POITIERS Z

Fils de Léonard-François-Xavier Pallu Duparc, écuyer, conseiller du roy, échevin de la maison commune de Poitiers, et de Marguerite Pignolet, François est né à Poitiers, paroisse Saint-Savin, le 17 mars 1767, et baptisé le même jour.

Léonard, "cy-devant maire, père d'émigrés", son épouse Marguerite, et deux de ses filles furent incarcérés à Poitiers en septembre 1793.

 

BAPTEME z

 

François Pallu Duparc, émigré en 1791, sert à l'armée des Princes (1791-1795) dans la compagnie formée par les officiers du régiment de Navarre, auquel avait appartenu Châteaubriand ; passe ensuite dans le régiment de Murray, où il est blessé en 1791 ; revenu d'Angleterre avec le duc de Lorges et le comte de Rochecote, muni de pleins pouvoirs de Monsieur, comte d'Artois, il organise une levée royaliste dans le Haut-Poitou ; de Poitiers il établit des intelligences avec Bordeaux et Rochefort ; mais ce projet échoue, les Vendéens s'étant rapprochés jusqu'à St-Loup avant que tout ne soit complètement prêt (dans les armées royales dans les départements de l’Ouest de 1795 à 1799).

En 1814, pendant les cent jours, il suit Louis XVIII à Gand en qualité de colonel des volontaires royaux ; en 1815, il devient lieutenant du roi à la Rochelle ; le 14 août 1816, il est nommé baron par lettres patentes de Louis XVIII, enregistrées à la cour royale de Poitiers le 9 décembre 1818. Il était déjà chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur en mai 1815 (ordonnance signé à Gand).

Il passa ensuite comme lieutenant de roi à Briançon, à Ajaccio, à Bastia, et revint sur le continent en 1830.

Fleur-de-lis on Apple

Le 20 messidor an VIII (9 juillet 1800), il avait épousé à La Villedieu-du-Clain (86), demoiselle Marie-Radegonde Portier, née le 16 juin 1774, morte à Poitiers le 29 septembre 1828, fille de Georges Portier, docteur régent de la faculté de médecine de Poitiers, et de dame Marie-Louise-Marguerite Morlon. François est signalé dans l’acte de mariage comme "amnistié de la Vendée par arrêté des consuls du 7 nivôse an VIII (28 décembre 1799) ". L’acte note également que d’un mariage catholique célébré quatre ans plus tôt est né un enfant François Xavier Georges, reconnu et légitimé.

mariage z

Pallu Duparc signature z

De ce mariage sont issus :

- FRANÇOIS-XAVIER-GEORGES, né à Poitiers le 4 floréal an VIII (24 avril 1800), engagé volontaire en 1813 dans les chevau-légers de Murat, roi de Naples ; prisonnier en Autriche (1815), rentré en France (1817), et nommé sous-officier au 14e chasseurs à cheval ; envoyé en 1819 à l'école de cavalerie de Saumur pour être attaché à l'instruction dans son régiment ; passé en 1821 sous-lieutenant au 15e chasseurs ; en 1826, sous-lieutenant aux cuirassiers de la garde royale ; en 1829, lieutenant au 1er hussards ; le 12 août 1830, capitaine au même corps ; en 1845, chef d'escadron au 1er chasseurs ; retraité en 1847, après une campagne en Algérie qui a aggravé une ancienne blessure ; chevalier de la Légion-d'honneur depuis 1839 ; marié à Aytré (17) le 26 novembre 1833 avec demoiselle Jeanne-Marie-Aglaé Sourisseau, fille de Pierre-Laurent Sourisseau et de Marie-Joséphine-Eugénie Leboeuf de St-Mars, née le 5 octobre 1806, morte sans enfant le 5 mars 1849 ; François-Xavier-Georges est décédé à Poitiers, le 28 février 1860.

- ALEXIS-LOUIS, né à Poitiers le 15 thermidor an X (3 août 1802), admis comme volontaire dans la marine royale en octobre 1817, embarqué le 1er janvier 1818 sur le brick l'Epervier, puis sur les corvettes la Normande et le Rhône en qualité d'élève de 2e classe ; fait une campagne aux Philippines et à la Cochinchine ; élève de 1ère classe en 1820, il fait sur la Cornaline une campagne dans le Levant et à Constantinople, puis, sur la frégate la Guerrière, une campagne d'évolutions dans la Méditerranée.

En 1823, il prend part à la guerre d'Espagne et au blocus de Cadix, en qualité d'enseigne de vaisseau, sur la goélette la Dauphinoise. Il fait ensuite en la même qualité plusieurs campagnes dans le Brésil, dans le Levant, et enfin l'expédition d'Alger en 1830. Lieutenant de vaisseau en 1831, il prend part, sur le vaisseau l'Algésiras, au forcement de l'entrée du Tage par l'escadre de l'amiral Roussin. A la suite d'une nouvelle campagne dans le Levant, il s'adonne spécialement à l'étude des bâtiments à vapeur, fait une campagne comme second sur un bâtiment de cette espèce, puis commande successivement le Vautour, de 160 chevaux, avec lequel il fait le service de France à Alger ; le Scamandre, de même force, attaché à la ligne du Levant ; enfin l'Osiris, de 220 chevaux, attaché à celle d'Egypte.

