Ste-Foy z

Parmi les nombreux prêtres qui furent titulaires de la cure Sainte-Foy de Conches, il en est un que la tradition a sauvé de l'oubli : l'abbé BAUDARD, qui eut son heure de célébrité, en s'opposant à la vente des verrières de son église, dont on voulait orner la chapelle des Princes d'Orléans à Dreux. Il eut à lutter contre les autorités administratives et religieuses et même contre ses propres amis, qui voyaient dans la vente des vitraux, un moyen de se procurer l'argent nécessaire pour "embellir" leur église et la mettre au goût du jour.

L'offre de Louis-Philippe  atteignit, dit-on, 2 millions, somme fabuleuse pour l'époque.

 

Vitraux Ste-Foy de Conches z

 

Ce prêtre qui eut l'énergie et la volonté de résister au désir princier, eut la chance, assez rare, quelques années plus tard, de voir sa ténacité récompensée. Ses paroissiens et ses concitoyens rendirent hommage à son acte d'indépendance en conservant son buste dans la salle de la Bibliothèque municipale. Ce buste semble être l'oeuvre d'un artisan local (peut-être d'un de ces Laumoniers, ouvriers d'art qui habitèrent Conches de père en fils pendant de nombreuses générations) qui mit toute sa science à reproduire ses traits. Le crâne, très développé, n'est couvert que de cheveux rares ; le chef coiffé d'une de ces perruques que l'on nommait "queue de rat", si communes à la fin du XVIIIe siècle, les yeux bleus, le regard aigu, malicieux même, le front haut, la bouche ascétique ; l'ensemble de ce visage dégage une impression singulièrement volontaire.

Avant la guerre de 1914-1918, un portrait peint en pied, demi-grandeur nature, de l'abbé Baudard, était placé dans l'escalier qui conduit à la Maison commune. Depuis, ce tableau a disparu sans que l'on puisse savoir ce qu'il est devenu. A-t-il été détruit par ignorance, par vandalisme ou par sectarisme, nul ne le sait. Heureusement on possède encore deux autres portraits identiques, mais de dimensions réduites ... L'abbé Baudard est représenté revêtu des insignes de sa fonction ecclésiastique, les épaules couvertes de la cape d'hermine. Il figure aussi sur un vitrail à l'entrée du choeur de l'église Sainte-Foy, près de l'ancien jubé en fer forgé qui en défendait l'accès.

De ces faits de notre histoire locale, on ne trouve aucune trace écrite, ni dans les registres municipaux, ni dans ceux de la fabrique de l'église, ni dans les devis de la chapelle de Dreux. Nous ne connaissons cette histoire des vitraux que par la tradition dont les vieillards Conchois conservent le souvenir indiscutable. J'ai eu la chance de découvrir un document inédit qui s'y rapporte quelque peu. Il s'agit d'une lettre adressée de Dreux, à un voiturier, par un des architectes ou maîtres maçons chargé de la construction de la chapelle, et ainsi rédigée : "Monsieur David à la Phutenaye. Veuillez bien charger la voiture du s. Hermier des pierres de votre carrière pour la chapelle des Princes. Dreux, ce 28 août 1818 (signé) Huvey."

LES ANDELYS 3 Z

L'abbé Baudard (Jacques-Michel-Benjamin) était né à Rouen le 1er janvier 1749. Après de solides études, il fut nommé vicaire de Notre-Dame des Andelys, le 23 mars 1776. Instruit, attiré par les arts, il avait un certain talent oratoire. Le Mercure de France reproduisit plusieurs de ses sermons.

La Révolution le surprit aux Andelys, où il prêta serment à la Constitution civile du clergé, le 18 octobre 1792. Il devint ainsi curé constitutionnel des Andelys, poste qu'il remplit jusqu'à la fermeture des églises. C'est alors qu'il coiffa publiquement le bonnet rouge et prononça de nombreux discours patriotiques.

Baudard z

Après le Concordat, devenu indésirable aux Andelys, quoique entre temps il eût abjuré ses erreurs révolutionnaires, il rentra dans le clergé.

Nommé plus tard curé de Conches, à la condition que, dès son installation, il prononcerait l'éloge funèbre de Louis XVI dans son église et à Séez-Mesnil paroisse qu'il desservait ; l'abbé Baudard, habilement, évoqua la Passion du Christ, célébra la royauté en général et s'abstint de toute allusion précise. Ce sermon fut imprimé chez Ancelle, à Évreux, en 1814.

L'abbé Baudard resta curé de Conches jusqu'à sa mort, le 21 septembre 1841.

 

Beaudart décès

 

 

Membre de la Société d'agriculture de l'Eure, il publia dans le Bulletin de cette société, l'histoire de saint Thaurin, premier évêque d'Évreux. Sa riche bibliothèque fut vendue, après sa mort, aux enchères publiques et, fait rare alors, on en publia le catalogue. Un bon nombre de volumes provenaient de l'abbaye de Conches.

 

Annuaire des cinq départements de la Normandie - Congrès de Conches (1939) - 107e année - 1940-1941

 

Discours_et_serment_prononcés_dans_[

Oraison_funèbre_de_Louis_XVI_[