Nîmes amphi z

Le 13 avril 1790, l'Assemblée nationale rejeta la proposition de déclarer que la religion catholique, apostolique et romaine continuerait d'être la religion de l'État et de jouir seule des honneurs du culte public. On sait que l'évêque d'Uzès protesta le premier, au nom de la religion, de ses commettants, de son diocèse et de l'Église de France, contre le décret qui venait d'être rendu. Mgr de Balore s'empressa d'adhérer à cette protestation, qui fut signée par la plus grande partie des membres ecclésiastiques de l'Assemblée nationale. Dès que l'on sut à Nîmes ce qui venait de se passer, 5.000 catholiques nîmois de tous les ordres et de toutes les conditions se réunirent dans l'église des Pénitents et résolurent de demander au roi et à l'Assemblée que la religion catholique conservât l'honneur d'être la religion de l'État ... qu'il ne fût fait aucun changement dans la hiérarchie ecclésiastique, ni aucune réforme dans les corps séculiers et réguliers sans le concours des conciles nationaux.

nîmes rabaut z

A la lecture de cette requête, l'Assemblée, prévenue par le député Rabaut Saint-Etienne, l'un des plus ardents protecteurs du protestantisme nîmois, traita cette demande d'écrit incendiaire et accusa les signataires d'avoir eu des vues criminelles. Lorsqu'ils reçurent cette réponse, les catholiques se réunirent encore pour développer la pureté de leurs motifs dans une déclaration raisonnée qu'ils envoyèrent, le 1er juin, avec une nouvelle adresse au roi. Ces énergiques professions de foi catholique peuvent paraître une imprudence, à raison des circonstances dans lesquelles elles se produisirent ; il nous est cependant difficile de les blâmer, quoiqu'elles aient attiré sur les signataires les dénonciations du club, et, bientôt après, des assassinats sans nombre.

Les troubles qui devaient mener le parti protestant à ses fins arrivèrent le 2 mai 1790. Une émeute, fomentée par le club et sourdement préméditée par ses membres, éclata ce jour-là, vers les six heures du soir. Des citoyens paisibles furent sabrés sur le Cours par des soldats du régiment de Guienne qu'excitaient des gardes nationaux protestants. Heureusement, M. de Marguerittes, maire de Nîmes, intervint avec quelques officiers municipaux et parvint par sa fermeté à arrêter l'effusion de sang ; mais l'effervescence continuait dans les esprits, et, le 3 mai, de nouvelles rixes s'engagèrent au cours Ballainvilliers, place des Récollets ; le maire put encore disperser la multitude et fit proclamer la loi martiale.

L'énergie que déploya dans ces circonstances l'administration municipale rétablit la paix dans la ville, et une réconciliation eut lieu, le 4 mai, entre les citoyens et la garnison.

Le calme qui suivit ne faisait pas le compte des agitateurs ; il se mirent à préparer dans l'ombre des troubles d'une plus sinistre signification, et, pour n'avoir plus à combattre l'énergie de M. de Marguerittes, le club le fit mander à Paris pour répondre à la barre de l'Assemblée de sa conduite qu'on avait impudemment travestie.

En même temps, des ordres secrets étaient transmis dans La Vaunage et la Gardonnenque, et tout se préparait pour le grand coup que l'on voulait porter.

Le dimanche, 13 juin, était le jour fixé pour la "bagarre" c'est le nom que l'histoire a conservé aux funestes journées de juin 1790, dans la ville de Nîmes.

Dès le matin du 13 juin, les officiers municipaux s'aperçurent que la garde ordinaire de la commune avait été plus que triplée et avait chargé ses armes ; l'un d'eux, ayant voulu faire quelques représentations à ce sujet, fut grossièrement insulté. Sous prétexte de maintenir l'ordre, un piquet de vingt dragons protestants prit position dans la cour de l'évêché. Ce fut là que les troubles commencèrent. Vers les six heures du soir, un individu catholique ayant essayé de voir de la porte de l'évêché ce qui se passait à l'intérieur, fut puni de son imprudente curiosité et arrêté par les dragons. Des cris, demandant la délivrance du prisonnier, se firent alors entendre ; les dragons y répondirent en faisant feu sur une foule sans armes qu'ils poursuivirent ensuite jusqu'à la place de Belle-Croix. Ce fut l'étincelle qui alluma bientôt le plus vaste incendie. En vain la municipalité fit des efforts surhumains pour ramener le calme ; le massacre des catholiques avait été résolu : il fut exécuté.

