JEAN-PAUL-ARMAND DOLBECQ
Vicaire de Noirmoutier, curé de Sainte-Cécile
1788 - 1793

Dolbecq La Feuillie z


D'origine normande, né à La Feuillie (50), le 8 mars 1744, du légitime mariage de Jacques Dolbecq, laboureur, et de Madelaine Levoüet, Jean-Paul-Armand Dolbecq, comme beaucoup de ses confrères, eut une vie très tourmentée pendant les mauvais jours de la Révolution.

DOLBECQ BAPT z

D'abord vicaire à Noirmoutier, il était curé à Sainte-Cécile en 1788, et il crut pouvoir prêter serment. Mais son vicaire et cousin, l'abbé Le Gouic, l'en détourna. Ne voulant pas subir l'exil mais demeurer au service de ses paroissiens, il resta caché dans le pays et principalement chez M. Remaud, curé de Chavagnes-en-Paillers. Là, des âmes pieuses subvinrent à ses besoins.

Dolbecq curé Ste-Cécile z

Mais, un jour, la garde nationale des Herbiers étant survenue à l'improviste, il dut avoir recours à un déguisement, au moyen duquel il passa parmi les soldats sans être reconnu.

M. Dolbecq se réfugia dans les bois. Des chasseurs l'y découvrirent en compagnie de plusieurs autres prêtres : il fallut fuir encore. Les réfugiés se dispersèrent deux par deux, M. Remaud jeune et M. Dolbecq ensemble.

Ils purent arriver à Maché pendant la nuit : "Nous trouvâmes, mon camarade et moi, rapporte M. Remaud, dans Ma vie pendant la Révolution, chez Mlle Minguet, à Maché, tous les égards dûs au malheur, j'ose dire tous les soins de l'amitié ; nos jours auraient été heureux, s'ils n'avaient pas été empoisonnés par la crainte de voir arriver du mal à ceux qui demeuraient avec nous. Cette idée affreuse ne nous laissa jamais de repos. Nous entendions souvent des menaces, des imprécations.

Enfin, jour et nuit, on menaçait d'incendier la maison de notre retraite. Nous voulions la quitter dans la crainte de quelques grands malheurs, mais nous fûmes charitablement retenus par la maîtresse de la maison qui nous répétait sans cesse qu'elle n'avait pas plus à redouter que nous et qu'elle avait fait le sacrifice de sa vie en nous donnant l'hospitalité.

Nous passâmes ainsi cinq mois pendant un hiver rigoureux. M. Dolbecq tomba malade. Il fut soigné avec toutes sortes d'égards. Il commençait à peine à guérir, quand la cruelle guerre de Vendée vint changer nos destinées."

En effet, le 13 mai 1793, le tocsin leur annonça le soulèvement de la Vendée. Des bandes de paysans, armés de piques, de fourches, de mauvais fusils, vinrent à Maché et emmenèrent les deux prêtres pour les protéger : M. Remaud à Apremont et M. Dolbecq à Saint-Étienne-du-Bois, où il s'efforça de calmer les esprits agités.

"Depuis le commencement de 1794, jusqu'au commencement de 1795, dit l'abbé Remaud, l'incendie, le meurtre et le pillage ont désolé la Vendée. On ne savait plus où se réfugier, chaque jour m'annonçait quelque nouveau malheur, quelque nouvelle perte. M. Dolbecq, qui m'avait promis de ne plus me quitter, fut invité un jour par le général Jolly d'aller l'accompagner dans une expédition qu'il allait faire dans la paroisse du Poiré."

Le pauvre prêtre, sachant sa tête mise à prix par les Bleus, se décida à suivre l'armée catholique. Là, du moins, il était en sûreté et son ministère était utile aux soldats vendéens. Mais dans une déroute près le Pont-de-Vie, M. Dolbecq fut poursuivi et tué à coups de sabre par un républicain.

M. Remaud raconte le fait en ces termes : "J'appris, le soir, la mort de M. le curé de Sainte-Cécile, qui fut sabré près du Pont-de-Vie, à la suite d'une débâcle qu'éprouva le général Jolly, proche du village de la Montmornière [Maumernière], sur les bords de la rivière de Vie. J'ai entendu dire à son assassin qu'il était mort en disant : "Je remets, Seigneur, mon âme entre vos mains."

"Je lui fis donner la sépulture dans le cimetière du Poiré le lendemain. La perte de cet ecclésiastique me fut d'autant plus sensible que je l'avais sauvé de toute sorte de dangers pendant la première année de la guerre."

Dolbecq Pont-de-Vie z

 


Une lettre du général Bard du 22 nivôse an II (11 janvier 1794), adressée à la Société populaire de Fontenay-le-Peuple, signale la mort de Dolbecq :
"Je ne dois pas vous laisser ignorer que le brave Martineau, le jeune, médecin, a porté le premier coup au fameux curé de Ste Cécile, dans l'affaire qui a eu lieu au Poiré ..."

Le Dictionnaire des Vendéens apporte des précisions sur l'identité du "brave Martineau" : Etienne Benjamin Martineau (1765-1828), « jeune médecin », frère d’Ambroise-Jean-Baptiste Martineau, membre de l’administration départementale.

 

AD85 - Archives historiques de la ville de Fontenay-le-Comte - E DEPOT 92 1 II 8 - vues 3 et 4

Le Clergé Vendéen - Armand Baraud, prêtre - 1904

AD50 - Registres paroissiaux de La Feuillie

AD85 - Dictionnaire des Vendéens