rortheau Z

Louis-Alexandre de Rossy de Rortheau fut "tué pendant la guerre de la Vendée par les ennemis de la Religion et du repos public".

Fils de Louis-Philippe de Rossy, chevalier, seigneur de Rorteau, la Rochette et autres lieux, et de Marie-Olympe Duval de la Vergne, Louis-Alexandre est né à Dompierre-sur-Yon, le 26 septembre 1763.

Louis-Alexandre baptême z

Son épouse, Marie-Rose-Augustine était fille de Charles-Armand de la Fontenelle, chevalier, seigneur de Vaudoré, et de Marie-Anne du Morais, et est née à Saint-Jouin-de-Milly (79), le 11 septembre 1761.

ROSSI FONTENELLE Baptême St-Jouin-de-Milly z

Le document qui suit, rédigé par Marie-Rose-Augustine, retrace succinctement le parcours de son époux, Louis-Alexandre :

A Saint-Denis-la-Chevasse, le 25 xbre 1814.
A Monsieur le Préfet du Département de la Vendée.

A l'honneur d'exposer Marie-Rose-Augustine de la Fontenelle que LOUIS-ALEXANDRE DE ROSSY, son mari, quitta la France au commencement de 1792, pour se réunir à tous les membres du corps de la noblesse, dont il faisoit partie, qui étoient allés en Allemagne joindre les princes français, afin de seconder ses efforts qu'ils devoient tenter, pour soutenir le trône et la monarchie, après avoir combattu au dehors avec courage, pour la cause à laquelle il s'était voué, il crut pouvoir défendre plus efficacement dans les rangs des royalistes de la Vendée, il suivit son Altesse royale Monsieur dans l'expédition de l'isle-Dieu, et il débarqua peu de temps après sur la côte de Saint-Jean-de-Monts.

Au bout de quelques mois, il passa parmi les chouans de la Bretagne où son zèle ne se rallentit pas ; mais il eut le malheur d'être fait prisonnier et il fut conduit dans la prison de Fontenay où, dans sa qualité d'émigré, et fut près de perdre la vie sur l'échaffaut. Une circonstance particulière fit naître dans le coeur de l'exposante l'espoir de le tirer de ce pas dangereux. Il falloit, pour y parvenir, sacrifier beaucoup d'argent ; elle auroit fait avec plaisir le sacrifice de toute sa médiocre fortune pour sauver une vie qui lui étoit si chère. Elle étoit en instance pour cet objet auprès du Directoire exécutif, lorsque l'évènement du 18 fructidor an V, si funeste à tant d'égards, vient détruire ses espérances. Son mari, comme tous les inscrits sur la liste des émigrés, fut condamné à la déportation et conduit dans les prisons de Rochefort, où il attendit pendant plusieurs mois le départ du vaisseau qui devoit le conduite à Cayenne. Il trouva le moyen de briser ses fers, mais, pour le lui préparer, l'exposante ne put se dispenser de dépenser encore des sommes considérables.

Sorti de prison, il resta longtemps errant et caché dans l'intérieur de la Vendée.

La Vendée prit de nouveau les armes en 1799, et Louis-Alexandre de Rossy s'empressa de réunir ses efforts à ceux de ses compatriotes, dans sa nouvelle tentative qu'ils hazardoient pour replacer sur le trône leur légitime souverain. Il fut employé quelques mois dans l'état-major de l'armée vendéenne ; mais victime de son zèle et de son courage, il fut tué dans une rencontre le 16 janvier 1800.

Restée veuve avec deux enfants, après avoir perdu le seul bien qui pouvoit la consoler du sacrifice presque complet de sa fortune, l'exposante est réduite, depuis quelques années, aux privations les plus douloureuses. Elle vous supplie, Monsieur le Préfet, ainsi que les autres membres de la Commission chargée d'examiner la position des fidèles vendéens blessés, ou des veuves qui ont eu le malheur de perdre leurs époux en combattant pour le trône, de faire en sorte que le Roi daigne jeter sur elle un regard de commisération.
Elle joint ici les certificats qui justifient que sa demande est fondée.

