UNE HABITATION MAGIQUE EN TOURAINE

ST Gervais la Forêt Le prieuré z


On montrait naguère, en Touraine, au village de Saint-Gervais-la-Forêt, de l'autre côté du pont de Blois, un petit domaine appartenant à Robert-Houdin et que son propriétaire avait machiné comme un théâtre de féérie.

Aucune main visible ne vous en ouvrait la porte. A peine le visiteur avait-il soulevé le marteau qu'un panneau mobile découvrait le mot : "Entrez". Les battants s'effaçaient et l'on se trouvait à l'entrée d'une avenue où, de chaque arbre, sortaient des mains indicatrices. Au premier carrefour, le sol frémissait sous vos pieds, et l'on se voyait transporté en une mystérieuse ascension jusque dans le salon du premier étage, où le maître de la maison vous accueillait le sourire aux lèvres.

Si la promenade vous avait creusé l'appétit, un signe de Robert-Houdin faisait sortir du parquet le buffet de la salle à manger, et si l'on souhaitait se rafraîchir, le salon tout entier descendait brusquement dans les caves.

Chaque pas franchi dans la maison multipliait les surprises, un geste de magicien ouvrant des trappes sous les fauteuils ou transformant les tables de nuit en jardinières. Le plus curieux, c'était la salle à manger du rez-de-chaussée. Quand on y dînait, le soir, le maître de la maison s'amusait à l'enfoncer sans secousses dans une espèce de labyrinthe souterrain, où l'on vous abandonnait à la sortie pour vous permettre de savourer, après un excellent repas, les affres d'une inhumation prématurée. Et, quand enfin Robert-Houdin daignait venir à votre secours, vous vous retrouviez sur le toit de la maison avec une échelle de corde à vos pieds.

Le Chercheur des Provinces de l'Ouest - 2ème année - n° 2 - Février 1901

 

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Cliquez sur l'image ci-dessus pour en savoir plus sur la maison de Jean-Eugène Robert-Houdin, le Prieuré, notice dont il est l'auteur.

 

Robert-Houdin portrait z


Fils de Prosper Robert, horloger, à Blois, Grande Rue, et de Marie-Catherine Guillon, Jean-Eugène Robert-Houdin est né à Blois, le 16 frimaire de l'an XIV de la République (7 décembre 1805), déclaré le 18.

Robert-Houdin naissance z

Il fut autorisé à ajouter à son nom patronymique celui de Houdin et dès lors, à s'appeler Robert-Houdin, en vertu d'un décret  du 21 février 1852 et d'un jugement du tribunal civil de Première Instance du 31 mai 1855 ...

Il étudia l’horlogerie, l’électricité et la construction d’automates et déposa plusieurs brevets d’inventions. Il découvre l’illusionnisme, il entama alors sa carrière de prestidigitateur. Il ouvrit un théâtre de magie au Palais-Royal, à Paris, où il organisa à partir de 1845 des « Soirées fantastiques » qui connurent un succès immédiat.

La mort de son fils, le capitaine Joseph-Prosper-Eugène Robert-Houdin, né à Paris le 19 juin 1837, tué le 6 août 1870 à la bataille de Reischoffen pendant la guerre de 1870, l'éprouva beaucoup et le conduisit au tombeau le 13 juin 1871.

Robert-Houdin décès z

Veuf en premières noces de Josèphe-Cécile-Églantine Houdin et époux en secondes noces de Françoise-Marguerite-Olympe Braconnier, Jean-Eugène Robert-Houdin est décédé à Saint-Gervais-la-Forêt, le 13 juin 1871, à l'âge de 65 ans, et inhumé à Blois.

Robert-Houdin Blois z

Sa tombe est ornée d'un médaillon signé Dantan que le magicien en personne contemplait de son vivant sur la cheminée de sa salle à manger.

 

Photo cimetière Blois - La Nouvelle République

AD41 - Registres paroissiaux de Blois et d'état-civil de Saint-Gervais-la-Forêt