GEORGES-JOSEPH DUFOUR

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Fils de Claude-Bernard Dufour, chirurgien juré et secrétaire de l'Hôtel de Ville de Saint-Seine et d'Anne-Catherine Fischer, Georges-Joseph est né à Saint-Seine-l'Abbaye, le 15 mars 1758.

Enrôlé en 1776, il entra en 1781 dans les bureaux de la Marine à Rochefort, ville où il devint major de la Garde nationale en 1789. En 1791, il se joignit à l'armée de Moselle, puis à l'armée des Ardennes.

Envoyé en Vendée en mai 1793, il y fut nommé adjudant-général de l'armée des Sables-d'Olonne. Il fut blessé à la bataille de Fontenay-le-Comte le 25 mai. En septembre, le général Mieskowski, mis en difficulté par les Vendéens, l'envoya chercher du secours auprès du général Canclaux. Il parvint à forcer les lignes vendéennes. Mais Canclaux, également menacé, ne put venir. Dufour tenta alors de retourner auprès de Mieskowski, enfermé dans la ville de Saint-Fulgent, pour lui demander de se replier sur Les Sables-d'Olonne. Cette fois, il ne parvint pas à repasser les lignes vendéennes et il dut se réfugier à Nantes. De là, il s'embarqua pour Les Sables, espérant ainsi pouvoir contourner les Vendéens et apporter son ultime message. Il arriva trop tard, Mieskowski était battu.

En 1794, il participa à la reprise de Noirmoutier et commanda une colonne infernale. Nommé général de brigade en avril, il fut envoyé en juillet à l'armée de Moselle.

Blessé et capturé à la bataille de Heidelberg en septembre 1795, les hussards allaient le dépouiller, lorsque le comte de Hardeck, capitaine de carabiniers, l'arracha de leurs mains et le fit transporter dans une ville où les soins lui furent prodigués. C'est contre le général Provera qu'il fut échangé.

En 1802, il devint commandant de Brest. Gouverneur de la Navarre en 1810, puis gouverneur de Séville et de Grenade.

Il prit sa retraite en 1812.

Député de la Gironde du 9 mai au 13 juillet 1815, il est arrêté à la 2ème restauration, il ne recouvra sa liberté qu'à la fin 1816, et retourna à Bordeaux (au n° 10 rue du Mirail), où il mourut le 10 mars 1820.

Son nom est inscrit sur l'Arc de Triomphe. 

Chevalier de la Légion d'honneur le 11 décembre 1803, Commandeur le 14 juin 1804.

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NOTICE SUR LE GÉNÉRAL DUFOUR (par lui-même)

Dufour est âgé de 44 ans, il est fils d'un médecin qui a joui de la meilleure réputation et dans son art et comme honête homme.

Dufour est entré au service en 1774 comme soldat, il a passé par tous les grades accordés dans l'ancien régime aux roturiers ; il a commencé la guerre en qualité de lieutenant-colonel commandant le premier Bataillon de la Charente inférieure ; ce Bataillon s'est fait une réputation colossale à l'armée de Dumouriez. Dufour aurait eu un sabre d'honneur (si on en eut donné alors) à Wirton, sous le général Neuilly où il a fait des actions d'éclat au bois de Vivier Lagneau (L'Agneau) où il s'empara d'une forte redoute, après avoir sauté dans les fossés et grimpé sur les parapets tenant son épée à la bouche, la mettant ensuite à la main, en criant "A moi les grenadiers de la Charente. Il en aurait eu un à la Bataille de Nervinde, après avoir été blessé sous les yeux du général Valence qui peut encorre l'attester. Il en aurait eu un comme adjudant-général à l'armée de l'Ouest où il a été blessé et eu plusieurs chevaux tués sous lui. Il en aurait eu un comme général de brigade après avoir pris Nervingue et la montagne verte près Trèves où il a déployé le plus grand courage et une fermeté qui pouvait le compromettre s'il n'eut réussi. Le Conseiller d'état Sainte-Suzanne peut aussi l'attester. Il en aurait eu un comme général de division notamment à l'affaire d'Heidelberg ou pour sauver sa division, il s'est voué à une mort qu'il croyait certaine et a été enlevé sur le champ de bataille par l'ennemi ayant la tête ouverte de trois coups de sabre et ayant eu deux chevaux tués sous lui.

Enfin le général Dufour, dans toutes les occasions, a fait son devoir et n'a jamais songé qu'aux intérêts de la patrie. Aussi est-il sans fortune ; il ne lui reste que son rang militaire et huit blessures. Il pourrait ajouter une infinité d'autres occasions où il s'est distingué, notamment à la défense de la tête de pont d'Huningue qui lui valut à cet époque des félicitations du Gouvernement.

