Jean-Jacques Hens, dit Arnould, maître maréchal ferrant, mort à Metz, paroisse Sainte-Ségolène, le 4 décembre 1777 ; épouse même paroisse, le 30 août 1740, Jeanne François, âgée de 18 ans, fille de Jacques, vigneron à Jussy, et de Jeanne Peltier ; dont une fille, Élizabeth, née le 12 février 1742, morte le 18 ; Jeanne François est décédée à Metz, paroisse Sainte-Ségolène, le 17 février 1742 ; Jean-Jacques se remarie avec Anne Nicolas ; dont naîtront 17 enfants dont Nicolas, le conventionnel.

NICOLAS HENTZ est né à Metz, paroisse Sainte-Ségolène, le 5 juin 1753.

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NICOLAS HENTZ, avocat au parlement de Metz le 31 janvier 1780, exerce à Sierck en 1785, juge de paix du canton de Sierck en 1790, député de la Moselle le 6 septembre 1792 jusqu'au 26 octobre 1795 ; régicide, incendiaire, il se signala par ses rigueurs aux armées d'Allemagne et de l'Ouest. Mis en arrestation en 1795, il fut amnistié. (Correspondance de Nicolas-Memmie Mogue) ; receveur des actes judiciaires et des domaines du Nord, à Douai, le 16 thermidor an VII (3 août 1799), commerçant à Versailles de 1803 à 1811, contrôleur principal des droits réunis à Nienhuys (département de la Lippe) de 1812 à 1813, revient à Paris en octobre 1813, se retire à Beauvais, puis à Neuilly-sur-Seine où il dirige un pensionnat sous le nom d'Arnould.

Atteint par la loi de 1815 contre les régicides, il s'expatrie en Angleterre le 29 décembre 1815, puis en Amérique le 15 mars 1816 ; manufacturier de tabac à Berwick, puis à Wilkes-barre en Pennesylvanie en 1818 ; il fut un certain temps professeur de français et de musique à Hollowel, à la frontière du Canada.

Il jouit d'une grande aisance comme en témoignent les lettres publiées par Florange et celle-ci adressée à M. Tissot, le 1er février 1820 : "Je suis dans la partie septentrionale des États-Unis, près du Canada et des Indiens que l'on appelle sauvages et qui ne sont rien moins que cela sous le rapport de la franchise, de la loyauté et même de la manière de vivre, du moins à certains égards. J'ai été appelé ici pour y enseigner le français et la musique aux enfants de plusieurs familles riches et amies des beaux-arts ... Je m'appelle encore ici Arnould : mon ancien nom ne plaît pas aux Anglais, cela m'est égal, je gagne de l'argent, je suis fêté, je ne vais guère qu'en carosse et à présent en traîneau car nous sommes dans la neige jusqu'au col ... Mon fils Marcellin court la même carrière que moi. Il est dans la Haute-Caroline à plus de 400 lieues d'ici ... où il enseigne le français, le dessin, le latin aux enfants de la maison où il gagne bel et bien de l'argent. L'aîné de mes fils est avec ma fille et ma femme en Pennsylvanie où il végète assez avec une manufacture de tabac qu'il espère toujours voir prospérer, ainsi soit-il. Je serai allé au Tombigbee si ce n'est que les fondateurs sont militaires et que je déteste les militaires ; ils nous ont perdus ..."

lettre Nicolas Hentz à Tissot z

NICOLAS HENTZ est décédé le 1er juillet 1830, en Pennsylvanie, peut-être à Philadelphie ou à Wilkes-Barre ...

Hentz avait épousé, vers 1785, Marie-Anne-Thérèse Daubrée, fille de Richard et de Catherine Taillefer, originaire de Sierck. D'où :

- NICOLAS-RICHARD, né à Sierck le 19 avril 1786, baptisé le 25, entre au Vélites de la Garde le 9 novembre 1806 ; lieutenant au 47e R.I. en 1809 ; capitaine au 36e R.I. en 1813 ; mis en non activité en 1815, puis démissionne le 15 décembre. Part en Amérique où il monte une fabrique de ferblanterie à Wilkes-Barre.

