Fils d'Antoine-Edmé-Adam, sous aide major de la place de Strasbourg, ANTOINE-EDMÉ-ADAM BARBAZAN est né à Paris, le 8 août 1749.

Il entre au service dans le régiment de Bretagne, le 14 juillet 1767 comme simple soldat. Après avoir fait les campagnes de Corse de 1767, 1768 et 1769 sous les ordres du comte de Marboeuf, il rentra sur le continent au commencement de cette dernière année, et passa, le 1er juillet, dans le régiment des grenadiers de France, où il se fit bientôt remarquer par son zèle et son excellente tenue. A la suppression de ce corps, en 1771, Barbazan entra dans le régiment de cavalerie commissaire-général.

Passé dans la compagnie de gendarmerie de Monsieur, le 2 mars 1775, il y servit jusqu'au 1er novembre 1781, époque à laquelle il passa capitaine de cavalerie.

Il fit partie de l'expédition envoyée dans l'Inde sous le commandement du marquis de Bussy et s'y fit remarquer pendant les guerres de 1782 à 1786, notamment à la bataille de Gondelour, le 13 juin 1783. Le 1er avril 1782, il avait été nommé major du bataillon de Cipayes, attaché au régiment Royal-Roussillon.

Le 20 mai 1785, Adam de Barbazan écrit un mémoire à M. d'Autichamp avec cette note : "Recommandé particulièrement aux bontés de Monseigneur par M. le marquis d'Autichamp" 

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Débarqué à Lorient, le 10 juillet 1786, il n'obtint qu'une modique pension de retraite de 300 livres sur la caisse des Invalides. En 1789, Barbazan embrassa avec chaleur la cause de la Révolution, et fit partie de la société des Jacobins. Lors de la formation de la garde nationale parisienne soldée, le 1er novembre 1787, il y entra comme simple volontaire, et fut choisi parmi ses camarades, le 18 juillet 1790, pour remplir les fonctions d'aide-major du bataillon, dit des Carmes. Il reçut, le 23 février 1791, le brevet de chevalier de Saint-Louis. Appelé au commandement en second de ce bataillon le 1er novembre suivant, il passa, le 23 de ce mois, capitaine à la suite du régiment du roi-infanterie (103e), et fut promu au grade de Lieutenant-colonel du régiment du roi-cavalerie le 27 mai 1792.

Le 10 août, il commandait à Saint-Germain-en-Laye un escadron du 6e régiment de cavalerie ; il envoya de cette résidence plusieurs ordonnances aux membres de la commune de Paris pour offrir ses services.

Nommé colonel du 16e régiment de dragons le 9 octobre 1792, il comprima par sa fermeté les troubles qui venaient d'éclater à Orléans, où il était alors en garnison.

Sa brillante conduite à l'armée des côtes de l'Océan ayant été signalée au gouvernement, il reçut, le 6 mai 1793, le brevet de général de brigade.

Comme général de brigade, il a été employé à l'armée de l'Ouest, commandée par le Général Biron, & se trouva à l'affaire de Viée [Vihiers] contre les Vendéens, où le Général Berthier, faisant les fonctions de Major Général, lui donna des ordres qu'il exécuta avec tant de précision que La Roche-Jaclin, commandant l'armée vendéenne, fut repoussé avec une perte considérable. il eut un cheval tué sous lui, et un aide de camp tué, à ses côtés. Il fut chargé, quelques jours après, de la retraite de l'armée sur Tours. Le Général Menou, ayant été blessé d'une balle qu'il reçut au travers du corps.

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Suspendu de ses fonctions le 3 juillet suivant, pour incivisme, incarcéré d'abord aux Madelonnettes, ensuite à la prison de Saint-Lazare, il n'en sortit que le 3 fructidor an II ; il quitta à cette époque le nom de Barbazan et prit celui d'Adam, qui était un de ses prénoms.

