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Lorsque la Révolution éclata, Jean Septier de Rigny, était curé de Montenoison.

- Le 14 juillet 1790, M. Septier de Rigny est invité par le maire et les officiers municipaux de la paroisse à célébrer la messe de la fédération, ce qu'il fait avec "empressement". L'assistance comprenait le maire, les officiers municipaux, le plus grand nombre des citoyens actifs et d'autres personnes. A l'issue de la messe, toutes ces personnes, le curé en tête ont "prononcé le serment fédératif".

- Le 4 février 1791, M. Jean Septier informe la municipalité qu'il a l'intention de prêter le serment civique le 6 du présent mois. -

Le 6 février 1791, ce jourd'hui dimanche 6 février environ les onze heures du matin, en l'église paroissiale dudit Montenoison, à l'issue de la messe et en présence du conseil général de la commune et des fidèles assemblés. M. Jean Septier de Rigny, curé de la dite paroisse s'est présenté et a dit qu'en exécution du décret de l'assemblée nationale du 27 novembre dernier, sanctionné par le roi le 26 décembre dernier et publié en cette municipalité le 30 janvier dernier, il venait avec empressement prêter le serment civique prescrit par le décret et de fait ledit curé a prononcé à haute et intelligible voix le serment civique "de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui est confiée à ses soins, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roy et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l'assemblée nationale et acceptée par le roi" (Copie du procès-verbal).

Mais le 3 avril 1791, "Rétractation du sieur Septier, curé de Montenoison". M. Septier se rétractait dans les termes suivants : "J'ai fait le 6 février 1791 le serment civique exigé par le décret de l'assemblée nationale, désirant montrer par cet acte ma déférence pour les décrets ; mais la prestation de ce serment qui est des plus importantes demandait plus de réflexion et de tranquillité d'esprit que je puisse affirmer n'avoir pas eu dans cette circonstance. Depuis cette époque, ma conscience trop troublée par ce serment m'a contraint de lui rendre cette paix si précieuse sans laquelle il est impossible d'être heureux et c'est pour cet objet que je manifeste aujourd'hui mes sentiments. Je déclare donc, en présence de la municipalité, du Conseil général de la commune et des fidèles que je veux vivre dans la religion Catholique, Apostolique et Romaine que je rétracte et révoque autant qu'il est en moi, le serment que j'ai fait le 6 février et je demande qu'il soit regardé comme nul."

Cette rétractation était plutôt due à la défense faite par Pie VII, le 10 mars 1791, aux membres du clergé de prêter le serment civique qu'à des scrupules de conscience.

M. Septier, quitta la commune et fut remplacé par un curé assermenté, Pierre-Antoine Nozières.

Le 30 décembre 1792, il est procédé à la nomination d'un officier de l'état-civil. Le citoyen Nozières, curé constitutionnel et l'un des douze notables de Montenoison est élu pour dresser les actes de l'état-civil, ce qu'il accepte.

Le 27 mai 1793, le citoyen Michel Paillard, administrateur du district de La Charité, nommé pour rechercher l'or et l'argenterie en sus des vases sacrés et pour constater le nombre de cloches, visite l'église et la sacristie, accompagné des officiers municipaux et notables suivants : Pierre-Antoine Nozières, curé, François Chambon et Léonard Petit, procureur de la commune. Il ne trouve que les vases sacrés et trois cloches : l'une du poids de 1800 livres, la seconde de 1300 livres et une troisième, fêlée, sans service, du poids de 80 livres.

19 pluviôse an III (9 février 1795) - Les administrateurs du district statuent sur "la pétition du citoyen Pierre Nozières, ci-devant prêtre résidant dans la commune de Montenoison, tendant à n'être pas compris dans les dispositions de l'article 4e de l'arrêté du représentant du peuple Guillemardet, délégué dans le département de la Nièvre, qui enjoint à tous les ci-devant prêtres de fixer leur domicile dans les chefs-lieux de district ou dans les communes dont la population est au-dessus de 5.000 habitants."

