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Une légende rapporte qu'au moyen-âge un bandit, nommé Jean Bouhalle, vint avec sa femme Catherine Camus exercer la profession de marin au lieu même qui porte aujourd'hui le nom de la Bohalle.

La nuit, il passait les voyageurs de l'autre côté du fleuve et leur enlevait leur bourse et leur vêtements.

Un soir un homme richement vêtu demande à Bouhalle à être conduit sur la rive opposée. Le marin voyant la bonne capture qui lui était offerte entre avec l'inconnu dans la barque puis saisissant les avirons, il arrive bientôt au milieu du fleuve.

- Il me faut ta bourse, s'écrie tout-à-coup d'une voix stridente Bouhalle, en tirant de sa ceinture un poignard.

- Qu'à cela ne tienne, répondit l'étranger, voici mon escarcelle ; ouvre et prend.

Bouhalle l'ouvre, et chaque fois qu'il y met la main il en retire des poignées d'or ; l'escarcelle est inépuisable. Bientôt le poids des monceaux d'or amassés par le brigand fait enfoncer la nacelle, elle finit par sombrer avec tout son contenu, sauf le passager qui se tenait debout immobile au milieu des flots.

Prêts à être engloutis, Bouhalle et sa femme adressèrent à Dieu une prière en demandant pardon de leurs fautes.

Aussitôt la barque revint à flot, mais ce fut en vain qu'ils cherchèrent autour d'eux le voyageur, il avait disparu.

Bouhalle et Catherine, reconnaissant la protection divine qui les avait sauvés d'un danger imminent, firent voeux de se consacrer jour et nuit au soulagement des infirmes et des pauvres voyageurs. Ils tenaient constamment leur barque amarrée prête à passer le fleuve. L'argent amassé par leurs vols fut consacré à bâtir une chapelle et un hôpital. Les pauvres auxquels ils donnaient leurs soins empressés, finirent par se fixer près de leurs bienfaiteurs. De là vint l'origine du petit village qui prit le nom de Bouhalle, et devint plus tard une importante commune.

A côté de la légende vient l'histoire.

Jean Bouhalle (ou Bohalle) et Catherine, sa femme, n'étaient point des brigands.

Bouhalle était le segrayer (régisseur) de la forêt de Beaufort en Vallée, et concierge de la Ménitré, patrie de Mignon, premier commentateur de la coutume d'Anjou. C'était lui qui recevait les rentes dues à Jehanne de Laval.
Ils firent bâtir une chapelle au lieu même où était l'ancienne église de la Bohalle. Cette chapelle portait le nom de Notre-Dame-de-la-Garde. Ils fondèrent deux messes par semaine pour le soulagement des infirmes et des voyageurs, et firent élever à côté de la chapelle un petit hôpital désigné sous le nom de Maison Dieu (deux lits), destiné à recevoir les pauvres passants.

Cette chapelle dépendait de l'église paroissiale de Blaison et fut terminée le 21 septembre 1480.

Au XVIIe siècle la chapelle portait le nom de chapelle Bouhalle.

On lit dans les mémoires du greffier Louvet, tome II, le 29e dudit mois d'avril et an 1616 : il a entré dans la ville d'Angers par le portal Saint-Nicolas, onze hommes de pied avant ayant l'arquebuse et mousquet la mèche allumée, et partie ayant piques et ont passé au travers de la ville, le tambour battant, et sont allés coucher à la chapelle Bouhalle sur la levée.

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Le buste en fonte de fer, H. 0 m 90, a été érigé dans le jardin de "la grande maison" sur l'emplacement de l'ancienne église et inauguré à la Bohalle, sur la route nationale d'Angers à Saumur, le 13 juin 1886.

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Bulletin historique et monumental de l'Anjou - par Aimé de Soland - n° 12 - Angers - 1860

AD49 - Dictionnaire de Maine-et-Loire

Dictionnaire des sculpteurs de l'Ecole française au dix-neuvième siècle - Tome IV - 1914-1921