Chapelle monolithe Saint-Michel de Fontanges
Creusée à même le rocher avec de petites charges de dynamite
Inaugurée en 1901
Vierge érigée en 1876.

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Fontanges était, avant 1789, de la Haute-Auvergne, du diocèse de Clermont de l'élection et de la subdélégation de Mauriac. Régi par le droit coutumier, il était le siège d'une justice seigneuriale ressortissant à la sénéchaussée d'Auvergne, en appel du bailliage de Salers. Son église, dédiée à saint Vincent, diacre, était un prieuré-cure qui fut uni, en vertu d'une bulle de 1431, à la communauté des prêtres du lieu. Elle a été érigée en succursale par décret du 28 août 1808.

Dès une époque reculée, Fontanges comportait un puissant château féodal qui donna son nom à l'une des plus nobles maisons d'Auvergne. Son blason porte "de gueules, au chef d'or chargé de trois fleurs de lys d'azur". On pense que cette construction militaire couronnait le rocher Saint-Michel, ou du moins s'y appuyait pour barrer la vallée.

 

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Le rocher Saint-Michel dresse sa masse volcanique sombre et grumeleuse à peu de distance de la ville. Il est mentionné dès 1279 dans les archives du château de Branzac. Une chapelle en couronnait le sommet. On y honorait côte à côte la Vierge et saint Michel, selon un usage fréquent qu'on retrouve au Puy-en-Velay. Quand apparut au XVe siècle la dévotion à Notre-Dame de Pitié c'est sous ce vocable que la Vierge fut honorée. On la représentait assise, tenant sur ses genoux le cadavre défiguré de son Fils. Parmi les nombreuses fondations faites en son honneur quelques-unes sont parvenues jusqu'à nous.

Par testament du 27 octobre 1451, un enfant de la paroisse, Jean Labrunie, curé de Montgiscard au diocèse de Toulouse, donne "à la chapelle de Notre-Dame de Pitié du rocher Saint-Michel 10 écus, à charge d'une messe par an."

Le 22 juin 1551, Jacques de Sarta, prêtre de Fontanges, fonde "une messe à l'autel de la chapelle de Notre-Dame de Pitié en la chapelle de Saint-Michel au taux de 30 livres par an".

Après les guerres protestantes, ce sanctuaire tombait en ruines. Il fut réparé en 1710. La confrérie Saint-Michel y avait son siège. En 1742, messire Gabriel Salvaige de Lamargé, docteur en théologie, qui gouverna la paroisse pendant 40 ans, obtint des indulgences pour la chapelle. Dans le rapport de Mgr de Bonal, évêque de Clermont, qui visita Fontanges en 1779, elle n'est pas mentionnée, ce qui laisserait entendre qu'à cette époque elle était désaffectée. La Révolution en fit une ruine. Démolie en 1889, les matériaux servirent à la construction du pont sur l'Aspre.

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Mais le rocher est un haut lieu que les fidèles n'entendent pas abandonner. En 1875, à la suite d'une mission, la paroisse décide d'y ériger une statue en bronze de l'Immaculée Conception. Elle mesure 4 mètres de hauteur. Monseigneur de Pompignac la bénit en 1876.

 

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Le jubilé de 1896 suscita une initiative audacieuse. Grâce aux largesses testamentaires d'Abel de La Farge et au concours de toute la population, le pic et l'explosif entreprirent de dégager, à l'intérieur même du rocher, une chapelle en forme de croix grecque. Ce sanctuaire monolithe ne mesure pas moins de 15 m. de longueur, 11 m. 50 de large et 8 m., de hauteur au dôme central. La porte en fer forgé de l'entrée s'encadre d'archivoltes et de colonnettes. Les familles de Fontanges, de Lamargé, de La Farge, sont présentes par leurs blasons. Le maître-autel en pierre de Volvic porte les armes des Fontanges, Pesteils, Beauclair, anciens seigneurs du lieu.

 

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Ce curieux sanctuaire fût inauguré le 29 septembre 1901, sous le pontificat de Monseigneur Lamouroux, évêque de Saint-Flour, en l'honneur de la Vierge et de Saint-Michel. L'autel de la Vierge fût béni en 1904.

Issu d’une famille d’artisans menuisiers, Jean Ribes (3 janvier 1849 - 1919) a orné une quinzaine d’églises dans la région de Mauriac, réalisant meubles et sculptures diverses sur bois comme sur pierre. Né à Fontanges, il est l'auteur, entre autres, des sculptures du porche de l'église de Salers et de l'étonnante chapelle monolithe de Fontanges. Il développa un bestiaire fabuleux inspiré de l'art roman avec de nombreuses références locales.

Le 15 août 2001 fût célébré le centenaire de la chapelle : journée festive et priante se clôturant par un son et lumière qui retraçait les étapes marquantes de l'histoire de Fontanges jusqu'à la réalisation de ce lieu de culte à la fois insolite, paisible et propice au recueillement.

La fête de saint Michel a lieu le dernier dimanche de septembre, où de nombreux fidèles affirment traditionnellement leur dévotion à Notre-Dame et à l'archange.

 

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Le 21 février 1731, par l'imprudence d'une femme qui peignait du chanvre, avec une chaufferette sous les pieds, un violent incendie dévora la "ville de Fontanges". Portées par le vent, les flammèches embrasèrent tour à tour les toits de chaume. Une quarantaine de maisons furent détruites. L'église elle-même fut touchée. On remarque en effet dans le clocher des poutres qui n'ont pas été seulement noircies mais mordues par le feu.

 

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Les gloires séculaires de la famille de Fontanges ne sont connues que des érudits. Mais Marie-Angélique de Scorailles, née en 1661 au château de Cropière, sur la paroisse de Raulhac, a conquis une célébrité durable par un destin exceptionnel. Elle n'avait que dix-sept ans lorsqu'elle parut à la Cour en qualité de dame d'honneur de Madame, épouse de Monsieur, frère du roi. Louis XIV fut séduit par la candeur et l'éclatante beauté de Marie-Angélique. Quand elle lui eut donné un fils, il la para du titre de duchesse de Fontanges. Touchée par l'épuisement, elle dut se retirer à l'abbaye de Port-Royal où elle mourut en 1681, à l'âge de 20 ans.

 

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Fontanges en Haute-Auvergne - Abel Beaufrère, Conservateur des Antiquités et Objets d'Arts du Cantal - 2013

AD15 - Registres paroissiaux de Fontanges

 

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