Nommé au grade supérieur de capitaine de frégate, il fait encore une campagne sur les côtes d'Espagne sur la frégate l'Albatros, et il passe, au commencement de 1848, aux fonctions de chef d'état-major de la marine à Alger. Chevalier de la Légion d'honneur en 1835, officier en 1850.

Marié en 1831 à Toulon avec demoiselle Marie-Thérèse-Elisabeth Maire, fille de M. Hippolyte Maire, commissaire adjoint de la marine, chevalier de la Légion d'honneur, et de dame Marie-Augustine Carosini, il en a eu Constance-Augustine, née à Toulon le 6 avril 1834 ; mariée le 4 février 1858 avec Charles-Marie Dorré, fils de Yves-Jean-Auguste-Laurent Dorré, lieutenant d'infanterie, puis greffier de justice de paix du canton de Bégard, et de Virginie Hello, né le 27 septembre 1822 à Pabu (Côtes-d'Armor), décédé le 13 mai 1889 à Paris.

Alexis-Louis est décédé à La Chaussée-Saint-Victor (41), le 24 avril 1875.

- LOUIS-THÉOPHILE, né à Poitiers le 16 fructidor an XII (3 septembre 1804), chanoine de l'église cathédrale de la Rochelle, vicaire général du diocèse, et supérieur du séminaire. On lui doit la relation publiée en 1845 de la procédure faite pour constater l'identité des reliques de saint Eutrope, premier évêque de Saintes, trouvées en 1848 dans la crypte de l'église de ce nom. Cette information, dans laquelle M. Pallu du Parc a rempli les fonctions difficiles de promoteur, a été faite avec un soin, une sagacité, une prudence qui n'ont rien laissé à désirer. On peut dire que si l'autorité ecclésiastique, et après elle la grande famille des fidèles n'ont plus à douter sur cette question importante, c'est au promoteur qu'elles doivent cet heureux résultat, fruit de ses longs travaux et des recherches intelligentes et consciencieuses faite par lui en divers lieux.

Depuis longtemps son mérite reconnu l'appelait à l'épiscopat, qu'il refusait toujours, lorsqu'à la fin de 1850, il dut céder aux autorités les plus imposantes, et accepter l'évêché de Blois. Il a été préconisé à Rome le 17 février 1851, et sacré à la Rochelle le 1er mai - chevalier de la Légion d'honneur, le 11 août 1855 - Louis-Théophile est décédé à Blois, le 31 mars 1877 ;

- MARIE-FRANÇOISE, née à Poitiers le 4 octobre 1817. Élevées à St-Denis dans la maison d'éducation fondée par Napoléon pour les filles des membres de la Légion-d'honneur, elle y a obtenu, à la fin de ses études, la médaille d'or personnelle, distinction qui n'avait été accordée que cinq fois en 30 ans. Elle y est devenue dame institutrice le 1er juin 1841. Fille d'émigré, elle avait obtenu, en 1833, une pension de 300 fr.

Le baron Pallu Duparc François, colonel lieutenant du roi, commandant la place de Bastia, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de la Légion d'honneur s'est remarié le 30 août 1829 à Bastia (Corse) avec demoiselle Anne de Franceschi, rentière, née à Bastia, le 25 juillet 1807, fille de Fabien de Franceschi, ex-consul de Malte en Corse, propriétaire, et de Marie-Caroline de Luri, morte en 1835.

De ce mariage sont issus ;

- CHARLES-ANTOINE-JOSEPH-MARIE-AUGUSTE, né à Bastia le 26 octobre 1830 ; Entre au service le 25 juillet 1848 ; Sous-Lieutenant d'Infanterie de Marine le 5 novembre 1859 ; au 1er janvier 1860 en service au 3ème RIMA ; lieutenant le 27 décembre 1862 ; aux 1er janvier 1863, 1864, en service à la NOUVELLE-CALÉDONIE, 1ère compagnie des disciplinaires des colonies ; capitaine le 7 novembre 1866 ; au 1er janvier 1869, en service au 3ème RIMA à la GUYANE, Cdt la 30ème compagnie (Octave CHAUMET, Chef de bataillon, Cdt le détachement). Ne figure pas dans les effectifs de 1872.

- HENRIETTE, née près Châtellerault (Vienne) en juin 1833 ; dame de la légion d'honneur, décédée à 83 ans, le 10 mars 1916, fut la dernière de son nom.

armes

 

Armoiries : la famille Pallu du Parc porte "d'argent au palmier de sinople sur une terrasse de même, mouvante de la pointe de l'écu, accostée de 2 mouchetures d'hermine de sable."

