Malville z

 

Jean-Chrysostome Braud, né à Gorges, le 27 janvier 1753, fut ordonné sous-diacre le 21 décembre 1776, diacre le 24 mai 1777, prêtre le 13 juin 1778.

 

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Après avoir été pendant trois ans vicaire à Cugand, il obtint au concours la cure de Malville en 1781. Il fut élu membre du district de Savenay, le 24 mai 1790. Il prêta serment en 1791. Il se fit remarquer par ses connaissances littéraires, sa tolérance éclairée et ses principes modérés. Il put se maintenir dans sa paroisse jusqu'en 1793, époque où il fut obligé de se réfugier au Temple pour sauver sa vie.

Vers 1796, M. Braud songeait à rétracter le serment qu'il avait prêté en 1791. Aussi, refusa-t-il celui exigé par la loi du 5 fructidor an V (22 août 1797).

Le 6 juin 1802, quoiqu'il ne fût pas obligé de la rendre publique, il fit, dans l'église de Cordemais, le jour de la Pentecôte, une rétractation solennelle en présence de tous les paroissiens, assemblés pour entendre la messe. Cet acte fut accompli, accompagné de circonstances telles qu'il ne dut rester aucun doute sur la sincérité de son repentir. Lorsqu'il reprit légalement possession de sa cure, le 26 janvier 1803, nouveau Fénelon, il monta dans la chaire de vérité et déplora lui-même l'erreur où il avait été, en croyant pouvoir prêter le serment exigé par les lois de l'époque révolutionnaire.

Cependant, sous la Restauration, ses confrères crurent devoir s'éloigner de lui ; ce ne fut qu'en 1824 que M. Peltier, curé de Savenay, contribua à les ramener.

C'était un homme instruit et d'une modestie exemplaire, vivant extrêmement retiré, menant la vie d'un anachorète. Il est l'auteur d'un "Calendrier perpétuel", brochure grand in-8°, qui accuse des connaissances peu communes chez un ecclésiastique, d'un recueil de "Sermons sur l'Évangile expliqué suivant la méthode". Quatre fol. 1834 et sur "le Pentateuque, Josué, les Juges et les Trois premiers livres des Rois", 1 vol. 1838. Ces deux ouvrages, qui ne manquent pas de mérite, sont un recueil de discours qui peuvent servir de texte pour les instructions dominicales, que les curés sont tenus de faire aux fidèles. Quoique parfaitement écrits et pensés, ces volumes n'ont pas obtenu le succès qu'ils méritaient ; les confrères de l'auteur se sont un peu trop empressés de les juger, (qu'on me permette une expression vulgaire) : "sur l'étiquette du sac". C'était un tort.

Quelques temps avant sa mort, arrivée le 11 octobre 1845, M. Braud avait quitté sa cure en 1813 et s'était retiré chez son neveu, curé de la Limouzinière, où il mourut, âgé de 92 ans.

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ASSASSINAT DE JEAN JAFFRE

Le 2 frimaire de l'an IV (23 novembre 1795), M. Braud, curé constitutionnel et M. Jaffre, son vicaire, se trouvaient sur le territoire de la commune de Savenay au village du Drouillais.

En se retournant, ils furent rencontrés par douze ou quinze hommes armés et désignés sous le nom de Chouans. Reconnus aussitôt, on leur dit qu'ils n'avaient qu'à se préparer à mourir. Ils sollicitèrent dix minutes de sursis pour se confesser.

L'un et l'autre s'éloignèrent à quinze ou vingt pas ; c'était une ruse : arrivés près d'un fossé, ils le franchirent ; aussitôt on tira sur eux. M. Jaffre tomba frappé par les balles ; M. Braud, plus heureux, parvint à gagner un bois et put ainsi se sauver. Les hommes qui attentèrent à sa vie ne lui étaient pas inconnus ; mais il refusa toujours de les désigner à la justice.

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"Aujourd'hui deux frimaire, l'an quatre de la république une et indivisible, à quatre heures du soir, par devant moi, Laurent Lecocq, officier public de la commune de Savenay, département de la Loire Inférieure ; Élu pour recevoir les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès des citoyens.
Est comparû à la maison commune, le citoyen François-Henri-Laurent Brossaud, juge de paix, demeurant au chef-lieu du canton de Savenay ; assisté des citoyens François-André Querrion, officier de santé, âgé de vingt-six ans et de Pierre Thomas, sacristain, âgé de quarante-deux ans, lequel a déclaré à moi Laurent Lecocq officier public, qu'ayant été instruit qu'un homme étoit mort proche le village du Drouillay en cette commune, il s'étoit transporté sur le lieu et y avoit rédigé le procès-verbal dont la teneur suit :
Extrait du procès-verbal rapporté par moi, François-Henri-Laurent Brossaud, juge de paix et officier de police judiciaire, que ce jour, deux frimaire 4e année républicaine, touchant l'assinat commis dans la personne citoyen Jean Fabre, vicaire constitutionnel de la commune de Malville.
De tout quoi nous avons rapporté le présent procès-verbal ; en conséquence, chargé Jean Bernard de conduite à Savenay le corps dudit Jean Jaffre, pour y être enterré : pour cet effet lui avons remis un extrait du présent, scellé de notre sceau pour remettre à l'officier public de cette commune.
Fait et arrêté les jour et an que devant.
Signé à l'extrait Brossaud, juge de paix.
D'après la lecture de l'extrait du procès-verbal que Louis Querrion et Thomas, témoins domiciliés de cette commune, ont déclarés être conforme à la vérité ; j'ai rédigé, en vertu des pouvoirs qui me sont délégués, le présent acte sur les registres doubles à ce destinés que lesdits Brossaud, Querrion et Thomas ont signés avec moi.
Fait à la maison commune, lesdits jour, mois et an que devant."

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Savenay Jaffre décès procès-verbal

 

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Histoire de Savenay par F. Ledoux, ancien maire de Savenay - 1875

AD44 - Registres d'état-civil de Savenay - Décès - an IV - vue 4

AD44 - Registres paroissiaux de Gorges

AD44 - Registres d'état-civil de La Limouzinière