luçon grande rue z

 

PERCEBOIS, chef du Bataillon de l'Union

Commandant de la place de Luçon
"C'est un homme plein de sang-froid, de talent et de résolution". (La Vendée en 1793 - Tome second - Fr. Grille - 1852)

Le général de brigade commandant la Division de Luçon, Tuncq, dans sa lettre du 5 juillet 1793, informe le citoyen Nouvion, chef de brigade & de l'Etat major de l'armée, qu'il a nommé provisoirement le citoyen Percebois, "officier brave & instruit", pour commander la place de Luçon. (SHD B 5/5-83, vue 6)

lettre de Tuncq 5 juillet 1793 z

Le 14 brumaire an II (4 novembre 1793), les représentants du peuple, Lequinio et Laignelot, donnent à Percebois l'ordre de cesser ses fonctions de commandant temporaire à Luçon, car on l'accusait d'avoir enlevé, au Tablier, le mobilier de Saint-Pal, ... (Société d'émulation de la Vendée - La Roche-sur-Yon - 1904)

Le 16 brumaire (6 novembre 1793) - Délibérations municipales de Luçon :

Un membre a exposé que le citoyen PERCEBOIS, ci-devant commandant la place de Luçon, avait été remplacé et que ce citoyen méritait de fixer notre attention par les abus de confiance qu'il s'était permis pendant son commandement. Il est accusé par la voix publique de s'être répandu dans les campagnes, accompagné d'un petit nombre de gardes nationaux, sous prétexte d'expéditions militaires et d'y avoir enlevé un grand nombre de bestiaux, de les avoir fait passer à Marans et, de là, à Montendre, lieu de son domicile, que la preuve de ce fait était consigné sur les registres de la municipalité de Chaillé-les-Marais.

Il a dit qu'il était accusé d'avoir enlevé et fait conduire à Luçon le mobilier du rebèle SAINT-PAL, de l'avoir fait vendre et de s'en être attribué le produit. Il a dit qu'il était accusé de s'être rendu avec l'ex-commandant Befroy, pour la dévastation et démeublement des maisons des émigrés, que pour déguiser leur enlèvement, ils se sont fait des ventes mutuelles et réciproques, que, particulièrement, il est resté propriétaire d'une voiture appartenant à la maison de Grelier, émigré.

Il a dit qu'il était accusé d'avoir réclamé de la municipalité de Luçon et de s'être fait donné le prix de deux vaches qui avaient été vendues avec les autres bestiaux amenés du Bocage et, celà, sous le prétexte que ces vaches lui avaient été adressées par le général Befroy, lequel prix a été réalisé entre les mains, suivant qu'il appert par sa quittance.

Il a dit qu'il était accusé de s'être transporté chez Destouches, émigré, et d'avoir exigé des gardiens de la maison l'ouverture de la cave et d'y avoir enlevé plusieurs bouteilles de vin de toutes espèces et liqueurs et vin de liqueur, la preuve du quel était fait est déposé au Directoire du District de Fontenay.

Il a dit qu'il avait fait faire la vente de plusieurs cuirs et suifs montant à une somme considérable et que lorsqu'on lui observa que ces ventes étaient sujettes aux droits d'enregistrement, il répondit : qui percevrait ces droits celui qui serait assez hardi de le faire ou de l'exiger, se ferait couper la gorge, vu que l'argent qui provenait de la vente appartenait au militaire.

L'assemblée arrête que le citoyen PERCEBOIS sera arrêté et conduit au Directoire du département par la gendarmerie de cette ville. (AD85 - Registres des délibérations de Luçon - 1787-1866 - vues 293, 294).

Le 15 ventôse an II (5 mars 1794) :

Comparution du citoyen PERCEBOIS, ci-devant Commandant de la Place de Luçon, qui veut se disculper des accusations à lui imputées par l'arrêté de la municipalité du 16 du deuxième mois.

Après explications et pièces produites par le citoyen PERCEBOIS, le Conseil général de la commune déclare son arrêté nul et non avenu. (AD85 - Registres des délibérations de Luçon - 1787-1866 - vue 310)

Percebois signature z

 

 

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HONORÉ-FIRMIN PERCEBOIS

Fils de Jean-Baptiste Percebois, garde des chasses de la terre de Louvres, de M. de Féron, seigneur du lieu, et de Virginie Damay "de la paroisse de Louvres, diocèse de Paris", Honoré-Firmin est né dans le Val d'Oise, à Louvres, le 15 avril 1752 ; baptisé le même jour par l'abbé P. Leleu ; son parrain fut Honoré Le Dieu, commandant de la marée-chaussée du même lieu et sa marraine, Marie-Madeleine Viet, épouse de Brice Huet [laboureur et], maire.

 

PERCEBOIS BAPTEME A LOUVRES VAL D'OISE zz

 

Il est notaire royal et commissaire à terrier du marquisat de Montendre. Ses fonctions de notaire en cette paroisse  commencent en 1783 et se terminent en 1827 ; il n'exerce pas entre 1793 et 1795.

Il est présent le 28 thermidor l'an IV (15 août 1796), à Montendre (17) au mariage du citoyen François Rambaud, perruquier, avec Marguerite Moinard.

Il épouse, à Montendre, le 7 janvier 1789, Jeanne-Suzanne-Catherine Gaudin, fille de Jean-Guillaume Gaudin, aubergiste, et de Marie-Anne-Bénigne Gaudival, dont Geneviève, née le 12 août 1789 ; Anne-Joséphine-Virginie, née le 8 octobre 1792, mariée le 19 mai 1813 avec François Coustole, notaire, né le 10 novembre 1780 à Chepniers, elle est décédée le 28 mai 1848 ; Catherine-Aglaé-Félicité, née le 5 frimaire an III (25 novembre 1794), mariée le 18 février 1827 avec Jean Morpain, notaire, né à Blaye ;

Il assure les fonctions d'adjoint délégué officier public de la commune de Montendre ; il signe les registres à partir du mois de juin 1816 jusqu'en août 1827.

La Grande Trappe Soumeras z

Jeanne-Suzanne-Catherine Gaudin est décédée à Sousméras "au dit lieu de la Trappe", le 14 décembre 1830, à l'âge de 69 ans.

HONORÉ-FIRMIN PERCEBOIS est décédé à Soumeras, le 9 décembre 1840, "en son domicile au lieu de la Trappe", à l'âge de 88 ans.

PERCEBOIS HONORE FIRMIN DECES 1840 z

 

Archives de la Charente Maritime 3 E 76/1877-1921

AD17 - Registres d'état-civil de Montendre et de Soumeras.

Archives Départementales du Val d'Oise - Registres paroissiaux de Louvres.