Le lundi, de grand matin, un nombre fort considérable de gardes nationaux étrangers, venus des communes protestantes des environs de Nîmes, couvrait l'Esplanade et inondait la ville, pleins de haine et de fanatisme religieux. Les procès-verbaux de l'Assemblée électorale purent constater l'existence d'un camp fédératif de 12.000 hommes ; les tueries de la Michelade (1567) allaient avoir leur horrible pendant.

Il serait difficile de tracer un tableau complet des évènements qui ensanglantèrent la ville pendant un massacre qui ne dura pas moins de trois jours et dans lequel périrent plus de 300 victimes. Le nombre de ceux qui disparurent en cette circonstance n'a jamais pu être exactement connu, à cause des précautions que le parti vainqueur eut soin de prendre pour en empêcher le dénombrement. Qu'il nous suffise de dire que le jour où les veuves et les parents des victimes firent célébrer un service funèbre dans l'église paroissiale de Saint-Charles, la nef, quoique vaste, eut peine à les contenir.

Voici maintenant quelques détails tirés des pièces les plus authentiques.

45 catholiques mal armés s'étaient retranchés sur les remparts et dans la tour de la maison Froment ; ce furent les seuls qui purent opposer quelque résistance, tous les autres s'étaient conformés à l'ordre qui leur avait été donné de s'enfermer dans leurs maisons.

Le canon fut amené contre la tour Froment, et la façade de l'église des Dominicains fut percée de boulets. Pendant que succombaient les défenseurs de cette maison, une foule de citoyens catholiques, presque tous signataires des actes du 20 avril et du 1er juin, étaient arrachés de leurs foyer, traînés sur l'Esplanade et lâchement égorgés avec les plus horribles raffinements de cruauté.

CLAUDE DAUDET, simple ouvrier tisseur, âgé de vingt-huit ans, fut pendant la nuit violemment arraché de son lit et traîné sur l'Esplanade, où on le massacra, après lui avoir crevé les yeux et l'avoir horriblement mutilé. L'homme qui lui donna le premier coup devait la vie à sa victime : cet homme se vantait, par la suite, d'avoir, à lui seul, tué 19 catholiques pendant la bagarre.

CLAUDE VIOLET, surpris par les assassins dans la maison d'un de ses amis, fut pendu vivant au crochet d'un fer à viande qu'on lui enfonça sous le menton. On le laissa pendant plus d'une heure dans cette affreuse situation ; les cris que lui arrachait la douleur ayant enfin importuné ses bourreaux, ceux-ci le criblèrent de plusieurs coups de fusil : Violet n'avait que vingt et un ans.

LOUIS DEYMOND revenait paisiblement de la chasse, à neuf heures de soir ; arrêté dans la rue par un groupe de gens armés, il se vit dépouiller de son fusil. Comme il s'enfuyait, il reçut un coup de baïonnette dans les reins et un coup de sabre sur la tête, et on lui tira plusieurs coups de feu qui lui cassèrent le bras en quatre endroits différents. Laissé pour mort sur la place, il put, quelques instants après, se traîner jusque dans sa maison. Mais, à la nouvelle qu'il vivait encore, les assassins vinrent l'enlever, le portèrent sur une chaise à l'Esplanade, le promenèrent autour de cette place et finirent par lui ôter la vie, après lui avoir coupé les mains et les pieds à coups de sabre.

GAS perdit la vie avec des circonstances si atroces qu'on n'oserait les raconter, si elles ne l'avaient été par un partisan bien connu des idées de ce temps.

Voici ce que dit Prudhomme dans son Histoire des Crimes de la Révolution (tome III, page 225) :

"GAS était simple marchand de vin en détail ; il avait épousé une fille protestante qui avait abjuré le calvinisme pour se marier avec lui : les protestants en conservaient une colère implacable.