DUFOUR


ÉTATS DES SERVICES DU GÉNÉRAL DE DIVISION DUFOUR
SES CAMPAGNES & SES BLESSURES

SERVICES :

1° Dans le régiment de Poitou en qualité de soldat le 15 janvier 1774, congédié par argent en 1776 ;

2° Dans le régiment de Nivernais, qui prit ensuite le nom de Maréchal Turenne ; le 16 mai 1776 ; - caporal, en 1778 ; sergent & fourrier en 1779 ; jusqu'au 14 août 1785, qu'il fut congédié par Argent ;

3° Dans la garde nationale de Rochefort dès sa formation en 1789, en qualité de lieutenant ensuite capitaine & major jusqu'en 1791 ;

4° Dans le premier bataillon de la Charente inférieure en qualité de volontaire en 1791. Fait de suite capitaine & lieutenant colonel de ce corps ;

5° Adjudant général le 15 mai 1793 ;

6° Général de brigade le 8 floréal an second de la République (27 avril 1794) ;

7° Général de division le 25 prairial an 3ème (13 juin 1795).

CAMPAGNES, BLESSURES

1° A fait la campagne de 1792, a été blessé d'un éclat d'obuze à la jambe droite, aux Illetes le 18 septembre sous le général D'illon.

2° Celle de 1793, a été blessé d'un biscayen au bras droit le 18 mars à Nerwinde sous Dumouriez.

Passé la même année à l'armée de l'Ouest comme adjudant général ; a été blessé le 25 mai de plusieurs coups de piques à Fontenay-le-Peuple, sous le général Chalbos.

A été blessé même année en septembre à Montaigu & a eu un cheval tué sous lui.

A eu un autre cheval tué sous lui à Saint-Fulgent, un autre à la Roche-sur-Yon & un 4ème grièvement blessé aux Herbiers même année.

3° a fait celle de l'an 2 & passé à l'armée de la Mozelle en messidor conduisant 15.000 hommes.

4° Celle de l'an 3. Blessé le 2ème jour complémentaire de trois grands coups de sabre à la tête & emporté du champ de bataille par l'ennemi sous Pichegru, il eut dans cette affaire deux chevaux tués sous lui.
5° Celles de l'an 4 - 5 - 6 - 7 - 8 & 9.

Nota : Le général Dufour commandait sur le Rhin & les places de Manheim, Mayence, Ereinbrenstein & Dusseldorf dans l'an 7 & l'an 8, il est passé en hollande en brumaire an 8 & rentré en France en frimaire.

RÉSUMÉ

Le général Dufour sert depuis 1774 ; Il a fait neuf campagnes ; A eu six chevaux tués sous lui, & 4 pris par l'ennemi ; Il a été blessé à cinq affaires.

SIGNATURE z

 

Georges-Joseph Dufour avait épousé, à Rochefort, paroisse Saint-Louis, le 24 novembre 1785, Jeanne-Françoise Milliet, veuve de Jean-Antoine Simonin, commis aux bureaux de la marine.

De ce mariage est née une fille, Marie-Anne-Josèphe, le 10 septembre 1787 à Rochefort ; avait épousé, à Rochefort, le 14 novembre 1812, Guillaume-Pascal Gizolme, né le 14 avril 1775 aux Sables-d'Olonne, fils de Jean (négociant) et de Marguerite Egrefeuille. Il est décédé à Rochefort, n° 32 rue Saint-Louis, le 8 juin 1843 (capitaine de frégate en 1815 ; chevalier de Saint-Louis, Officier puis Chevalier de la Légion d'honneur) ; Marie-Anne-Josèphe est décédée à Rochefort, le 23 octobre 1844.

Jeanne-Françoise Milliet avait divorcé d'avec le général ; elle est décédée à Rochefort, le 23 frimaire an XI (14 décembre 1802) à l'âge de 48 ans, elle était native de Rochefort. Dufour se remaria ensuite avec Jeanne Ferrier.

 

Vendéens et Républicains dans la Guerre de Vendée - Frédéric Augris - Tome Ier

AD21 - Registres paroissiaux de Saint-Seine-l'Abbaye

AD33 - Registres d'état-civil de Bordeaux

Le Népos français de Agricol-Hippolyte de Lapierre de Châteauneuf - Dixième partie - 1807

Archives Nationales - Base Léonore - LH/833/57

Biographie universelle - Volume 6 - 1844