Montfaucon église St Jacques z

Montfaucon-sur-Moine - église Saint-Jacques - AD49 - Collection Célestin Port

 

En juin 1792, Claude-Germain Sonnet, nommé suite à la démission de l'abbé Chauveau, prend possession de la cure de Montfaucon. Le 4 de ce même mois, il prête serment. Plus tard, en novembre 1793, il renonce à ses fonctions sacerdotales.

Le Dictionnaire Historique de Célestin Port (AD49) rapporte que "l'abbé Chauveau, curé de Saint-Jacques, fut tué en février 1794, au Pont-de-Moine et jeté dans la rivière" ; et concernant notre personnage, il est dit  qu' "en 1792, le curé constitutionnel est Claude-Germain Sonnet. Il ne resta pas longtemps. Quoique signalé comme "républicain" (5 L 34), il ne renonça pas à la prêtrise et ne se maria pas (Note de M. Maupilier)." 

Les documents transcrits ci-dessous nous révèlent plus clairement les opinions de Claude-Germain Sonnet. 

 

District de Cholet, canton de Montfaucon, municipalité de Montfaucon.

Procès-verbal de prise de possession de M. le curé de Montfaucon.

Aujourd'hui dimanche, quatre juin mil sept cent quatre-vingt douze, à dix heures du matin.

Nous, maire, officiers municipaux et notables de la paroisse de Montfaucon, prévenus par M. SONNET, prêtre, nommé à la cure de cette paroisse, vacante par la démission de M. Chauveau, ci-devant curé et dernier titulaire de la susdite paroisse [Saint-Jacques], par le refus qu'il a fait de prêter le serment requis par le décret du 27 novembre dernier, sanctionné par sa majesté, ainsi qu'il résulte du procès-verbal de l'élection dudit sieur Sonnet, en date du 25 mars, que ledit sieur était dans l'intention de prendre possession de la susdite cure et d'y faire les fonctions pastorales, pourquoi il nous aurait requis de nous réunir ce jour, heure de grande messe dans l'église paroissiale de ce lieu, à l'effet de recevoir son serment tel qu'il est prescrit par l'article 38 du décret du 13 juillet, et le mettre en possession de ladite cure, conformément à l'article 39 du même décret :

Nous sommes réunis dans l'église paroissiale au devant de l'autel, où étant en présence du peuple et du clergé assemblés dans ladite église pour assister à la célébration de la grand'messe, avons donné lecture à haute voix du procès-verbal de l'élection et de la proclamation dudit sieur SONNET dudit jour 25 mars 1791, ensemble de ses lettres d'institution et visa qui lui ont été accordées par M. l'évêque du département, le vingt-quatrième jour du mois de mai, lesquels actes seront inscrits au long, à la fin du procès-verbal, ensuite nous avons reçu dudit sieur SONNET son serment solennel par lequel ledit sieur SONNET, la main levée, a prononcé et juré hautement "de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui lui est confiée, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le roi.

Le serment ainsi prononcé d'une manière claire et intelligible, la messe paroissiale célébrée par ledit sieur SONNET, nous en avons rédigé le présent procès-verbal, pour lui servir d'acte de prise de possession, conformément au susdit article 39 du décret sur la constitution civile du clergé.

Fait et arrêté le présent procès-verbal sur le registre de notre municipalité, lesdits jour et an que dessus, sur l'heure de dix du matin, et a ledit sieur curé, signé avec nous.

Claude-Germain SONNET, curé de Montfaucon ; DUPOUET, maire ; Pierre MERAND ; GAUTRET, procureur de la commune ; MICHELET, secrétaire.

 

Le 25 octobre 1792 - Le citoyen Sonnet, curé de Montfaucon, departement de Maine-et-Loire, envoie, pour les veuves des citoyens morts le 10 aout, 20 livres en assignats. 

 

Le citoyen Sonnet, curé de Montfaucon, renonce à ses fonctions sacerdotales :

 

CONVENTION NATIONALE 13 NOV 1793 Z

 

Le citoyen Sonnet, curé de Montfaucon, district de Chollet, prononce à la barre un discours brûlant de patriotisme, qu'il termine par le dépôt de ses patentes sacerdotales.

La Convention écoute avec intérêt le récit des angoisses de ce bon citoyen sous les poignards des brigands, et des mouvements inutiles qu'il se donna pour étouffer leur rébellion dès sa naissance ; elle décrète la mention honorable de sa profession de foi civique et l'insertion au "Bulletin".

Suit le discours prononcé à la barre par le citoyen Sonnet :

Citoyens législateurs,

C'est avec la franchise d'un vrai républicain, c'est avec cette sécurité d'âme qui m'a toujours guidé dans toutes mes actions que je me présente devant vous, je viens aujourd'hui obéir à la voix de ma conscience.

Je suis prêtre, curé de la ville de Montfaucon, district de Cholet, département de Maine-et-Loire ; je puis, citoyens représentants du peuple, vanter en ce moment sans orgueil mon zèle et mon ardent patriotisme ; j'étais dans le foyer de la contre-révolution, pas un seul instant, jour et nuit, où ma vie ne fût en péril ; entouré de plus de dix mille fanatiques, je devais mille fois périr. Je criais de toutes mes forces aux autorités que tout était perdu, que la rage des fanatiques était à son comble, que ces malheureuses contrées allaient devenir le théâtre du sang et du carnage, on se moquait de moi, on me répondait que j'avais l'imagination exaltée, et, tout à coup, l'abîme s'est ouvert. Dans ces pays affreux les prêtres constitutionnels ont été, les uns égorgés, les autres mutilés, d'autres enfin n'ont trouvé leur salut que dans la fuite.

Voilà, citoyens législateurs, la mission de ces hommes-prêtres qui ont toujours prêché la soumission à vos lois et qui se sont portés avec courage dans ces contrées épouvantables, voilà la mienne. Que les ennemis de la chose publique, que les aristocrates, que les fanatiques ne triomphent point de notre retraite, nous ne les avons encore battus que par paroles, mais s'il le faut, je suis prêt à verser tout mon sang pour écraser les ennemis du peuple.

Voici ma profession de foi :

Je déclare solennellement que j'adore la liberté, l'égalité, je crois que la religion d'un homme honnête, d'un bon républicain, repose essentiellement dans le culte de la vertu, dans la soumission aux lois de son gouvernement, dans l'amour de ses semblables ; je crois que la véritable sagesse se trouve dans la pratique de la morale sacrée de la déclaration des droits de l'homme : "ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'il te soit fait". Je crois que les rois sont aussi nuisibles et aussi contraires au bien et aux intérêts des peuples que les prêtres ; je crois que les prêtres ne peuvent se régénérer dans la société qu'en quittant le célibat ; je crois que tout individu qui fuit le mariage est un égoïste, est l'ennemi et des moeurs et de sa patrie ; je crois que la société ne peut, et ne doit ni reconnaître, ni protéger un être semblable.

Vive la République !

Je dépose sur le bureau mes lettres de bachelier, de prêtrise et je donne la démission de ma cure.

SONNET.

 

Archives parlementaires - Convention nationale - 23 brumaire an II - 13 novembre 1793.