Mortagne

 

Fils de René-Joseph Morna, chirurgien, et de Jeanne-Victoire Chesneau, René-Claude est né à Mortagne-sur-Sèvre, le 20 janvier 1763.

 

René-Claude Cerizay vicaire z

 

- Vicaire à Cerizay en 1787 ; - curé constitutionnel à Saint-Hilaire-de-Mortagne, 1791 ; - selon ses dires dans la lettre qu'il écrivit en 1802 (voir ci-dessous), il aurait été fait prisonnier par les Vendéens, puis on ne sait comment il se sortit de cette affaire, mais toujours est-il qu'ensuite, il fut, pendant plusieurs années, greffier du juge de paix de Mortagne ; - vicaire à Mortagne-sur-Sèvre, janvier 1804 puis curé de cette même paroisse, le 31 décembre 1808 ; - curé de Saint-Sauveur de Nuaillé (Charente Maritime) en 1819.

René-Claude Morna est décédé à Saint-Sauveur de Nuaillé (Saint-Sauveur-d'Aunis), le 13 mai 1837, à l'âge de 74 ans.

 

René-Claude Cerizay décès z

 

La lettre qu'il écrivit au Préfet, en l'an X (1802), nous révèle quelques détails sur ses actes pendant la révolution et sa profonde admiration pour le Premier Consul.

Lettre adressée au Préfet :

Mortagne, 18 prairial an X (7 juin 1802)

J'ai l'honneur, citoyen préfet de vous mettre sous les yeux ma position actuelle pour que secondant mes désirs, vous veuilliez par votre médiation m'aider à en sortir.

Vicaire au moment de la révolution dans la commune de Cerizay, département des Deux-Sèvres, et par suite du refus du curé appellé à le remplacer par le corps électoral, j'exerçai en qualité de curé jusqu'à l'époque de la guerre civile. Je dus dans ces jours de désastre qui me firent tomber entre les mains de mes ennemis, prendre conseil de la force des évènemens et de ma propre sûreté, je ne vis qu'un moyen ... une prompte démission de ma cure ... J'en écrivit l'acte avec d'autant plus de répugnance que je voyais avec une douleur extrême que les changemens apportés dans l'ordre de la collation, était au moins le prétexte de l'orage qui menaçait mon pays et que déjà j'avais pressenti, que ma délicatesse ne serait pas long-tems à l'épreuve des malheurs dérivés de ces nouvelles institutions religieuses. J'ignore si [je] dois à une mesure dictée par ce double motif le bonheur de m'être soustrait à tant de périls ou si une main protectrice m'a conduit par un fil imperceptible au port où je couche à présent toujours est-il incertain que je n'ai point été tenté de protester contre ma démission ou d'accepter ailleurs les fonctions qui m'ont été offertes. Je m'étais promis alors de ne jamais exercer pendant la durée du schisme et je m'en félicite aujourd'hui avec d'autant plus de raison que j'entrevois la possibilité de me rattacher à l'arbre de mes désirs sous les heureux auspices de mes administrateurs civils et spirituels. Depuis long-tems la religion catholique que son culte interrompu nous montrait éteinte ou obscurcie parce que sa gloire concentrée en elle-même, trouvait les autels dans le coeur des Fidèles, vient de sortir brillante de cette lutte de douze années et rasseois à jamais son culte extérieur sur le sol privilégié de la république. Heureux moment amené par la sagesse et la bienfaisance ! tu brilleras dans les annales de ma patrie comme une pierre précieuse au milieu de l'obscurité.

