Angers z

La rue Cordelle fut la demeure d'un de ces hommes dont le nom fait frémir d'horreur ; nous voulons parler d'un des membres de la commission militaire de 1793, l'un des pourvoyeurs de l'échafaud et du champ des Martyrs : il s'appelait Hudoux, et exerçait la profession de marchand de papiers peints (sa maison a été démolie).

Lorsqu'il mourut, ses héritiers firent la vente de son mobilier, et, entre autres choses rappelant l'époque révolutionnaire, se trouva une miniature du terrible proconsul de Nantes au bas de laquelle on lit : Carrier à son ami Hudoux. Les membres du tribunal dont faisait partie Hudoux, étaient coiffés d'un chapeau à cornes en toile cirée, surmonté d'un panache aux trois couleurs et orné d'une cocarde, autour de laquelle on lisait : pacte fédératif de 1791 ; puis ils portaient au cou une croix en émail sur laquelle étaient gravés ces mots : Commission militaire.

Pendant la terreur, plusieurs familles de proscrits furent cachées dans des maisons de la rue Cordelle : le voisinage de la boutique d'Hudoux était une sauvegarde, personne ne se serait avisé de croire qu'aussi près de chez un patriote redouté, on se fut permis de donner asile à des contre-révolutionnaires ; Hudoux répondait de la moralité de son quartier au Comité, et sa parole était plus que suffisante pour arrêter toute perquisition ...

HUDOUX BAPTEME z

Né à Angers, paroisse Saint-Maurille, le 18 septembre 1769 du légitime mariage de Jean Hudoux, marchand, et de Françoise Chicotteau, Jacques Hudoux n'avait guère que vingt ans quand survint la Révolution. Son jeune âge ne l'empêcha pas de devenir membre de la Commission militaire de Nantes et du Comité révolutionnaire d'Angers. Il se distingua dans ces fonctions par une férocité inouïe. Petit et d'aspect chétif, il présidait aux exécutions de la Commission militaire, chargé d'un grand sabre qu'il portait avec peine ou qu'il laissait traîner bruyamment. 

Quand, après la Terreur, il sortait dans les rues, les enfants se sauvaient de peur en criant : "C'est celui-là qui envoyait les gens à la guillotine". Quelquefois ils se groupaient en bande, au sortir de l'école de la cour des Cordeliers, et venaient, devant sa boutique, l'injurier et lui jeter des pierres ... Hudoux, perdu d'honneur, poursuivi de haine et de mépris, ne sortait plus de son obscure rue Cordelle que la nuit, et fut inhumé de nuit le 9 août 1839.

 

HUDOUX

 

 

Bulletin historique et monumental de l'Anjou - 1869

Correspondance et papiers de Benaben - 1886

Revue de la Révolution - janvier 1883

AD49 - Registres paroissiaux et d'état-civil d'Angers