Pierre Nozières avait produit à l'appui de sa demande, un certificat des officiers municipaux de Montenoison attestant qu'il se rendait utile à la République et à l'agriculture.

En conséquence, "les administrateurs du district, ouï l'agent national, Considérant que l'article 7 de l'article du peuple excepte des mesures de sûreté prises envers les ci-devant prêtres ceux qui se sont mariés ou qui ont pris une profession utile à la République pourvu qu'ils obtiennent des administrateurs du district et un certificat qui constate leur conduite paisible et leur patriotisme. Considérant que d'après le témoignage de la municipalité de Montenoison en faveur du pétitionnaire, il résulte qu'il est occupé utilement dans cette commune qu'il a toujours été paisible et donné des preuves de civisme. Arrêtent que le citoyen Nozières est autorisé à continuer son domicile dans la commune de Montenoison qu'il peut toujours s'occuper aux travaux de l'agriculture."

23 germinal an III - Ce jour-là à huit heures, des femmes de Champlin et Montenoison, au nombre de trois cent quarante six, se présentent dans la maison commune où se trouvent le maire et l'agent national. Elles somment ce dernier de leur remettre la clef de l'église, sinon elles en feront sauter la porte, disent-elles. Devant ses hésitations, quelques-unes le menacent de lui briser les membres, puis passant des paroles aux actes, les plus déterminées lui mettent la main au collet. Ce geste énergique décide l'agent national qui craint pour sa vie à leur remettre l'objet demandé.

Encouragées par ce succès, ces dames se dirigent en criant, jurant, chez le curé, le citoyen Nozières. La menace à la bouche, elles lui demandent de dire la messe à l'église. Il leur répond que la Convention s'étant réservée les églises, il ne dira pas sans son ordre, de messe en ce lieu, car il se compromettrait.

Cette réponse a le don de les exaspérer davantage, et, furieuses, elles se précipitent sur lui, le saisissent par les habits et "comme on conduit un criminel en prison", dit le procès-verbal de l'incident, le conduisent sur la montagne, à l'église, où il est forcé de s'exécuter, c'était à l'église et non ailleurs qu'elles voulaient entendre la messe. Mais là, une nouvelle difficulté se présenta. L'église ne contenait qu'une aube et une chasuble.

Les révoltées se rendent donc dans les maisons du bourg et en rapportent ce qui leur paraît nécessaire pour la solennité de la messe que le citoyen Nozières célébrera.

Cette équipée inquiéta la municipalité ; aussi, les officiers municipaux, revêtus de leurs écharpes, se rendirent à l'église pour y faire la police comme il est dit à l'article VI de la loi du 3 ventôse an III. Procès-verbal de cette affaire fut dressé et signé Briffault, officier national, Lejault, officier national, Goux, officier national, Nozières, Petit, agent national.

Pourquoi ces femmes des communes voisines étaient-elles venues à Montenoison ? Tout simplement parce que Montenoison était seule a posséder un curé.

8 brumaire an IV - Le curé prête serment de fidélité à la République dans les termes suivants : "Je reconnais que l'universalité des citoyens français est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République". Le procès-verbal de cette prestation de serment est signé : Nozières et Petit, agent national.

Monographie de Montenoison - histoire locale et régionale - par M. Mougnot - 1921

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JEAN SEPTIER DE RIGNY, de Nevers, âgé de 39 ans, curé de Tannay puis de Montenoison (1788), diocèse de Nevers, déporté en 1794 chez les Mineurs observ. de Morrovalle, diocèse de Fermo. 

Documents inédits relatifs aux affaires religieuses de la France - 1790 à 1800 publié par Augustin Theiner - 1858

Nobiliaire du Nivernois - Vol. 2 - par M. Adolphe de Villenaut - 1900