 

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ÉTATS DE SERVICES

- soldat gentilhomme au Régiment de l'isle de France (1783 ;
- caporal (1784)
- sergent (1785)
- Retiré pour congé absolu (1787)
- Rentré au service pour émigration (1791)
- lieutenant dans la compagnie des officiers au régiment de Navarre (1791)
- capitaine adjudant major dans les cadres d'allonville au service d'Angleterre (1793)
- Passé major dans les armées royales des départements de l'Ouest (1796)
- Promu au grade de colonel par M. le lieutenant général du Royaume, commandant en chef l'armée royaliste du département de la Vienne (1796)
- chevalier de St-Louis (25 novembre 1799)
- Rentré dans ses foyers pour effet du traité de paix, qu'il a conclu à Angers avec M. le lieutenant général comte d'Hédouville (1800)
- Rentré au service, et parti pour Saint-Domingue (1802)
- Parti de Saint-Domingue par l'évacuation de l'armée française (1804)
- Parti de France pour le royaume de Naples (1806)
- d'où il est parti et arrivé en France (1er août 1814)
- employé dans son grade de colonel et envoyé, par ordre de M. le lieutenant général comte Maison, gouverneur de Paris, au camp de Melun (12 mars 1815)
- suivi le roi et fut nommé par M. le maréchal duc de Raguse, au commandement du dépôt de l'infanterie de la Maison du Roi (27 mars 1815)
- passé au commandement des volontaires royaux et des Cent-Suisses, et nommé par ordonnance du Roi, lieutenant de Roi à La Rochelle (22 août 1815 - confirmé le 31 décembre 1815)

CAMPAGNES

- a fait les campagnes de 1791, 1792, 1793 et 1794, aux armées des princes et au service d'Autriche dans le régiment de Murray, en qualité de cadet ;
- celles de 1796, 1797, 1798 et 1799 aux armées royales dans les départements de l'Ouest.

BLESSURES

- blessé d'un coup de feu à la joue gauche à l'affaire du Coteau - Cambrési en 1791 ;
- blessé d'un coup de sabre au côté droit, à l'affaire de Saint-Sulpice en 1796, dans les armées royales sous les ordres de M. le vicomte de Scépeaux, général en chef.

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SOUMISSION DE PALLU-DUPARC

Pallu-Duparc, commandant en chef des Royalistes du Haut-Poitou (département de la Vienne) envoyait sa soumission datée du 18 janvier et la première de toutes. C'était un chef obscur, et le Haut-Poitou n'avait jamais fourni à l'insurrection qu'un faible contingent. Il était tout-à-fait dans la dépendance de l'abbé Bernier. Sa soumission est pure et simple, sans conditions ni restrictions. "Il s'en rapporte, tant à la sagesse du Gouvernement qu'à l'honnêteté du Général en chef, pour les mesures ultérieures que les Consuls jugeront devoir prendre pour assurer et garantir le bonheur et la tranquillité de tous les individus". On ne pouvait demander moins.

Voici le texte complet de cette pièce où l'on croit reconnaître la plume de l'abbé Bernier :

"Nous soussigné, François-Charles Pallu-Duparc, chevalier de l'Ordre royal et militaire de St-Louis, commandant en chef les Royalistes du Haut-Poitou connu sous le nom de département de la Vienne, après avoir pris conseil de l'adresse du général Hédouville en date du 22 nivôse de la présente année (1800), désirant procurer aux Français qui m'ont honoré de leur confiance, la paix intérieure et le bonheur dont un régime mal organisé les avait depuis longtemps privés ;
Déclarons adhérer de coeur et d'intentions aux vues bienfaisantes exprimées dans la dite Adresse et nous en rapporter, tant à la sagesse du Gouvernement qu'à l'humanité du Général en chef, pour les mesures ultérieures que les Consuls jugeront devoir prendre pour assurer et garantir le bonheur et la tranquillité de tous les individus ;
Nous ordonnons, en conséquence, aux chefs et officiers des six Divisions qui sont sous nos ordres, de licencier de suite et de renvoyer en paix dans leurs foyers tous les Français armés qui pourraient être rassemblés près d'eux par suite de l'insurrection des départements de l'Ouest.

Nous chargeons plus spécialement MM. les chevaliers de la Garde, adjudant général, de Beauvoher, aide-major général, et Renoux, chef de la division de Loudun, de transmettre au général en chef de l'armée d'Angleterre, le contenu de la présente, de lui en garantir l'exécution et de prendre avec lui, en notre nom, tous les engagements qui peuvent concourir au bien général du pays, avec promesse de notre part de les ratifier.

Fait à notre quartier général, le 18 janvier 1800 (28 niv.)
Ch. PALLU-DUPARC".

 

Son dossier de légionnaire le dit décédé le 3 octobre 1853 mais sans en indiquer le lieu.

 

baron pallu duparc signature z

 

 

Dictionnaire historique, biographique et généalogique des familles de l'ancien Poitou - H. Beauchet-Filleau et Ch. de Chergé - Tome second - 1840-1854

Revue historique et archéologique du Maine - tome dix-septième - année 1885 - premier semestre.

AD86 - Registres paroissiaux et d'état-civil de Poitiers

http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_pallu_duparc_charles.htm

La Terreur à Poitiers d'Etienne Salliard - 1912

Liste générale des pensionnaires de l'ancienne liste civile - 1833

Base Léonore - LH/2040/35