DE LA FONTENELLE VEUVE DE ROSSY.

signature Fontenelle zz

Nous, soussignés Maire de la commune de Dompierre, canton des Essarts, arrondissement de Bourbon-Vendée, certifions que Mad. Marie-Rose-Augustine de la Fontenelle, veuve de M. Louis-Alexandre de Rossy ; ainsi qu'il résulte de son acte de mariage annexé au présent certificat n'était point divorcée d'avec son défunt mari tué pendant la guerre de la Vendée par les ennemis de la Religion & du repos public.
En foi de quoi, nous avons délivré le présent certificat pour lui valoir & servir au besoin.
En mairie de Dompierre, ce 20 xbre 1814.
Renaud.

CONTRAT DE MARIAGE

Par devant les notaires royaux de la Sénéchaussée de Poitiers soussignés, furent présents et personnellement établis HAUT ET PUISSANT MESSIRE LOUIS-ALEXANDRE DE ROSSY, chevalier, fils du premier mariage de Haut et Puissant Messire Louis-Philippe de Rossy, chevalier, seigneur de Rorteau, la Rochette et autres lieux avec feu dame Marie-Olympe Duval de la Vergne et seul enfant dudit mariage, majeur de vingt-cinq ans, demeurant au Château de Rorteau, paroisse de Dompierre-sur-Yon, d'une part,

Demoiselle Marie-Rose-Augustine de la Fontenelle, demoiselle de Vaudoré, fille majeure de feu Haut et Puissant Messire Armand-Charles de la Fontenelle, chevalier, seigneur de Vaudoré et de feu dame Marie-Anne-Renée-Bénigne de Morais, demeurante au couvent des dames de Sainte-Ursule de Luçon, paroisse de Saint-Mathurin, d'autre part.

Lesquels dit Seigneur de Rossy fils et demoiselle Marie-Rose-Augustine de la Fontenelle ont promis et promettent se prendre mary et femme et légitime époux et épouse, en face de notre mère la Sainte Église Catholique Apostolique et Romaine lorsqu'ils en seront l'un par l'autre ou leurs parents requis solennités de l'Eglise sur ce préalablement gardées et observées de l'avis et consentement de leurs parents respectifs cy après nommé et soussignés, scavoir :

Ledit Seigneur de Rossy fils de l'avis et consentement dudit seigneur de Rossy son père et de dame Françoise Benisteau son épouse de Haut et puissant Messire Louis-Alexandre de Rossy son frère consanguin demeurant audit château de Rorteau susditte paroisse, Haut et Puissant Messire Jacques-Louis-Gabriel Baudry, chevalier, seigneur de la Burcerie, son oncle à cause de dame Louise-Bénigne de Rossy son épouse, de laditte dame Louise-Bénigne de Rossy, épouse dudit seigneur de la Burcerit sa tante paternelle, de demoiselle Louise-Bénigne-Françoise ; Victoire-Louise-Aimée et Louise-Marguerite-Désirée Baudry de la Burcerit, filles desdits seigneur et dame de la Burcerit, ses cousines germaines paternelles, de Haut et Puissant Pierre-André-René Duval, écuyer, seigneur du Retail, de Haut et Puissant Charles-Joseph Duval, écuyer, seigneur de la Vergne, président trésorier de France au bureau des finances à Poitiers, ses oncles maternels, de dame Marguerite-Renée Gauttron, épouse dudit seigneur Duval de la Vergne, de Haut et Puissant Messire Josué-Alexandre de Buor, chevalier, seigneur durchamp et de la Jousselinière son cousin au troisième degré et au quatrième de la ditte demoiselle de la Fontenelle, de Haut et Puissant Messire François de Mello, chevalier de la Métairie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, de demoiselle Marie de Mello, demoiselle de la Métairie, ses cousines au même degré aussy présents et personnelement établis.

