Benjamin de la Douespe, né à Mouchamps le 2 octobre 1700, fils puîné de Jacques et de Marguerite Clémenceau, avait épousé Marguerite-Françoise Bousseau, fille de Pierre-Auguste, seigneur de la Bousle, et de Françoise Majou.
De ce mariage sont nés :
JACQUES-AUGUSTIN, seigneur de la Biffardière ;
DANIEL-FRANÇOIS, seigneur du Fougerais, qui suit ;
3° Françoise-Marguerite-Louise, mariée à Samuel Robert, seigneur du Planty ;
4° Jean-Baptiste-Christophe, seigneur de la Choltière, décédé en 1769.

Benjamin était le dernier d'une fratrie de cinq enfants : Charlotte-Marguerite, Louise-Catherine, Jacques-Louis et Marie.

Jacques-Louis-Étienne qui devint Administrateur de la Vendée était le fils de Jacques-Louis, frère de Benjamin.

 

BIFFARDIERE LE BOUPERE z

 

JACQUES-AUGUSTE DE LA DOUËSPE, sr de la Biffardière, baptisé au Boupère, le 6 septembre 1724, habitait le Plessis-L'Amiral, autrefois Plessis-Vincendeau, alternativement avec la Biffardière, avant la révolution. Ce nom de Plessis-L'Amiral vient de Jacques Chrestien-l'Amiral qui y faisait sa demeure en 1640. Le Plessis relevait de la Fosse (commune de Mouilleron). La maison fut brûlée dans les guerres de la Vendée ; elle a été reconstruite vers 1834.

DOUESPE AUGUSTE z

Il avait d'abord accueilli les nouveaux principes, comme une conséquence des théories sociales qui occupaient alors les esprits même dans les classes élevées de la société. Mais les excès de la République n'avaient pas tardé à changer ses dispositions.

Homme paisible, d'ailleurs, et inoffensif, il passait pour avoir une grande fortune et beaucoup d'écus. C'était un avantage qui rendait "suspect" ; être suspect c'était être digne de la mort, et la prison en était le chemin infaillible.

Il fut arrêté comme prévenu d'être un des chefs des révoltés, et conduit en prison à Fontenay d'où il s'échappa le tridi 3 frimaire an II (23 novembre 1793). Le Conseil Général du département fut vivement ému de voir lui échapper un prisonnier si dangereux. Il publia immédiatement une proclamation rappelant que "la peine de mort était la peine prononcée contre ceux qui favorisaient l'évasion des prisonniers ou qui les recélaient ; que la sûreté publique et l'intérêt de la société exigeaient également que cet homme subît la peine due au crime dont il allait être convaincu".

Les prisons de Fontenay regorgeaient de détenus voués à la mort comme "suspects". Entassés dans des salles trop étroites pour les contenir, privés d'air, en proie aux maladies et manquant de tout, leur position était affreuse. Que pouvaient-ils craindre de plus ? Aussi les menaces redoutables du Conseil Général n'arrêtaient point les évasions. Le même jour, 3 frimaire, 22 personnes s'échappèrent à la fois.

Cependant la proclamation produisit un effet funeste pour la Biffardière. Des gens du pays, ses voisins, l'arrêtèrent aux environs de la Grignonnière où il se tenait caché, et malgré les offres considérables qu'il leur fit, le conduisirent le 9 à Fontenay. Le tribunal criminel le jugea le 11 frimaire an II (1er décembre 1793) ; le même jour, il était guillotiné.

Peu d'instants avant d'être appelé par le bourreau, il écrivait : "Aujourd'hui, premier jour du mois de décembre 1793, après avoir été condamné fort injustement et par le faux témoignage de mes ennemis du Boupère, pour être guillotiné dans deux heures d'ici, je saisis ce dernier moment pour déclarer que j'ai aux environs de 70.000 livres en or en dépôt chez les nommés PEROTTIN et BONNET, bordiers au village de La Rocardière, paroisse de Sainte-Gemme-des-Bruyères, avec trente et quelques couverts d'argent, huit cuillers potagères, trois sablières d'argent, une écuelle, un porte-huillier, aussi en argent, et deux petits sacs d'argent de la valeur de 600 à 700 livres, ainsi que quelques titres et papiers, les autres étant déposés et cachés chez AUMONT, métayer à Sainte-Gemme-des-Bruyères, avec mes registres".

Les soldats républicains du Boupère, ayant été chez lui en expédition, après avoir longtemps cherché dans une cave de La Biffardière, déterrent encore 100.000 livres en argent blanc.

Le Conseil Général décida que "les noms des vertueux citoyens qui ont servi la République en livrant à la vengeance des lois l'un des conspirateurs contre la patrie, en résistant à l'appât de sommes considérables offertes avec instances par La Douëspe pour obtenir sa liberté, seraient inscrits au procès-verbal".

La condamnation emportait la confiscation des biens au profit de la République ; le Conseil envoya des commissaires pour saisir les sommes considérables en or et son argenterie que la Biffardière avait cachées à la Rocardière.

