège d'Alger. Puis il rentra en France et s'occupa alors activement de la question des fortifications de Paris. Ce fut à ce moment qu'il publia, dans le Spectateur militaire, divers écrits qui attirèrent l'attention sur lui.

Aux élections législatives de 1834, Nelzir Allard, alors capitaine, avait posé sa candidature dans l'arrondissement de Parthenay, mais il n'avait pas été élu. En 1837, il se présenta de nouveau et se trouva en présence des mêmes concurrents que trois ans auparavant, et malgré la grande situation politique et la légitime influence qu'avait M. Agier, député sortant qui se représentait, Allard fut élu député.

A la Chambre, pour bien déterminer sa politique, il prit place dans les rangs de l'opposition dynastique.

En 1839, il fut nommé maître des requêtes au Conseil d'État en service extraordinaire.

De 1837 à 1848 fut député du département des Deux-Sèvres sans interruption, et cependant il eut à se soumettre à des réélections nombreuses, car chaque fois qu'il gagnait un grade dans l'armée, en vertu du principe qui interdisait alors à tout député d'accepter aucune fonction salariée, il devait donner sa démission et se faire réélire par ses électeurs.

En 1839, il était réélu contre Agier, et le nombre de voix obtenues par son concurrent était bien inférieur à celui que ce même candidat avait obtenu deux ans avant. En 1840, Allard était encore réélu contre Agier, et celui-ci n'avait plus que quelques voix ; enfin en 1842, il était nommé de nouveau sans qu'aucun concurrent se soit présenté contre lui ; en 1846 et en 1847, il était également réélu dans les mêmes conditions par les mêmes électeurs.

Comme député pendant ces dix années, il prit part à toutes les grandes discussions militaires qui s'agitèrent dans le Parlement, et il a laissé sur un grand nombre de ces questions des rapports fort intéressants. Nous citerons entre autres ceux relatifs aux pensions militaires, à l'augmentation de l'effectif de la gendarmerie et surtout ses travaux sur les fortifications de Paris. Nous pouvons ajouter que quelques-uns des discours qu'il prononça en 1842, 1843, 1845, furent imprimés en brochures tirées à plusieurs milliers d'exemplaires et répandues à profusion par les soins du Gouvernement.

Mais à côté de cette vie parlementaire si active et si remplie, Allard ne négligeait pas les intérêts de sa carrière militaire. Chef de bataillon en 1840, il était nommé lieutenant-colonel en 1844, et colonel en 1847.

Lorsqu'éclata la Révolution de 1848, le colonel Allard, comme presque tous les hommes politiques de cette époque, embrassa la cause de la République avec ardeur ; il fut attaché au service des ateliers nationaux, et le Journal officiel du temps conserve une harangue qu'il adressa en cette qualité à Ledru-Rollin, ministre de l'intérieur.

Comme républicain, et à titre d'ancien député, il fut un instant candidat aux élections de l'Assemblée constituante dans les Deux-Sèvres, mais sa candidature, peu soutenue, fut bientôt abandonnée.

Aux journées de Juin, le colonel Allard, qui venait d'être mis en disponibilité par suite d'une rancune politique d'un des membres du Gouvernement provisoire, n'hésita pas à aller offrir ses services et son épée au général Cavaignac ; celui-ci lui donna la périlleuse mission d'aller diriger l'attaque des barricade de la place de la Bastille. Grâce à son énergie, les 37 barricades qui séparaient la place de la Bastille de la place de la barrière du Trône étaient enlevées dans la journée.

Quelques jours après le général Lamoricière, ministre de la guerre, offrait au colonel Allard le commandement du génie dans l'armée de Paris.

En 1849, il fut, sur sa demande, nommé directeur des fortifications à Nantes, et bientôt après, le prince Louis-Napoléon, président de la République, le fit, en décembre 1851, général de brigade.

 

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Ce fut alors que le général Allard attacha sa fortune politique à celui de l'Empire. Nommé conseiller d'Etat au mois de janvier 1852, il devint au mois de juillet de la même année président de la section de la guerre, et il a exercé ces hautes fonctions pendant toute la durée du second Empire. Ce fut même en cette qualité qu'il défendit brillamment, au nom du Gouvernement, devant le Sénat et le Corps législatif, plusieurs projets de lois importants, entre tous ceux relatifs à l'armée et à la garde mobile présentés en 1867 par le maréchal Niel.

En 1857, Allard fut promu au grade de général de division. Il entra au Conseil général des Deux-Sèvres en 1842, et siégea sans interruption dans cette assemblée jusqu'en 1876, après l'avoir présidée pendant vingt-deux ans. Mais lorsque M. le marquis de La Rochejaquelein devint sénateur, le général Allard dut, pour un temps, lui céder le fauteuil de la présidence.