- FRANÇOISE-CONSTANCE-ÉLÉONORE, née à Thionville le 17 février 1789, épouse un marchand de Pittsbourg, ancien colon de Saint-Domingue dont elle divorcera ;

- JEAN-FRANÇOIS-VICTOR, né à Metz, paroisse Sainte-Croix le 21 juillet 1790, épouse Agathe Jouve, éditeur de musique, puis associé dans la ferblanterie de son frère en Amérique (1829) ; revient à Paris sans fortune. Journalier, il meurt à Paris, le 31 octobre 1844 ; de son mariage sont nés : Pierre-Victor, Paris, 24 mars 1814, bijoutier, mort le 14 mars 1854 ; et Virginie-Zoé, Paris, 1816, couturière, épouse le 24 août 1847 Jean Texier, maréchal-ferrant ;

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- NICOLAS-MARCELLIN, né le 7 thermidor an V (25 juillet 1797), lieu inconnu mais il ne s'agit pas de Versailles comme il est dit un peu partout. - Émigra aux États-Unis avec ses parents en 1815. Il vivait à Wilkes-Barre (Pennsylvanie) en 1816, et fut par la suite maître d'école à Boston et à Northampton (Massachusetts). En 1819, il demeurait à Philadelphie et exposa "Dame créole" (miniature) à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts. Il devint membre de l'Association of American Artists de la ville.

Avant son mariage, il aurait reçu de Charles-Alexandre Le Sueur, le goût des sciences naturelles, notamment par le biais de livres que ce dernier lui prêtait ... Le Sueur aurait également appris à son protégé les techniques de la gravure et prêté les instruments à l'aide desquels il grava les illustrations de ses premiers écrits scientifiques. Hentz devint membre de l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie vers 1819. Bien qu'il soit reconnu comme un pionnier de l'entomologie américaine, c'est d'abord les reptiles qu'il étudia. Il prononça une conférence sur l'alligator américain en 1820 en rapport avec la parution à Philadelphie la même année de son livre "Of the Alligator of North America". Il publia cette conférence en 1825 et ce texte est orné d'une eau-forte qu'il grava d'après son propre dessin.

Hentz était, ainsi que le laisse entendre Le Sueur, membre de la Société linnéenne de la Nouvelle-Angleterre. Il publia à Boston, en 1822 et en 1825 respectivement, deux recueils de textes pour l'enseignement du français. De 1824 à 1830, il enseigna les langues modernes et le dessin à l'Université de la Caroline du Nord à Chapel Hill. Sa "Description of Eleven New Species of North American Insects" parut en 1827. A compter de 1830, il dirigea une école pour filles à Covington (Kentucky). Plus tard, il fonda pareil établissement à Florence (Alabama), et le déplaça en 1840 à Tuscaloosa (Alabama), en 1845 à Tuskegee (Alabama) et en 1848 à Columbus (Géorgie). Il travailla en Ohio à une certaine époque. A Florence, il a rejoint l'église presbytérienne.

E. Burgess réunit et édita à titre posthume sous le titre de "The Spiders of the United States" (1875), les écrits de Hentz portant sur les araignées aux États-Unis.

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Il avait épousé, à Northampton, le 30 septembre 1824 Caroline Lee Whiting, fille du général John Whiting, née en 1804,  à Lancaster (Massachusetts), décédée le 11 février 1856 à Marianna en Floride. Elle a publié un grand nombre de romans et de nouvelles. 

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Nicolas-Marcellin est décédé chez son fils, à Marianna (Floride), le 4 novembre 1856 à l'âge de 59 ans.

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De leur mariage sont nés :

- Marcellus-Fabius, né en 1825 ; décédé en 1827 ;

- Charles-Arnould Hentz, né le 27 mai 1827 à Chapel Hill (Caroline du Nord) ; marié deux fois, 1° avec Mary-Élizabeth Gilliam Booth (1831-1871) et 2° Cornelia Fitzgerald Hentz (1852-1894) ; deux enfants : Josie-Brooks (1858-1858) et Charles-Arnold (1870-1947) ; décédé le 30 juin 1894 ;

- Julia-Louise, née le 5 octobre 1828 (Caroline du Nord) ; épouse de John Washington Keyes (1825-1892) ; dont 15 enfants ; décédée le 3 août 1877 ; 

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- Thaddeus-William-Harris, né le 20 janvier 1830 ; marié en 1857 avec Harriet-Élizabeth Godfrey (1836-1901) ; dont deux enfants : Caroline Whiting Hentz (1860-1927) et Thaddeus-William Hentz (1862-1924) ; décédé le 13 juin 1878 ;

- Caroline-Thérèsa, née en novembre 1833 dans l'Ohio ; décédée le 16 octobre 1904, inhumée à Dixie, Brooks County (Géorgie) ; épouse de James O.Branch (1838-1904) ; dont un fils, Charles Hentz Branch (1862-1933).

 

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Je remercie infiniment mon ami, Nicolas Delahaye, pour l'édition de la généalogie de la famille Hentz ci-dessus.

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"La Famille du Conventionnel Hentz - pdf - par H. Tribout de Morembert

Site "Find a Grave" - Photo de la tombe par Time Traveller

Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord - David Karel - 1992

Pour d'autres documents sur la famille Hentz, voir ICI

Un écrit de Nicolas Hentz publié en 1844 : "Danton, Robespierre et Marat", voir ICI