... Une troupe de huguenots pénétra, le 14, dans la maison de Gas, et leur chef pointa le canon de son fusil sur le sein de sa femme, tandis qu'un autre leva son sabre pour lui trancher la tête. Un troisième s'en prit à la fille aînée, au cou de laquelle il passa une corde ; plusieurs traînèrent par les cheveux sur le pavé les autres enfants ..., demandant aux membres de la famille de leur livrer Gas, qui s'était caché ; sa femme reçut même alors un coup de culasse de fusil qui la renversa, et on ne l'abandonna que parce qu'on la crut morte.

Leur maison, leurs caves furent entièrement pillées ; la fille aînée profita de ce désordre pour faire évader son père ; le fils se sauva à travers une cinquantaine de coups de fusil ; les autres enfants furent immolés ... Les assassins découvrirent enfin Gas dans son asile ... Pendant qu'ils délibérèrent s'ils le conduiront en prison, un d'entre eux lui porta un coup de hache sur la nuque, un autre lui tire un coup de fusil, en lui passant la baïonnette à travers le corps. Le catholique Gas tombe percé de mille coups et les assassins lui coupent les bras et les jambes, en même temps que l'un d'eux (Cassenac), tout en disant à ses compagnons : "Lavons-nous les mains dans le sang d'un catholique et d'un aristocrate," exécute ce qu'il invite les autres à faire ... Le corps mutilé de Gas fut traîné par les cheveux jusqu'à la porte de sa maison, sur le seuil de laquelle il resta étendu trente-six heures ... On finit par le traîner sur l'Esplanade, où il subit de nouveaux outrages."

Le beau-père de Gas et ses trois fils étaient au nombre des assaillants ; ils eurent le triste courage de repousser les enfants de Gas, qui vinrent leur demander l'hospitalité, par ces paroles infâmes : "Dieu s'est vengé de ce que votre mère a changé de religion ; allez, retirez-vous."

PIERRE BATAILLE, arrêté par les volontaires de la légion nîmoise, fut pendu à un réverbère ; la corde cassa, et l'infortuné eut encore le courage de s'enfuir à la faveur d'une fausse alarme donnée à ses bourreaux ; il se réfugia dans une maison et grimpa dans la cheminée ; il y fut découvert, tiré par les pieds et massacré dans l'âtre même à coup de fusil et de baïonnette.

PIERRE FROMENT, surpris au moment où il rentrait dans sa maison, fut d'abord blessé et mis hors d'état de défense ; on se saisit de lui, on l'étendit sur une table et on le déchiqueta vivant à coups de sabre ; sa tête fut ensuite tranchée et promenée par la ville ; son crime était d'avoir usé de son influence pour attirer des signataires aux professions de foi catholique.

Dans la nuit qui suivit ce crime, son père, sa mère, on frère, chanoine de Saint-Gilles, et plusieurs autres de ses parents furent arrêtés, maltraités et jetés en prison, où ils entendirent souvent les cris de mort poussés contre eux et d'où ils ne sortirent qu'un mois et demi après, par ordre de l'Assemblée nationale ; leurs maisons de la ville et de la campagne furent dévastées et démolies pendant leur emprisonnement.

Citons encore, parmi les victimes de ces déplorables journées, JEAN-BAPTISTE AUZÉBY et CLAUDE DUMAS, qui fuyaient sans armes par la porte d'Alais et qui furent massacrés, dans une métairie, à coup de fusil ; JOSEPH BRUN et SABATHIER, qui furent précipités du haut de l'Amphithéâtre et achevés à coups de pierres dans les fossés de la ville, ainsi que FRANÇOIS PERILLIER ; un autre, nommé DENIS LEFEBVRE, qui fut entraîné jusqu'à l'Esplanade par un légionnaire protestant : celui-ci l'assurait qu'il n'avait rien à craindre, et le fit fusiller par ses amis dès qu'ils furent arrivés.

N'oublions pas ce fait horrible d'un catholique que l'on força d'assassiner l'un de ses frères, et qui, bourrelé par les remords, expira quelques jours après.

