FRANÇOIS-PIERRE-JOSEPH AMEY, BARON 

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Fils de François-Pierre Ameÿ, chirurgien major au Régiment Suisse de Waldner et de Ursule Collignon, François-Pierre-Joseph est né à Sélestat (Bas-Rhin) et baptisé le 2 octobre 1768 ; il entra comme enfant de troupe, à l'âge de six ans au Régiment de Waldner, puis cadet, le 1er octobre 1783, dans le régiment de Vigier-Suisse. Il obtint un avancement assez rapide. Sous-lieutenant le 18 juin 1788, il fit ses premières armes dans les rues de Nancy, le 31 août 1790, avec le régiment de Châteauvieux.

 

Baptême z

 

Licencié le 7 octobre 1792, il fut fait capitaine de la 1ère compagnie de la légion du Rhin, le 10 du même mois, et immédiatement envoyé à l'armée du Rhin.

Il passa presqu'aussitôt à celle des côtes de La Rochelle, puis à celle de l'Ouest, et servit avec distinction sous Duhoux, Menou, Kléber et Marceau. Il se fit plus particulièrement remarquer à la prise du Mans, où il eut un cheval tué sous lui, 12 décembre 1793. Commandant de la garnison de Mortagne, il combat auprès des colonnes infernales de Turreau.

Nommé adjudant-général chef de brigade le 4 brumaire an II, il devint général de brigade le 8 frimaire suivant, et fut employé aux armées des Alpes et du Rhin depuis l'an III jusqu'en l'an VIII.

Au 18 brumaire, Amey se trouvait à Saint-Cloud, et fut l'un des témoins actifs de l'audacieux coup de main qui fit sortir le Consulat des ruines du Directoire.

Immédiatement après cette journée fameuse, Amey fut attaché à la 17e division, et devint ensuite président du conseil de révision.

ARMES z

 

Le 21 brumaire an X, il s'embarqua avec le général Leclerc pour l'expédition de Saint-Domingue, et, lors de son retour en France, il fut nommé, en l'an XII, membre de la Légion d'Honneur le 19 frimaire, et commandant de l'Ordre le 25 prairial. A cette époque il reçut, dans la 2e division militaire, un commandement qu'il garda jusqu'en 1808.

Créé baron de l'Empire le 19 mars 1808, il reçut, par décret du même jour, deux dotations de 2.000 francs chacune en Wesphalie.

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Ce général ne fut détaché du service de l'intérieur qu'au moment de la guerre d'Espagne, et son nom se rattache au célèbre siège de Gironne, en novembre 1809. Bloqués dans cette ville, les Espagnols manquaient depuis longtemps de munitions et tombaient chaque jour victimes d'une maladie épidémique, lorsque le maréchal Augereau donna l'ordre au général Pino d'enlever le faubourg de la Marine. Cet ordre fut exécuté avec un plein succès le 6 décembre 1809. Cependant les Espagnols ne demandèrent point à capituler, et ne prenant conseil que de leur désespoir, ils firent une sortie générale pour ressaisir leur faubourg. Le général Amey, qui occupait une position au-dessous du Mont-Joui, vint alors prendre l'ennemi en flanc, le jeta dans une complète déroute et enleva les redoutes du Calvaire et du Cabildo.

En 1812, le général Amey fit la campagne de Russie sous les ordres du maréchal Gouvion-Saint-Cyr. La part brillante qu'il prit au combat de Polotsk, dans les journées du 18 et du 19 août, et ses manoeuvres habiles pendant la retraite qu'il fut chargé de couvrir lui valurent une mention honorable dans les bulletins officiels.

Le 19 novembre, il fut promu au grade de général de division.

Le 8 juin 1814, le baron Amey fut nommé, par Louis XVIII, chevalier de Saint-Louis. Il commandait à cette époque la 2e subdivision de la 21e division militaire, sous les ordres du maréchal duc de Tarente.

Le 4 mars 1815, il assista à la réception qui fut faite par le maréchal au duc et à la duchesse d'Angoulême pendant leur séjour à Limoges.

Mais il est à présumer qu'il n'obéit, dans cette occasion, qu'aux exigences de l'étiquette, car à peine l'Empereur arrivait-il à Paris, que le baron Amey s'empressait d'envoyer son adhésion aux évènements qui venaient de s'accomplir. Il est vrai qu'il agit de la même manière lors du second retour de Louis XVIII, et qu'il se hâta de reconnaître ce prince.

Admis à la retraite le 9 septembre 1815, avec une pension de 6.000 francs, il se tint dès-lors éloigné des affaires, et l'on n'entendit plus parler de lui qu'après le mouvement révolutionnaire de 1830.

Du 11 février 1820 au 9 août 1830, il est maire de Sélestat, sa ville natale, il présente les clés de sa ville à Charles X, lors de son voyage en Alsace en 1828 ; il est membre du Conseil d'arrondissement  de 1826 à 1830.