Réintégré dans son grade le 1er vendémiaire an IV, sur un rapport fait au comité de salut public, le 3 nivôse an III, par le ministre de la guerre, il fut employé à l'armée des côtes de Cherbourg, puis à celle de l'Océan, dans laquelle il avait précédemment servi. Au sein de l'armée des Côtes de Cherbourg, en l'an IV, sous les ordres du Général Aubert-Dubayet, il fut envoyé à Bayeux pour organiser les compagnies de contre-chouans. Le général Hoche ayant pris le commandement en chef de l'armée des côtes de l'Océan, il harcela & poursuivit avec tant d'activité le Capitaine La Terreur, commandant les chouans du Calvados qu'il le prit avec 40 hommes des siens qu'il lui restait.

Le 6 thermidor an IV, Carnot lui écrit la satisfaction du Directoire sur les services qu'il a rendus dans la guerre civile de l'Ouest. Le général Hoche, le 21 vendémiaire an V, lui annonçait que, d'après un arrêté du Directoire, une paire de pistolets (de la manufacture nationale de Versailles) lui serait délivrée en témoignage d'estime et de satisfaction pour la manière dont il s'était conduit dans les départements de l'Ouest.

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Barbazan donna de grandes preuve de valeur à l'armée de Rhin-et-Moselle en l'an V et en l'an VI, et fut employé dans la 19e division militaire pendant les ans VII et VIII.

Nommé commandant d'armes à Lyon le 1er vendémiaire an IX, le premier Consul le désigna, le 1er prairial an X, pour le commandement de Calais, poste alors très important.

Il fut nommé membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, et officier de cet Ordre le 25 prairial suivant. Les Anglais bombardèrent Calais dans la nuit du 25 au 26 septembre 1804. Les mesures prises par Barbazan firent échouer les projets de l'ennemi, et le général Brune lui en témoigna par écrit sa satisfaction.

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Barbazan obtint sa retraite le 24 décembre 1814, il avait alors soixante-cinq ans d'âge et quarante-huit de service.

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Antoine-Edmé-Adam de Barbazan serait décédé à Paris le 18 août 1829.

 

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Le général Barbazan, qui avait commandé pendant la guerre civile, fut envoyé à Bayeux. Homme de guerre et peu soucieux des prescriptions de la loi, il voulut, à peine installé dans ses fonctions, soumettre Bayeux au plein régime militaire ; mais, à la tête de l'administration municipale se trouvait un homme d'une rare intelligence et d'une énergie extrême, M. Jehanne, que son courage civique doit rendre à jamais célèbre.

Il revendiqua, pour la liberté et la sûreté des citoyens, les droits inscrits dans la nouvelle constitution, et s'opposa aux visites domiciliaires qui n'étaient pas accompagnées des formalités prescrites par la loi.

Se trouvant ainsi en lutte avec l'autorité civile, le général en référa au Directoire et, sur sa demande, la ville fut mise, le 24 pluviôse an IV, en état de siège. Une commission militaire y fut instituée et prononça diverses condamnations à mort contre un certain nombre de chouans pris les armes à la main, et qui furent exécutés, au nombre de dix-huit, sur la place St-Patrice et dans la rue des Boulevards, alors plantée de quelques arbres, et où l'on n'apercevait encore aucune habitation.

Les mesures sévères prises par le général Barbazan, et le bruit des victoires du général Bonaparte à la tête de l'armée d'Italie firent presqu'entièrement disparaître les massacres et les pillages de la chouannerie. Le Directoire, par son arrêté du 1er fructidor an IV, leva l'état de siège, et les choses rentrèrent dans leur état normal. Le général Barbazan quitta la ville peu de jour après. Il laissa après lui, dit M. Pezet dans son livre sur Bayeux à la fin du XVIIIe siècle, une réputation de sévérité justifiée par les circonstances, mais sans qu'on l'ait accusé d'avoir jamais foulé aux pieds les droits de la justice et de l'humanité.

 

Base Leonore - LH/106/18 - Notice L0106018

Dictionnaire Historique et biographique des généraux français - tome premier - Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles - 1820

Nouvelle histoire de Bayeux par M.E.F.A. Chigouesnel - 1867.

Fichier Bossu de la BnF

Fastes de la Légion d'honneur - Volume 3 - 1845

ANOM - Dossier Barbazan, Adam de, capitaine de cavalerie dans l'Inde 1783/1786.