CHAMBRAY portrait z

 

Fils du marquis Louis de Chambray, et de Madelène de Bernard de Marigny, - née de Charles de Bernard, et de Scolastique de Villiers,  JACQUES, Vicomte de Chambray, né le 21 août 1754 à Chambray.

 

GOUVILLE CHATEAU Z

Arrivé le 2 octobre 1770, à Malte, pour ses caravanes, il avait fait six campagnes de mer. Il suivait la carrière où venait de jeter un si extraordinaire éclat son oncle et parrain, le redoutable Bailly de Malte de Chambray, dit Le Rouge de Malte, commandant les flottes de la religion, vainqueur des Turcs et des Barbaresques dont il avait écrasé la marine dans une suite de terribles combats, et fondateur dans l'île et annexe Maltaise de Gozzo, de la ville et de la forteresse de Chambray.

Jacques de Chambray ne songeait guère à se marier, mais le nom de sa maison menaçant de s'éteindre, par suite de mariages inféconds, Louis, marquis de Chambray, son père, le rappela pour le faire changer d'état. Ce ne fut point sans en demander la permission à son Altesse Éminentissime le grand-maître, qui lui posa les conditions d'alliance exigées pour obtenir de rester attaché à l'Ordre par les titres et insignes.

De retour en France, le vicomte Jacques de Chambray prit du service dans la cavalerie, s'éleva au grade de colonel en quelques années, et, "conformément aux intentions de son père, dont les deux fils mariés n'avaient point d'enfants mâles, il se décida à se marier. Il fut sur le point d'épouser une demoiselle de Th....r, qui avait beaucoup de fortune, mais son frère aîné lui ayant proposé Antonine Gougenot des Mousseaux, il l'épousa le 2 mars 1780, monta dans les carosses du roi, et chassa avec ce monarque."

ANTONINE, que JACQUES DE CHAMBRAY venait de préférer à un parti plus riche, était "fille de défunt Pierre Gougenot des Mousseaux, écuyer, seigneur de l'île, de Mallerais, etc., etc., conseiller secrétaire du conseil de Son Altesse S. Mgr. le prince de Condé, et dont le père était membre du conseil de tutelle de Mgr le prince de Condé, sous M. le comte de Charollais, oncle du jeune prince, et madame la duchesse de Bourbon, sa mère. Ses ancêtres s'étaient attachés en grande partie soit aux parlements, soit aux princes du sang royal, soit à la personne des rois, dans la maison desquels ils comptent plusieurs maîtres d'hôtel, plusieurs gentilshommes ordinaires, etc.

"Elle était petite, point jolie, mais d'une physionomie spirituelle. Elle se fit remarquer dans la révolution par un courage, un jugement et une activité admirables. Elle subit à deux reprises quinze mois de captivité sous le régime de la terreur, et, comme tant d'autres, eut péri sans la mort de Robespierre. Il est difficile de prévoir ce que fussent alors devenus ses enfants".

En effet, Jacques de Chambray, son mari , venait de faire la campagne des princes. Peu de temps après, M. le comte de Puisaye, mari de mademoiselle de Ménille, sa nièce, lui ayant offert sans succès le grade de maréchal de camp, il fut contraint d'accepter celui de major-général de l'expédition de Quiberon ..., sur laquelle ses mémoires contiennent des documents dignes de l'histoire ...

Après cette désastreuse expédition, le vicomte de Chambray fut nommé commandant de l'île d'Houat, située à trois quarts de lieue de la côte ; il revint en Angleterre, où il fut fait chevalier de Saint-Louis le 30 septembre 1795, et d'où il repartit en novembre suivant, pour aller faire la guerre en Normandie ; il y fut nommé président du conseil de l'armée royaliste que commandait M. de Frotté ; en 1796, il fut amnistié ainsi que tous les royalistes de cette province : mais, arrêté à Rouen, le 18 septembre 1796, peu de temps après, et son procès ayant été instruit, on le conduisait à Caen pour le confronter avec un chef de royalistes et le fusiller ensuite ...

Ce fut alors que, sans perdre un instant son courage, ANTONINE DES MOUSSEAUX, sa femme, organisa cette embuscade de dix hommes résolus que commandait M. de Mauduit, et par laquelle il fut délivré, au signal qu'il devait donner lui-même. Ce fut au moment où la voiture, meublée de gendarmes, qui le transportait, avait atteint dans la forêt des Moulineaux, à quatre lieues de Rouen, les ruines du château de Robert-le-Diable. Après avoir erré pendant quelques mois en Normandie, il repassa en Angleterre sur un bâtiment neutre et caché dans un ballot de graine de luzerne. Il devait être aide-major-général d'une expédition projetée et qui n'eut pas lieu. Il revint en France 1802 et fut amnistié. Le roi l'a nommé maréchal de camp.

GOUVILLE Z

 

Jacques de Chambray, maréchal de camp, chevalier de Saint-Louis et chevalier honoraire de Malte, est mort au château de Chambray, commune de Gouville, le 13 août 1836.

Il fut maire de Gouville depuis le 10 ventôse an XII (1er mars 1804) jusqu'à sa mort.

 

 

Chambray décès z

 

 

Chambray signature z

 

Il avait donc épousé Antonine Gougenot des Mousseaux, le 1er mars 1780.. De ce mariage, sont nés :

Georges, marquis de CHAMBRAY, né à Paris, le 23 octobre 1783. Il a fait la guerre en Allemagne, eu Pologne et en Russie, et fut lieutenant-colonel d'artillerie et membre de la légion d'honneur : Chevalier, le 7 mai 1811 puis Officier, le 25 avril 1821 ; marié au château de Chambray, le 21 novembre 1826 avec Edmée-Hermine de Saint-Phalle, au château de Chambray, le 21 novembre 1826 ; décédé le 7 avril 1848.

Angélique-Sophie, née le 12 octobre 1784, à la Bellière (Orne)qui a épouse M. Henri des Rotours

Edouard, comte de, né le 16 septembre 1786, à la Bellière (Orne). Il a fait la guerre en Allemagne , en Pologne et en Espagne, où il eut le bras droit emporté à la bataille de Talaveira; sous-préfet à Alençon et membre de la légion d'honneur : Chevalier le 24 avril 1810 ; décédé le 4 février 1850.

Adèlaïde, née le 22 septembre 1788, à la Bellière (Orne) qui a épousé M. le comte de l'Espinasse Branche de CHAMBRAY, seigneurs de Ponssay, en Vendomois

Jacques et Antonine divorçaient le 16 frimaire de l'an 2 - 6 décembre 1793 à Argentan (Orne).

Antonine Gougenot des Mousseaux est décédée à Paris, le 17 janvier 1802.

 

Chambray Antonine signature

 

 

Essai généalogique sur la maison de Saint-Phalle - par Gougenot des Mousseaux - 1860

Bulletin de l'Académie ébroïcienne - 1836

AD27 - Registres d'état-civil de Gouville.

Nobiliaire universel de France - Volume 3 - Partie 1 - 1873