Fils de Jean-Pierre, maître tapissier, et d'Anne-Charlotte Bauge, JEAN-PIERRE BOUCRET serait né à Paris le 16 mai 1764.

Soldat dans le régiment du Vivarais, puis dans Orléans-infanterie (1782-1789), il prit les armes au 14 juillet 1789, et fut successivement sergent-major à la formation de la garde nationale de la section des Invalides ; capitaine dans le bataillon formé par cette section pour aller combattre les Vendéens (12 mai 1793) ; lieutenant-colonel en second (18 mai) ; général de brigade à l'armée des côtes de Brest le 22 septembre 1793 ; général de division le 9 avril 1794. Il commanda l'une des colonnes infernales de Turreau.

Commandant de Belle-Isle-en-Mer, il s'y distingua par sa défense contre les Anglais qui le tinrent bloqué pendant cinq mois, en 1795. Puis il fut rappelé comme indiqué dans une lettre de Mathieu (un des représentants aux armées des côtes de Cherbourg, des côtes de Brest et de l'Ouest), adressée au comité de salut public, datée de Vannes, le 20 vendémiaire an IV (12 octobre 1795) : "Le général Boucret est d'une santé très faible, qui ne lui permet pas de visiter les différents postes de l'Isle aussi souvent qu'il le devrait pour le bien du service. J'ai cru en conséquence devoir le rappeler dans l'intérieur et le remplacer par le général Bonnaud ..."

Il est ensuite commandant de la 16e division militaire, à Saint-Omer, le 24 nivôse an IV (le 14 janvier 1796), puis directeur des hôpitaux à l'armée d'Italie en l'an VIII. Il est réformé en 1801.

 

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Il avait épousé, en 1796, Marguerite Cona, née le 16 mars 1774,  au Puy-en-Velay (baptistère Saint-Jean), fille d'André Cona et de Marguerite Nigone "dite Laverdure" (mariés au Puy, paroisse Saint-Pierre-le-Monastier, le 12 juillet 1768), dont il eut quatre enfants, deux filles et deux garçons, tous morts-nés, tous ou presque ! Le dernier de ces enfants, un garçon, est déclaré mort-né le 6 pluviôse an XI (26 janvier 1803), mais apparaît dans la table des naissances sous le prénom de Jean-Pierre ; il perd ce prénom dans la table des décès. Cet enfant est le seul des quatre à qui l'on ait donné un prénom. Les actes à son sujet ne sont pas très clairs, néanmoins il nous semble que ce fils aurait bel et bien survécu car il est cité dans un document des Saisies Immobilières (voir plus bas), en l'année 1813, comme étant mineur et fils "de feue dame Cona".

 

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Marguerite ne survécut que quelques jours au dernier enfantement, elle est décédée à Saint-Omer, le 14 pluviôse an XI (3 février 1803), elle avait vingt-neuf ans.

 

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Le 16 floréal an XII (7 mai 1804), assisté de deux témoins, Jean-Pierre Boucret, père du général, et de Jean-Baptiste Fayolle, cultivateur à Longuenesse, le général Boucret reconnaît être le père de Nicolas-Joseph, né "de ses oeuvres" le 6 mai ; il est toujours domicilié à Saint-Omer mais "résidant actuellement à Longuenesse ainsi que la mère, demoiselle Marie-Anne-Rosalie-Françoise Cona".

 

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Cette seconde "demoiselle Cona" se prénommait Marie-Rosalie et était soeur de Marguerite. Elle était née au Puy-en-Velay (baptistère Saint-Jean) le 20 mai 1772. Il l'épousera mais on ignore le lieu et la date de cette union.

Jean-Pierre Boucret, père, est décédé à Longuenesse, en la maison de son fils, Jean-Pierre Boucret, général de division, pensionnaire du gouvernement, le 25 février 1812, à l'âge de 71 ans. A cette époque, le général habitait l'ancienne communauté des Chartreux de Longuenesse. 

