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Il est né à Eteimbes, alors petite commune du district de Belfort, le 22 septembre 1762, de Nicolas Collerez, cultivateur et de Marie-Anne Fèvre. La famille Collerez compte douze enfants. Georges est le benjamin. C'est un ex-Jésuite et ex-Professeur, Georges Cosman qui, après dissolution de son ordre, et devenu curé d'Éteimbes, se charge de son éducation. L'influence de cet ex-Jésuite fut vraisemblablement déterminante puisque George se destine bientôt à la prêtrise. Il suit des cours tant au séminaire qu'à l'université de Besançon où il obtient le grade de bachelier en 1781.

En 1782, alors qu'il n'a que vingt ans, son père décède. En 1783, ses supérieurs le chargent de catéchiser les nombreux Allemands habitant la cité de Besançon. Cette même année, on le retrouve à Saint-Louis comme clerc chargé de réconforter les malades, à l'hôpital militaire.

En 1785, il est vicaire à Lachapelle-sous-Rougemont et à Valdoie. Le 22 novembre 1786, Claude Bernard Girol, curé de Lachapelle-sous-Rougemont souhaite le voir lui succéder, mais Collerez n'a que 24 ans et deux mois.

Or, il faut être âgé de 25 ans pour pouvoir prétendre à une cure. Louis XVI lui accordera la dispense nécessaire.

Le 12 mars 1787, Georges Collerez est nommé curé de Lachapelle-sous-Rougemont. Mais, Vittet, curé de Larivière, s'intéresse également à cette cure. Il engage un procès contre Collerez au Conseil Souverain et le gagne.

C'est ainsi qu'en 1790, Collerez sollicite la cure de Saint-Cosme devenue vacante auprès de la prieure de Schoenensteinbach, collatrice de ce lieu et l'obtient.

Le 5 février 1791, il prête serment à la Constitution Civile du Clergé et obtient une rétribution de 300 livres par trimestre.

Le 4 mai la Commission du District le considère comme prêtre assermenté.

Le 12 septembre de la même année, il achète les biens de la cure de Saint-Cosme pour 6500 livres.

Le 8 mai 1794, Collerez est nommé par le district commissaire pour la fabrication de salpêtre dans les cantons de Masevaux, Fontaine et Dannemarie. Le 5 prairial, le District l'autorise à réquisitionner les chaudières nécessaires à sa fabrication. En raison de son zèle pour mener à bien cette activité, le District le considère comme "un ami de la Révolution".

Le 27 juillet 1794, Collerez est arrêté suite à l'affaire d'Hirsingue, écroué à Belfort, puis incarcéré le 31 juillet à la Citadelle de Besançon. Il convient de rappeler brièvement ce qu'était l'affaire d'Hirsingue.

Le 20 mai 1794, quelques jeunes gens d'Hirsingue avaient planté un arbre de la Liberté. Dans la nuit qui suivit, l'arbre fut abattu. On prétendit que des fidèles rassemblés en pèlerinage en étaient les auteurs. Le commissaire Henz ordonna alors la déportation de tous les prêtres religieux du Haut-Rhin.

Le 1er août 1794, l'agent national du District de Belfort dénonce l'arrestation injuste de Collerez à Colmar. Pour sa défense, il allègue son civisme et sa production considérable de salpêtre.

Le 11 août, un arrêté de Foussedoire, 'représentant du peuple en mission dans le Département du Haut-Rhin, ordonne sa libération et le prêtre retourne à sa cure de Saint-Cosme.

Curé constitutionnel, salpêtrier, cultivateur, grand propriétaire à Saint-Cosme et à Éteimbes, il quitta Saint-Cosme en 1811 et fut nommé curé d'Éteimbes, son village natal.

C'est là qu'il rencontra de grandes difficultés prouvant une fois de plus la justesse du proverbe : nul n'est prophète en son pays. La municipalité et ses habitants lui reprochent son despotisme, ses vues d'intérêt personnel, son ingéniosité à ne semer que troubles et haines dans les familles. En 1825, la commune demande à l'Évêque de Strasbourg son déplacement dans une localité étrangère à ses intérêts privés.

Le 10 janvier 1831, il est chargé d'administrer la cure de Bretten, sa dernière paroisse.

C'est là que, le 3 octobre 1836, il célèbre son jubilé sacerdotal. L'homélie fut prononcée en allemand par Henry, curé de Masevaux et en français par Schick, curé de Novillard. En voici un extrait :

"A la Révolution de 1830 toujours parmi son peuple témoin de sa naissance et de sa vie, soumis à ses supérieurs qui l'ont trouvé de quelque confiance, sincèrement attaché à ses confrères, vivant dans des contrées peu favorisées, lieux tous éloignés les uns des autres au moins d'une demi-lieue, n'ayant perçu ni exigé aucun supplément pour être à charge de personne, n'ayant manqué aucune occasion de venir au secours des pauvres et malades, ses paroissiens, surtout de sa famille nombreuse, tous honnêtes cultivateurs. Sa plus grande occupation outre les devoirs de son état, surtout pendant et depuis la Révolution voyant la pénurie de prêtres a été de se livrer à l'Instruction pour former à l'église des sujets dont plusieurs même de sa famille ont embrassé l'état ecclésiastique et d'autres ont couru les carrières civiles et militaires. C'est d'après ces circonstances et situations que rendant grâce à Dieu qui l'a soutenu de si longues années, il célébra en action de grâces et comme préparation à la mort, après une retraite faite chez les Trappistes du Mont des Olives (Oelenberg à Reiningue) le souvenir plus que cinquantenaire de sa première messe et vocation assisté d'environ 50 confrères, de ses nombreux parents et amis et d'un grand concours de fidèles".

COLLEREZ DECES Z

Le 4 janvier 1843, il décède à l'âge de 81 ans à Bretten où il est enterré. Sa tombe fut accolée à la façade Est de l'église. Une épitaphe, retraçant les principales étapes de sa vie y était gravée :

"Ci gît George Collerez né à Etîmbe le 22 7bre 1782 prêtre en 1785 curé à Lachapelle-sous-Rougement en 1786 au Valdoy en 1787 à Etîmbe 1811 à Brette en 1831 décédé le 5 janvier 1843 par affection il a voulu mêler ses cendres aux vôtres. Requiescat în pace. Curé à St Côme 1789".

 

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Annuaire de la société d'histoire sundgovienne - 1989 - pp. 225 à 228

AD68 - Registres d'état-civil de Bretten