Le 6 août 1860, le général Allard avait été élevé par l'Empereur à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur.

Après 1870 et la chute de l'Empire, le général Allard rentra dans la vie privée et se tint à l'écart de la politique pendant tout le temps que dura l'Assemblée nationale. Mais en 1876, lorsque le pays fut appelé par la nouvelle constitution à élire un Sénat et une Chambre des députés, le général Allard, qui avait gardé sa fidélité politique au Gouvernement impérial se mit sur les rangs pour être élu sénateur comme candidat bonapartiste ; il ne fut pas élu, et il posa immédiatement sa candidature à la députation dans l'arrondissement de Parthenay. Quelques jours plus tard, le 20 février 1876, cet arrondissement, toujours fidèle à son ancien élu, nomma le général Allard député par plus de huit mille voix.

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Arrivé à la Chambre, le général Allard se fit inscrire parmi les membres du groupe de l'Appel au peuple ; mais les fatigues et son grand âge ne lui permirent pas de prendre part aux travaux de l'Assemblée, il mourut en effet peu de temps après à Paris, 16ème arrondissement, le 24 octobre 1877.

 

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Les obsèques du général ont eu lieu le 27 octobre 1877 à l'église de Passy ; après la cérémonie religieuse, le corps fut déposé dans un caveau pour être transporté ultérieurement à Parthenay.

Son corps fut donc ramené à Parthenay où ses obsèques eurent lieu le 14 novembre au milieu d'une grande affluence de population.

La vie du général a été longue, glorieuse et toujours utilement remplie. La ville de Parthenay s'honore de l'avoir vu naître et bien avant sa mort, elle avait déjà donné son nom à l'une de ses principales rues.

Le général Allard a laissé des travaux importants et en outre deux volumes de mémoires qui relatent les faits principaux de son existence.


Archives politiques du département des Deux-Sèvres : 1789-1889 - Tome 2 - par Emile Monnet - 1889

Le Petit Parisien - Deuxième année - n° 877 - Dimanche 28 octobre 1877

Archives nationales - Base Leonore - LH/21/75

AD79 - Registres paroissiaux de Parthenay

État-civil de Paris

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NELZIR ALLARD avait épousé  à Alençon, le 19 septembre 1836, Anne-Camille Mercier, née à Alençon, le 13 avril 1817, fille de M. le baron Jacques Mercier, Membre de la Chambre des Députés, Chevalier de la Légion-d'honneur, et d'Olympe-Madelaine Lecouteulx ; dont un fils, Georges-Joseph  ; décédée à Paris le 13 janvier 1910.

 

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Georges Allard est né à Lonray (Orne), le 12 août 1837 ; Général de division du cadre de réserve ; Ancien commandant supérieur de la défense de Lille ; Membre du Comité technique du génie ; Commandeur de la Légion d'honneur.

Comme son père, il choisit l'arme du génie. Sous-lieutenant en 1857 ; lieutenant en 1859. Il fit la campagne d'Italie, en 1862, avec le grade de capitaine. En 1870, il fut blessé d'un éclat d'obus à la bataille de Mouzon. Fait prisonnier le 2 septembre, il réussit à s'évader près de Lunéville et reprit du service. Il fut promu chef de bataillon et fait chevalier de la Légion d'honneur en 1871, sur le champ de bataille ; lieutenant-colonel en 1884 ; colonel en 1888, commandant du 4e régiment du génie à Grenoble ; gouverneur de Maubeuge et commandant supérieur du groupe de Maubeuge ; commandant les divisions de région de Valenciennes et d'Avesnes en 1892 ; général de brigade en 1893 ; général de division en 1898.

Atteint par la limite d'âge en 1902, le général Allard a été classé dans la 2e section du cadre de l'état-major général de l'armée. Il est décédé à la Touche-Ory, à la Chapelle-Bertrand (79), le 18 septembre 1920.

Il fut aussi député et président du Conseil général des Deux-Sèvres ainsi que maire de La Chapelle-Bertrand (avril à octobre 1874.

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La caserne de Parthenay qui accueillit un des bataillons du 114e Régiment d’infanterie avait reçu en 1887 le nom de caserne Allard, en souvenir du général Nelzir Allard. Le bâtiment a été rasé en 1997.

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AD61 - Registres d'état-civil d'Alençon

Archives nationales - Base Leonore - LH/21/38

http://capella-bertrandi.fr/IMG/pdf/2014_bertrandais_premiere_guerre.pdf

Dictionnaire biographique et album des Deux-Sèvres - 1906