Ce n'était pas assez d'avoir subjuguée l'europe étonnée, rendu à la France intérieurement déchirée la suprématie du rang que lui assignent ses brillantes destinées ; le héros immortel qui tenant d'une main ferme les rênes du gouvernement, réfléchit sur chacune de ses parties la gloire dont il est environné, n'eut pas joui du sentiment ... (illisible) qu'elle doit lui inspirer, s'il n'eut employé au profit de l'unité de l'église catholique la grande mesure de confiance que tant de valeur et de sagesse lui ont si justement acquise. Si la gloire humaine connaît des bornes, c'est ici son complément. Cependant à dieu ne plaise que le génie tutélaire de la France, pour avoir épuisées toutes les sources de gloire prétende avoir terminé son ouvrage et rempli la tâche qu'il s'était imposée. Non, non, il ne jettera pas de nouveaux nuages sur un atmosphère aussi pur et aussi lumineux. Le peuple français tient trop à l'arche qui l'a sauvé du naufrage pour ne pas la retenir attachée au rivage, il va lui imposer une tâche nouvelle et lui consacrer de nouveaux droits à sa reconnaissance. En effet peut-il être un Français qui s'il n'est en ... (illisible) de l'ennemi déclaré de l'ordre, ne s'empresse de concourir spontanément au voeu de reconnaissance provoquée par les Consuls envers l'auguste chef de la république dont ils réclament un dernier sacrifice ? Premier Consul, il fut le fondateur de la république, s'écrie-t-on de toute part, premier Consul, il en sera le conservateur. Que deviendrait le monde si l'habile ouvrier qui en conçut le dessein magnifique calcula ses rapports et en constitua la belle harmonie, oubliait un instant son ouvrage, je le vois déjà se perdre dans l'obscurité du cahos ! Continuez donc, o libérateur des Français, à tenir le gouvernail du vaisseau qui flotte avec tant de majesté, et fier de la main savante qui le dirige, il saura défier le courroux de Neptune et ses tempêtes. ... ... (2 mots illisibles) C'est le voeu de tous les Français qui vous appellent par acclamation ; c'est aussi mon désir particulier et le plus cher à mon coeur.

Souverain des êtres qui veille sur la destinée des empires et le sers quelquefois de la mains des hommes, pour faire éclater la sagesse et la puissance, conserves à la France le héros que tu as daigné choisir pour en assurer la prospérité, soit que ses jours prétieux soient mesurés sur le bien qu'il a fait ! et les destins de sa patrie demeureront irrévocablement fixés, tel est le second voeu que dans la sincérité de mon âme je me plais à former pour elle.

Pardon citoyen Préfet, si je suis trop diffus, mais quand je parle de ce grand homme, l'enthousiasme m'emporte et je transmets mes idées au risque d'ennuyer. Mais je lis d'avance mon excuse dans l'amour que vous lui portez.

J'ignore de quel diocèse je me trouve ; je pense que l'activité d'exercice où je me suis trouvé au commencement de la révolution dans le département des Deux-Sèvres, doit céder à cinq années de domicile dans votre département. Je le désire dans mon particulier, et vous prie de me donner la solution et dans l'hypothèse qu'elle soit favorable à mes désirs, j'invoque votre protection auprès de M. Lorri, nommé évêque de votre département, je n'ai pour cela à vous offrir d'autre titre que celui de votre administré le plus soumis et le plus respectueux.

J'ai l'honneur d'être avec l'estime et la considération la plus distinguée,

Votre serviteur très humble.

MORNA

P.S. Par arrêté des Consuls, les prêtres qui jusqu'à ce moment n'ont point touché de pensions vont être admis à le faire liquider pour l'arriéré. Serais-je d'une pire condition qu'eux, je n'ai pu jusqu'à ce jour parvenir au payement des mandats que vous m'avez transmis pour l'arriéré. Je désirerais savoir si je dois aussi compter sur le payement de ce qui m'est du pour l'an 7 et 8 en ma qualité de greffier du juge de paix. Je n'en ai pas ouï parler depuis votre passage à Mortagne.

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J'adresse tous mes remerciements à mon ami, Nicolas Delahaye, administrateur du blog Vendéens et Chouans, pour avoir bien voulu éditer l'arbre généalogique ci-dessus.


AD85 - 2 Num 110/32-14 - Macé-Tharreau - vues 3 et 4

AD85 - Registres paroissiaux de Mortagne-sur-Sèvre

AD17 - Registres d'état-civil de Saint-Sauveur-d'Aunis