Fleur-De-Lis on Apple

Son frère, DANIEL-FRANÇOIS DE LA DOUËSPE, écuyer, sieur du Fougerais, l'Herbergement-Ydreau, a été baptisé au Boupère, le 28 mars 1731, veuf d'une riche protestante bordelaise, Julie-Marie NAIRAC de Boz, qu'il avait épousée le 26 janvier 1766 à Amsterdam, était revenu millionnaire des îles. Assez libéral, il avait prêté son château de L'Oie, le 19 février 1791, pour la première séance de la "société ambulante des amis de la Constitution". En mars 1793, il livre ce château aux armées royalistes qu'il suit dans les campagnes d'outre-Loire.

 

François-Daniel z

 

Arrêté le 2 janvier 1794 près d'Ancenis, il est exécuté comme blanc à Angers le 6 janvier (17 nivôse an II). La Commission militaire de l'armée de l'Ouest l'avait jugé coupable d'avoir eu des intelligences avec les insurgés de la Vendée et d'avoir été lié d'une étroite amitié avec leurs chefs.

Daniel-François avait eu trois enfants :

- Auguste, décédé à Néris le 3 juillet 1830 ; avait épousé Julie Veytard, dont Fernand et Gustave, morts jeunes ;

- N. mariée à M. Bonaffé.

- Benjamin-François, né à Bordeaux le 19 décembre 1766, député de la Vendée en 1811, membre du Conseil des manufactures, directeur de la Caisse d'amortissement, officier de la Légion d'honneur, décédé à Paris, le 2 septembre 1821 ; fut créé chevalier de l'Empire par lettres patentes du 3 juillet 1813, puis reçut le titre héréditaire de baron par lettres patentes du 16 juin 1818 et obtint en même temps le règlement de ses armoiries. Marié vers 1790 avec Louise-Jeanne Veytard, décédée à Paris, le 13 mars 1851, dont il eut :

Edouard-François, baron de la Douespe du Fougerais, né à Yerres (Seine-et-Oise) le 14 décembre 1793, sous-préfet à Nantes et à Vitré (1816-25), puis à Mayenne jusqu'en 1830, chevalier de la Légion  d'honneur, décédé à la Rançonnerie, à Vitré, le 14 décembre 1871 ; il avait épousé Marie Desprès, décédée le 2 mars 1833, puis le 4 septembre 1841, avec Blandine de Girard de Châteauneuf, dont une fille, Louise, du premier lit, décédée sans alliance ; deux fils, Émile-Marie-Joseph, jésuite, décédé à Bourges, le 24 janvier 1893 et Henri-Marie-Alfred, prélat romain, camérier de S.S. Léon XIII, chanoine honoraire de Rennes et de Luçon, fut d'abord oratorien, puis devint directeur général de la Sainte-Enfance, en 1879, il est décédé à Paris, le 8 janvier 1886 ; Marie, qui épousa le 25 août 1852 Henri de Sallier-Dupin, chevalier de la Légion d'honneur, conseiller général d'Ille-et-Vilaine  ; et du second lit, Elisa, sans alliance

Alfred-Xavierné en 1804, avocat, écrivain distingué, fut, après 1830, l'un des principaux rédacteurs du journal légitimiste La Mode. Nommé député de la Vendée le 13 mai 1849, il fut un des membres influents de la droite jusqu'au coup d'État du 2 décembre 1851. Il est mort au Mans, le 23 août 1874, sans postérité de Octavie Laillault de Wacquant, décédée à la Lortière le 22 août 1891 ;

Emmeline, mariée à Félix Hurel, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées ;

Élisa, religieuse de la Visitation, décédée à Paris, le 21 novembre 1841 ;

Marie-Pauline, religieuse de la Visitation, a composé des cantiques publiés  en 1849 sous le titre de "Gloire à Marie" ; elle est décédée à Paris le 19 août 1861 ;

Léon, baron du Fougerais, chevalier de la Légion d'honneur, fut receveur des contributions directes à Nantes, décédé le 8 mars 1884, marié avec Marie-Antoinette Petit, décédée à Nantes, le 23 mars 1884, dont Emmeline, religieuse de la Visitation, soeur Marie-Pauline et Marie-Julie-Augustine-Louise,  mariée le 2 juillet 1861 avec Henri Arnault de Guéniveau , substitut à Jonzac,  décédée à Saintes le 4 novembre 1865 ;

Alphonse, décédé jeune à Sainte-Florence.

 

Acte du soixante-dix-huitième Congrès national des sociétés savantes, Toulouse, 1953-1954

Société d'émulation de la Vendée - Annuaire départemental - 1854 - première année - Napoléon 1855

Dictionnaire des familles anciennes ou notables ... par Chaix d'Est-Ange - 1915

Archives Nationales - Base Leonore - LH/1430/69

Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou - Tome troisième - 1905

AD85 - Registres paroissiaux du Boupère