Les journaux français nous fournissent un exemple remarquable de la fidélité avec laquelle les gradations dramatiques de l'histoire, même les plus rapides, se reproduisent dans les nouvelles.

Napoléon Ier z

Lorsque Napoléon Ier eut quitté l'Île d'Elbe en mai 1815, on put lire successivement, pendant les dix jours de son voyage, les rapports suivants dans la presse française :

1 - "L'égorgeur d'hommes est sorti de sa tanière" ;

2 - "Le Corse sanguinaire vient de débarquer au cap Juan" ;

3 - "Le tigre est arrivé à Gap" ;

4 - "Le fou enragé a passé la nuit à Grenoble" ;

5 - "Le tyran a traversé Lyon" ;

6 - "L'usurpateur a été vu à trente milles de la capitale" ;

7 - "Bonaparte s'avance à marches forcées, mais n'atteindra jamais Paris" ;

8 - "Napoléon sera demain devant nos murs" ;

9 - "Sa Majesté Impériale et Royale a fait hier son entrée en son palais des Tuileries, entouré de ses fidèles sujets".

Le Petit Lorrain - 25 janvier 1891.