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Entre 1812 et 1815, des articles de la Feuille de Saint-Omer nous apprennent que le général Boucret avait quelques difficultés financières ; ses meubles et effets sont vendus en 1812, sa maison est saisie en 1814.

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Du tableau des Saisies Immobilières, placé dans l'auditoire du tribunal civil de l'arrondissement de Saint-Omer, département du Pas-de-Calais ..., est extrait ceci :

D'un manoir amazé de maison et autres édifices, ayant cour, jardin et pépinière, le tout entouré de mur, et contenant un hectare quatre-vingt-quatorze ares quatre-vingt-douze centiares (cinq mesures et demie) environ, situés au village de Longuenesse, canton sud de Saint-Omer, arrondissement de Saint-Omer, département du Pas-de-Calais, listant de midi au sieur Louis Allart, de mer au sieur Denis, aboutant du levant à la rue, et du couchant au sieur Pley ; lesdits manoir, maison, jardin et pépinière sont occupés par le sieur Boucret ...
Copie de cette saisie a été laissée à Monsieur Platiau, maire de Longuenesse, le neuf de ce mois, lequel a visé l'original le même jour ; une autre copie de cette saisie a été laissée à Monsieur Wattringue, maire de Saint-Omer, lequel a visé l'original ...
Ledit jour, vingt-trois avril mil huit cent treize, le sieur François "Maxime Duquesnoy-Vandesmet, marchand, demeurant à Saint-Omer, en sa qualité de subrogé-tuteur de Jean-Pierre Boucret, enfant mineur issu du mariage dudit sieur Jean-Pierre Boucret, partie saisie, avec feue dame Cona, est venu demander la distraction de la moitié des biens saisis ; sur cette demande jugement est intervenu qui a ordonné la distraction demandée seroit faite, et que, jusqu'après icelle, il seroit sursis à la vente de la part appartenant à Boucret père, et pour être procédé à ladite distraction, il a ordonné que par un ou trois experts les biens étoient ou non commodément partageables en deux lots. En exécution de ce jugement les experts ont opéré et ont déclaré que lesdits biens étoient commodément partageables en deux lots, et par un autre jugement du dix août dernier, leur rapport a été homologué, et il a été ordonné que les lots seroient tirés au sort.
Cette opération a été faite et le second lot se composant d'un hectare vingt-un ares quatre-vingt-huit centiares (trois cent quarante-trois verges et demie, faisant partie de l'article premier du placard) de jardin qui comprend les murailles qui l'environnent, les arbres placés à demeure, la maison, appentis ou hangar, quartier, serre, citerne et puits, est tombé au sieur Boucret père, partie saisie ; ce lot est plus amplement désigné au plan déposé audit tribunal.
En conformité du jugement rendu par ledit tribunal civil de Saint-Omer, le vingt-quatre mai mil huit cent quatorze, l'adjudication définitive de l'immeuble dont il s'agit a été fixée et aura lieu à l'audience dudit tribunal civil, le samedi trente juillet mil huit cent quatorze, deux heures de relevée, en son palais de Justice, sis audit Saint-Omer, rue des Tribunaux.

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On le trouve ensuite porté dans le tableau des pensions inscrites au trésor public à l'époque du 9 septembre 1817, comme retraité, après 6 ans de service.

L'année suivante, il quitte le pays de Saint-Omer et se retire à Orléans, où il meurt le 17 août 1820, en son domicile, sis au n° 127 Faubourg Saint-Vincent, à l'âge de 56 ans.

 

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Kléber en Vendée (1793 - 1794)

Biographie de la ville de Saint-Omer, par Henri Piers

AD62 - Registres d'état-civil de Saint-Omer et de Longuenesse

AD45 - Registres d'état-civil d'Orléans

Recueil des actes du Comité de salut public - Tome 28 - par F.-A. Aulard - 1889

Dictionnaire historique et biographique des généraux français ... par le Chevalier de Courcelles - Tome second - 1821

Articles extraits de la Feuille de Saint-Omer du samedi 13 juin 1812 - 4 juin 1814 - 31 décembre 1814