Remis dans le cadre des officiers-généraux comme disponible, par ordonnance du 7 février 1831, il est rentré dans sa position de retraite en 1833.

Il meurt le 16 novembre 1850, à Strasbourg, en son domicile, au numéro 3 de la rue de la Mésange, et aurait été inhumé au cimetière Sainte-Hélène de cette ville.

 

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Décès z

 

Il était veuf en premières noces de Anne-Marguerite-Elisabeth Hontzler, décédée à Paris le 19 mars 1808, et époux en secondes noces de Caroline-Henriette-Charlotte de Polentz, née à Progen (Prusse).

- Son premier mariage eut lieu à Paris, le 10 avril 1800.

Sont issus de ce mariage :Michel-Pierre-Joseph, né le 24 novembre 1797 à Deux-Ponts (Duché Bavarois du Palatinat Rhénan), Officier de cavalerie, secrétaire de la mairie de Sélestat, marié le 23 avril 1823 avec Marie-Anne-Adélaïde Beck, fille d'Antoine Beck, architecte, et de Marie-Anne Wetter (?), née à Sélestat le 30 septembre 1798 ; décédé à Sélestat le 20 juin 1824 - dont Joséphine-Adélaïde-Amélie, née à Sélestat, le 24 janvier 1824 ; 2° Henriette-Joséphine-Elisabeth, le 24 prairial an VII (12 juin 1799) à Paris.

 

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Anne-Marguerite-Élisabeth Hantzler est décédée à Paris le 19 mars 1808.

- Son second mariage eut lieu à Strasbourg, le 21 novembre 1810.

Caroline-Henriette-Charlotte de Polentznée le 6 novembre 1783, fille de Charles-Auguste-Guillaume de Polentz et de Dorothée-Barbe-Frédérique Wilhelmin de Troschké, divorcée de Jean-Auguste Erard de Kannacker, lieutenant d'infanterie au service de Prusse (acte du 8 mars 1803), est décédée à Strasbourg, le 17 mai 1857 (sans postérité).

 

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Évreux (27) [ville natale du général Turreau] : LA CASERNE AMEY


Au XVIIe siècle, période de renouveau religieux, le chanoine Jean Le Jau, pénitencier de la Cathédrale, instruisant un groupe de jeunes filles et de veuves, a pour objectif de créer une communauté féminine destinée à enseigner. En 1622, il obtient du Pape Grégoire XV l'officialisation de cette communauté. Les travaux de construction débutent après les lettres patentes de Louis XIII et une nouvelle bulle du Pape. L'église, dédiée à Saint-Jean-Baptiste, est bénie en 1626.

A la Révolution, comme c'est le cas pour toutes les communautés religieuses d'Évreux, le Couvent des Ursulines devint Bien National, ce qui conduit à l'expulsion des religieuses en 1792.

L'État y loge alors le tribunal civil, le bureau de la marque de l'or et la caserne de la Garde départementale, qui s'installe dans les bâtiments de la cour du cloître.

Dès 1803, d'importants travaux sont entrepris afin d'y installer des militaires, suivis d'un projet de casernement en 1825. Une partie des bâtiments demeure sans affectation particulière, et abrite même un temps les collections du Musée municipal.


LE GÉNÉRAL AMEY, BARON D'EMPIRE

Une seconde campagne de travaux est entreprise par la Municipalité en 1857, suite aux plaintes répétées de l'état-major sur l'état d'insalubrité des locaux. Il semble que toute la caserne, remise à l'État en 1874 pour y loger le 28ème régiment d'infanterie, ait été réhabilitée à cette occasion.

En 1886, le Général Boulanger, Ministre de la Guerre, décide de donner à chaque caserne le nom d'un général s'étant illustré pendant la Révolution. C'est ainsi que le Couvent des Ursulines est rebaptisé Caserne Amey, en hommage au Général, Baron d'Empire, qui prit part à la guerre de Vendée. Choix étonnant, car selon un rapport de la Convention du 4 germinal an II (24 mars 1794), Amey fut accusé d'avoir perpétré de nombreux massacres.

Après la loi de séparation de l'église et de l'État en 1905, certains vieux bâtiments sont rasés et la chapelle Saint-Joseph tombe progressivement en ruines. Les locaux ayant échappé à la démolition sont depuis affectés à la Gendarmerie Nationale. (Le Mag - Magazine de la ville d'Évreux - Février 2017)

 


 

Faste de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés ... - volume 3 - par A. Lievyns, Jean-Maurice Verdot, Pierre Bégat - 1844.

AD67 - Registres paroissiaux de Sélestat et d'état-civil de Strasbourg.

Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace (site)

https://www.rembarre.fr/g_ame_ec.htm