Laditte demoiselle de la Fontenelle de Vaudoré de l'avis ét consentement de Haut et Puissant Messire Henry-Armand-Célestin de la Fontenelle, chevalier seigneur de Vaudoré et autres lieux demeurant en son château de Vaudoré, paroisse de Saint-Jouin de Milly, son frère, de dame Alexandrine-Esprit-Walie de la Fontenelle, veuve de Haut et Puissant Messire Alexandre-César de Buor, chevalier, seigneur de la Couperie, de demoiselle Aimée ... Amélie de la Fontenelle, ses soeurs germaines, de dame Marie-Margueritte de Morais veuve de Haut et Puissant Messire Charles-Henry Chappot, chevalier, seigneur de la Brossardière sa tante maternelle, de dame Henriette-Bénigne Chappot de la Brossardière épouse de Haut et Puissant Messire Paul-Lorent-Daniel de Guinebaud, chevalier, seigneur de la Millière, de demoiselle Victoire-Gabrielle de Chappot de la Brossardière demoiselle de Jardy (?) ses cousines germaines maternelles, de Haut et Puissant Messire Louis-Atanase-François Voyneau, chevalier, seigneur du plessis et autres lieux, de dame Honorée de Montsorbier épouse dudit seigneur Voyneau, de Haut et Puissant Messire Jean-Baptiste Voyneau de la Barbinière, amis communs des contractants, également présents et personnellement établis en faveur et considération dudit futur mariage qui autrement n'auroit d'exécution, ont été faits les traités, accords et conventions qui suivent.

1° Les dits seigneur et demoiselle, futurs époux, seront vus communs en tous biens meubles et conquests immeubles de quelque qualité et à quelques titres qu'ils aviennent du jour de leur bénédiction nuptialle suivant et au désir de la coutume de cette province du Poitou par laquelle ils entendent et veulent être régis par les effets de leur ditte communauté et tous autres y relatifs exprimés et non exprimés en les présentes pourquoi ils dérogent à toutes autres dans lesquelles ils pouroient aller établir leur domicile, se mariant avec tous leurs droits respectivement échus même jusqu'au jour de leur bénédiction nuptialle.

2° En cas de prédéceds dudit seigneur futur époux soit qu'il y ait enfants ou non aura la ditte demoiselle future épouse sur la portion de la communauté dudit seigneur futur époux soit qu'elle l'accepte ou y renonce et ce par forme de preciput et avantages tant pour ses habits de devil que pour chambre garnie la somme de trois mille livres et en outre ses bagues, joyaux, habits, vêtements, linges et générallement tout ce qui sera à l'usage de sa personne.

3° Arrivant dissolution de la ditte communauté soit par mort ou autrement il sera au choix de la ditte future épouse de ses enfants héritiers d'estoc et ligne d'accepter ou renoncer à la communauté ainsy que de droits se réservant tous lesdits futurs à marier de disposer suivant et au désir de la ditte coutume de Poitou.

4° aura la demoiselle future épouse le cas avenant douaire coutumier sur les biens du seigneur futur époux, renonçant de clause expresse au my douaire qu'elle pourrait prétendre sur les biens du père dudit seigneur futur époux le cas avenant.

Tout ce que dessus a été ainsy voulu consenty réputté et respectivement accepté par les parties contractantes lesquelles à ce faire tenir garder et accomplir en tout son contenu ont obligés affectés et hipothéqués tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles présents et avenir dont et du consentement volonté et requeste desdittes parties nous notaires les avons jugées et condamnées du jugement et condamnation de nôtre ditte ... au pouvoir et juridiction de laquelle elles se sont soumises avec leurs dits biens.

Fait et passé au Château de la Couperie, paroisse du Bourg sur la Roche-sur-Yon avant midy le sixième octobre mil sept cent quatre vingt huit ; lu y ont les parties persistés et signés, à l'exception de la ditte dame Benesteau qui a déclaré ne le scavoir de ce enquis et suivant l'ordonnance.
Signatures de tous ceux présents.

 

AD85 - 1 M - Affaires générales et politiques (an VIII - 1828) - 1 M 425 - Vues 69 à 76 / 152

AD79 - Registres paroissiaux de Saint-Jouin-de-Milly

AD85 - Registres paroissiaux de Dompierre-sur-Yon