Ces tueries durèrent jusqu'au jeudi 17. Aucun catholique ne pouvait paraître dans les rues ou même se montrer aux fenêtres sans être assailli de coups de feu. Nous avons une liste de 62 victimes nominativement connus ; l'Hôtel-Dieu reçut, en outre, 36 cadavres, 40 autres furent ramassés en divers lieux de la ville. Nous croyons exagérés les nombres donnés cependant dans les rapports officiels du temps qui comptent jusqu'à 8 ou 900 victimes ; mais, en les fixant à 300, nous restons peut-être en dessous de la vérité.

"Il sera impossible de connaître le vrai, dit le procès-verbal des officiers municipaux, à cause de la précaution prise par le parti dominant de faire ouvrir une fosse immense, dans laquelle on jetait, avec de la chaux, les cadavres, sans qu'on pût les reconnaître."

Le club, dans un écrit qu'il publia sur ces évènements qu'il avait provoqués, avoue plus de 200 morts.

Nîmes Capucins ancienne façade

Pendant que se commettaient ces atrocités, une scène de meurtre et de pillage se passait chez les Capucins. Sous le fallacieux prétexte que ces religieux avaient tiré sur les légionnaires campés sur l'Esplanade, les portes du couvent furent brisées à coup de hache ; cinq religieux, qui n'avaient pu se mettre en lieu de sûreté, furent immolés à la fureur des assassins. Nous devons ici conserver les noms de ces martyrs, qui furent massacrés en haine de la foi catholique. C'étaient le Père Benoît, de Beaucaire, âgé de cinquante ans ; le Père Séraphin, de Nîmes, âgé de vingt-sept ans ; le Père Siméon, de Sanilhac, âgé de quarante ans, et les Frères Célestin, de Nîmes, âgé de vingt-quatre ans, et Fidèle, d'Annecy, âgé de quatre-vingts ans. Ce dernier, sourd, aveugle et paralytique, fut haché dans son lit à coups de sabre et brûlé ensuite par le feu que mit à sa paillasse un nommé Lambert, dit Jableau.

Au massacre, succéda le pillage. Tout fut brisé, portes, fenêtres, meubles, ustensiles ; l'église et la sacristie furent dévalisées, les vases sacrés devinrent la proie des brigands, le croissant de l'ostensoir servit d'ornement au chapeau d'un d'entre eux, et, quelques jours après la "Bagarre", des protestants dansaient à Massillargues, vêtus en capucins, portant les surplis, les étoles et les chapes du couvent et buvant tour à tour, dans les vases sacrés, à la santé de la nation. Un crucifix fut mutilé dans le choeur à coups de sabre et une statue de la Vierge servit de cible aux forcenés envahisseurs. Les provisions du monastère furent consommées ou répandues ; la bibliothèque fut dévastée et la pharmacie, l'une des plus belles de la ville, fut entièrement saccagée.

Le petit couvent des Ursulines, situé à l'autre extrémité de l'Esplanade, fut plus heureux. Dès le marin, des menaces de mort avaient été proférées contre les religieuses ; on parla même de forcer les portes du monastère, mais le mort d'ordre était qu' "il fallait commencer par les Capucins".

Sur le soir, l'expédition étant terminée chez ces religieux, le moment parut favorable pour attaquer les Ursulines ; mais il fallait un prétexte. On essaya de celui qui avait déjà réussi une fois : un protestant, caché dans la ruelle du couvent, tira un coup de feu et se précipita ensuite vers une troupe de volontaires étrangers qui passait en ce moment, s'écriant qu'il venait d'être le but d'une tentative d'assassinat et engageant les sapeurs à enfoncer les portes. Le stratagème eut ici un autre résultat qu'aux Capucins. La manoeuvre du misérable calomniateur avait été aperçue, et il fut confondu en présence de toute la troupe qu'il appelait à son secours, par ce fait que le bassinet de son arme était encore chaud et fumant ; l'imposteur fut aussitôt puni de plusieurs coups de feu qui l'étendirent sur la place.

