LHOUMOIS
LE CHÂTEAU DE LA ROCHEFATON

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Le château de la Rochefaton, situé dans la commune de Lhoumois, occupe le sommet d'un des coteaux de la rive droite du Thoué. Un petit prieuré de la Rochefaton, dédié à saint Nicolas, dont la modeste chapelle se voit encore dans les fossés mêmes du château, existait en 1179. Il dépendait de l'abbé de Saint-Jouin-les-Marnes. L'origine du château doit être plus ancienne, et il est assez naturel d'attribuer à l'un des premiers seigneurs la fondation de ce prieuré. La série des seigneurs ne remonte pas au delà de l'an 1200, époque à laquelle vivait GUY DE LA ROCHEFATON. Un de ses descendants, Pierre, est signalé en 1286 comme acquéreur d'une dîme à Coigne et à la Foye en la paroisse de la Pératte. Son fils, GUY, fonda une chapelle en l'église paroissiale de Laigné, ancienne dénomination de Lhoumois, peut-être à cause de la situation primitive de ladite église au village voisin de Leigné.

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PIERRE DE LA ROCHEFATON, fils de Guy, qui vivait en 1350-1362, épousa Jeanne Rataut, dame de Dislay, fille de Humbert Rataut. Il ordonna, par son testament de 1362, d'achever la chapelle fondée par son père dans l'église de Lhoumois où il choisit sa sépulture. Sa fille et unique héritière, PHILIPPE DE LA ROCHEFATON, épousa en premières noces Louis d'Argenton, fils aîné d'Aimeri d'Argenton, seigneur de Hérisson. Demeurée veuve et sans enfants, elle se remaria, en 1377, avec HÉLIE CHASTEIGNER, fils aîné de Jean Chasteigner, seigneur de Saint-Georges de Rexe. Veuve une seconde fois en 1395, elle prit en mains la tutelle de ses huit enfants, en vertu d'une décision du conseil de famille réuni à Parthenay, le 17 avril 1396. Par son testament, en date du 17 février 1423, Philippe de la Rochefaton donna, à l'église de Lhoumois, "sa coupe d'argent pour faire un vaisseau à porter le corps de Jésus-Christ à la feste du sacre" et y fit des fondations de nombreuses messes pour son anniversaire. Elle mourut peu de temps après.

Le château de la Rochefaton, vers la fin de la vie de Philippe de la Rochefaton et pendant que Geoffroy Chasteigner, son fils aîné, en était seigneur, subit un horrible désastre. C'était en 1417, durant la guerre civile des Bourguignons et des Armagnacs. Une garnison de Picards occupait Parthenay pour le compte du parti bourguignon. Un jour ces gens de guerre, qui désolaient tout le pays, s'emparèrent de la Rochefaton, le pillèrent et l'incendièrent. Tout ce qu'il contenait, et, notamment, les archives de famille, fut anéanti. Le château actuel, du moins dans son ensemble, ne saurait donc être antérieur à ce désastre. En 1444, il est qualifié de place forte. Il se compose de trois corps de bâtiments flanqués de tours rondes aux angles. La porte, pratiquée au milieu d'une aile latérale, au sud, est surmontée d'une galerie de mâchicoulis et accompagnée de deux tours dont l'une, celle de gauche, est une reconstruction moderne. La tour de l'escalier en colimaçon se trouve dans l'angle intérieur de la cour, à droite en entrant.

Les Chasteigner z

GEOFFROY CHASTEIGNER, fils aîné d'Hélie Chasteigner et de Philippe de la Rochefaton, épousa, en 1410, Louise de Preuilly, héritière de la Rochepozay. Il mourut au mois d'octobre 1424, laissant quatre enfants, et sa veuve se remaria, le 18 août 1432, à Saint-Maixent, avec Louis Bonenfant, seigneur de Vaux, chambellan du roi. Son fils, PIERRE CHASTEIGNER, alors en bas âge, lui succéda à la Rochefaton. Plus tard, le 20 mars 1443, il épousa, à Frontenay-l'Abattu, Jeanne de Varèze, sa cousine. Après sa mort, arrivée en 1474, son fils aîné Guy devint seigneur de la Rochefaton.