Vers le même temps, sous prétexte que les Dominicains avaient donné asile à des légionnaires catholiques, on brisa les portes de leur maison, où tout fut saccagé et détruit ; le pillage y fut complet et le butin fut publiquement partagé sur la place. Les religieux effrayés avaient abandonné leur couvent peu d'instants avant l'attaque ; on les poursuivit dans leur fuite ; l'un d'eux, le Père Thibaut, manqué d'un coup de fusil, n'échappa à la mort qu'en se jetant à terre et feignant d'avoir été atteint.

Nîmes Récollets z

Le couvent des Récollets échappa à la destruction, mais on prit chez le Père gardien tout l'argent qui s'y trouvait, c'est-à-dire 400 livres appartenant à la maison et 100 écus du fonds des messes non acquittées.

Le Collège fut envahi à son tour ; on y découvrit trois fugitifs qui s'étaient cachés dans les greniers, à l'insu du recteur ; ces trois hommes furent égorgés, l'établissement dévasté, les effets des régents et des pensionnaires pillés. Le supérieur n'échappa à la mort que par la fermeté de M. du Roure, officier municipal, qui se trouvait présent à cette scène. En sortant du Collège, les brigands massacrèrent encore trois hommes qu'on venait d'arrêter dans la rue.

Ce fut alors le tour du Séminaire ; les Doctrinaires eurent le temps de se renfermer dans le clocher de l'église Saint-Charles et échappèrent ainsi à la mort ; mais plusieurs parties de la maison furent totalement pillées et dévastées, et un petit vase sacré, trouvé dans la chambre du Père Morel, l'un des curés de la paroisse, devint la proie des assaillants.

La maison de M. Bragouze, curé de Saint-Paul, fut ensuite investie ; le curé parvint à se sauver. Les assassins se dédommagèrent par la spoliation et le pillage ; tout ce qu'on ne put pas emporter fut jeté dans la rue par les fenêtres, transporté sur la place des Récollets et livré aux flammes. Les ornements de la paroisse, les vases sacrés, la provision de cire, tout devint la proie des voleurs. Quelques jours après, l'ostensoir de la paroisse Saint-Paul était promené comme un trophée, au bout d'une pique, dans les rues de Saint-Geniès de Malgoirès. Ne trouvant plus rien à piller, les brigands se disposaient à démolir la maison, lorsqu'on leur fit observer qu'elle appartenait à une protestante ; la bande se porta alors sur la maison voisine d'un autre prêtre, M. Cabanel, où le pillage continua et où la destruction fut complète : les quatre murs demeurèrent à peine entiers.

Le désordre ne cessa qu'à l'arrivée de la garde nationale de Montpellier, qui, témoin des derniers excès des volontaires protestants, manifesta son indignation et déclara qu'elle passerait par les armes tous ceux qui désormais commettraient de nouveaux meurtres.

Le parti vainqueur fut embarrassé de sa victoire, et il chercha à en atténuer l'horreur au moyen de divers certificats qu'ils se fit délivrer par les victimes. Ces certificats, arrachés par la terreur, ne prouvent rien contre les faits que nous avons racontés, et les réticences mêmes dont ils sont remplis sont une nouvelle démonstration de la vérité de notre récit.

La justice avait sévi contre les auteurs de la Michelade, et un arrêt du Parlement de Toulouse avait satisfait la conscience publique en frappant les coupables. En 1790, le club parvint à éteindre l'affaire et à intervertir les rôles ; les parents des victimes furent jetés en prison et les assassins obtinrent un décret de l'Assemblée nationale qui amnistiait leurs crimes et en faisant retomber la responsabilité sur la municipalité de Nîmes, qui fut ignominieusement cassée. Ce décret fut rendu sous la pression du protestant Rabaut Saint-Etienne, malgré les efforts du baron de Marguerittes et les protestations pleines de fermeté de Mgr de Balore.

Les évêques de Nîmes au XVIIIe siècle de Léon Ménard- 1873

Notes sur le vieux Nîmes de Théodore Picard, extrait de la Revue du Midi, n° 11, du 1er novembre 1902, pp. 341 à 380

Voir également : La Révolution à Nîmes