GUY CHASTEIGNER, échanson ordinaire des rois Louis XI et Charles VIII, épousa, le 14 février 1480, Madeleine du Puy, famille du Berry. Il servit le roi Louis XI dans ses guerres et mourut à la Rochepozay, en 1506 environ. Son fils, Jean Chasteigner, céda par échange à Jacques Chasteigner, seigneur du Verger, la terre et seigneurie de la Rochefaton.

Les Pidoux z

JACQUES CHASTEIGNER vendit, vers 1544, la terre de la Rochefaton à Mathurin Pidoux, qui vint y habiter. Son fils Jean y reçut dans son château, en 1565, une visite royale, Charles IX, revenant de son voyage dans le midi de la France, arriva le 21 septembre à la Rochefaton, où il coucha, et en repartit le lendemain pour se rendre à Oiron. La chambre qu'il habita durant cette seule nuit porte le nom de chambre du roi. RENÉ PIDOUX, successeur de Jean, mourut à la Rochefaton le 10 décembre 1571 et fut enseveli à Lhoumois. Denis Généroux, qui a relaté cette mort dans son journal, fait remarquer qu'il était fort riche.

Les de Vassé z

De la famille de Pidoux, la Rochefaton passa aux de Vassé par le mariage d'Isabelle Pidoux, fille de Jean, contracté, en 1649, avec René de Vassé, capitaine au régiment de Castelnau. Les de Vassé s'attachèrent surtout à transformer les abords du château pour en faire une demeure plus gaie. Ils firent dessiner des jardins à la française et construisirent les ailes de communs à la place des murs de fortifications ; ils aménagèrent à l'intérieur des salons au goût du jour. C'est ainsi que le grand salon du château est une copie de l'un des salons du Grand Trianon.

Les d'Autichamp z

La dernière héritière de cette famille, MARIE-ÉLISABETH-CHARLOTTE, fille du marquis de Vassé, ancien capitaine au régiment des gardes françaises, épousa, le 8 août 1797, Charles-Marie-Auguste de Beaumont, marquis d'Autichamp. C'est le célèbre général vendéen, le lieutenant de Bonchamp, un des vétérans les plus illustres et les plus sympathiques des mémorables guerres de l'Ouest. Ses nombreux faits d'armes, sa conduite généreuse et dévouée sont trop connus par tous les mémoires et toutes les histoires de la Révolution pour qu'il soit utile de donner ici, à sa glorieuse mémoire, autre chose qu'un souvenir d'admiration. Retiré à la Rochefaton, il y termina dans le calme de la famille, le 6 octobre 1859, son existence longue et agitée. Son corps repose dans l'antique chapelle du prieuré de la Rochefaton.

Les Aymer de la Chevalerie z

 

Le comte d'Autichamp, un de ses fils, dont la fille unique a épousé, en 1865, le comte René Aymer de la Chevalerie, le sympathique conseiller général du canton de Thénezay, a fait restaurer l'antique château des Chasteigner et des Pidoux, retouché sans doute bien souvent dans le cours des siècles.

La figure la plus connue de cette vieille famille poitevine est sans doute la bienheureuse Mère Henriette Aymer de la Chevalerie, fondatrice pendant la Révolution de l'ordre dit de Picpus, congrégation qui veille toujours sur les tombes des martyrs de la Révolution française.

Henriette Aymer de la Chevalerie z

C'est une habitation riante et paisible, accompagnée d'un beau parc et qui n'a conservé de la physionomie belliqueuse du moyen âge que sa porte crénelée.

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Paysages et monuments du Poitou - Les Deux-Sèvres - Bélisaire Ledain - Tome VII - 1894

Châteaux, Manoirs et Logis - les Deux-Sèvres - Association Promotion Patrimoine.