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Fille de Louis-Charles-Édouard Voyneau, écuyer, conseiller secrétaire du roy, auditeur à la chambre des comptes de Bretagne, et de Marie-Jacquette Massé (mariés à Fontenay-le-Comte, paroisse Notre-Dame, le 13 août 1753), Marie-Élisabeth-Bénigne est née à Fontenay-le-Comte, paroisse Notre-Dame, le 9 août 1762. 

 

Marie-Elisabeth-Bénigne baptême z

 

Le 1er juillet 1775, Les Voyneaux demeuraient aux Pineaux puisque nous trouvons un acte notarial rédigé par Me J.-G. Micheau, en son étude de La Chaize-le-Vicomte, certifiant "la vente de la maison noble d'Oriou à Fougeré, consentie par Paul-Marc-Henry de Morais de Cerizay, frère et soeurs, demeurant à Luçon, à Louis-Charles-Edouard Voyneau, écuyer, seigneur du Plessis-Mauclerc, auditeur honoraire en la Chambre des Comptes de Bretagne et son épouse Marie-Jacquette Massé, demeurant en leur hôtel de la Maison Neuve aux Pineaux, pour la somme de 26.200 livres." (AD85 - 3 E 4/11-2 - vues 288 - 194)

 

Marie-Jacquette Massé signature

 

Son père, Louis-Charles-Edouard, écuyer, est décédé au Bourg-sous-la-Roche, le 17 novembre 1781, fils de René-Louis-Voyneau, écuyer, seigneur du Plessis Mauclerc, conseiller secrétaire du Roi, auditeur honoraire en la chambre des comptes de Bretagne, et de Françoise Martineau du Port (inhumée le 10 juin 1767 à l'âge de 70 ans à Fontenay-le-Comte).

Seuls, quatre religieux sont présents à la sépulture. L'acte de décès ne fait aucune allusion à son épouse, ce qui laisse à penser qu'elle serait décédée bien avant lui. Sa disparition ne peut avoir eu lieu qu'entre 1775 et 1781 et malgré nos recherches, nous en ignorons le lieu.

Dès lors, Élisabeth, orpheline, devient "pensionnaire chez les Dames Religieuses de Notre-Dame" à Saint-Christophe-du-Ligneron jusqu'en 1787, année de son mariage.

 

signature Elisabeth

 

Marie-Élisabeth-Bénigne se marie à Saint-Christophe-du-Ligneron, le 15 décembre  1787, avec Honoré-Benjamin-Charles de Montsorbier, seigneur de la Bralière, né à Vieillevigne le 29 mars 1752, fils de Charles-Joseph de Montsorbier, seigneur de la Bralière, et d'Honorée-Renée Le Maignan de l'Écorce.

Selon l'acte signé du vicaire Hillairet, Élisabeth se serait mariée dans "la chapelle romantique du Château du Verger".

 

Saint-Christophe Château du Verger z

 

La famille de Montsorbier est originaire du Haut-Poitou. Antoine, Pierre et autre Antoine de Montsorbier servaient à l'arrière ban du Poitou des années 1467, 1491 et 1553. Isaac de Montsorbier, écuyer, seigneur de La Bralière, fit enregistrer ses armes dans l'armorial du Poitou en 1697. 

De ce mariage, sont nés :

Louis de Montsorbier, né à Boulogne, le 17 octobre 1788, garde d'honneur dans le 3e régiment de la garde impériale en 1813, blessé à la bataille d'Erfurt, chevalier de la légion d'honneur, mort sans alliance ; [Le 21 octobre 1808, en l'étude de Jean-Baptiste-Joseph Péchard, notaire de Sainte-Cécile, Jean-Baptiste-Joseph Arnaud, garçon majeur de 25 ans, originaire et demeurant à La Chaize-le-Vicomte, s'est engagé à remplacer Louis de Montsorbier, mineur de 19 ans, fils d'Honoré-Benjamin-Charles de Montsorbier, propriétaire à Boulogne, en qualité de conscrit de l'année 1808, moyennant une rente annuelle de 450 francs numéraire. (AD85 - 3 E 4/111-6)]. Il est décédé en son château de la Brallière, le 6 janvier 1839. [L'acte de décès de Louis de Montsorbier indique qu'il était chevalier de la légion d'honneur. Or nous ne trouvons aucun dossier le concernant dans la base Leonore des Archives Nationales.]

Marie-Rose-Bénigne de Montsorbier née à Boulogne, le 19 vendémiaire an VIII (11 octobre 1799) ; décédée à Boulogne le 1er janvier 1859, sans alliance ;

Charles de Montsorbier, né à Boulogne, le 16 prairial an XII  (5 juin 1804) ; marié en premières noces, à Nantes, le 17 septembre 1835, avec Pauline-Mathilde-Rosalie de Cornulier de La Caraterie (décédée en 1839), et en secondes noces, le 17 juillet 1842, avec Victoire Guillet de La Brosse (décédée le 15 novembre 1845). Il n'eut pas d'enfant du premier lit ; du second lit est venue une fille unique : Victoire-Marie de Montsorbier, née à Nantes, le 23 novembre 1842, mariée le 7 octobre 1861 à Jean-Louis-Arthur, vicomte de Cornulier. Charles de Montsorbier est décédé à Boulogne, le 1er mars 1869, dont une fille : Marie-Thérèse-Josèphe de Cornulier.

Ses frères et soeurs :

Louis-Athanase-François, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, naquit à Fontenay le 31 mai 1755 et dont les prénoms ne lui furent attribués que le 25 juillet suivant. Après la Révolution, on le trouve conseiller général, maire du Bourg-sous-la-Roche, conseiller de préfecture en 1815, chevalier de Saint-Louis. Il mourut en son logis du Bourg-sous-la-Roche le 25 juin 1839, ne laissant qu'une fille de son alliance (à Boulogne, le 1er août 1786) avec Marie-Honorée de Montsorbier : Marie-Benjamine Voyneau du Plessis, dernière du nom, marié en l'église du Bourg, le 6 novembre 1819 avec Augustin-Charles Lemaignan de l'Écorce, ancien colonel aux armées royales, maire de Vieillevigne ; 

Édouard-Louis, seigneur du Plessis, mort en 1781 ; Marie-Rose-Joséphine, née le 4 décembre 1756, morte le 13 septembre 1785 (paroisse Notre-Dame)  ; Michel-Ambroise-Prosper, seigneur de Villeneuve, né le 6 mars 1758 et dont les prénoms ne lui furent attribués que le 15 mai suivant, officier de marine ; Jean-Baptiste-Jacques, né le 11 janvier 1764, seigneur de la Barbinière, chevalier de Saint-Louis, mort à Oriou en 1835 ; une fille, peut-être Rose ou Marie-Rose, née le 10 mars 1759, morte sans alliance à Legé, le 10 janvier 1850, à l'âge de 84 ans ; un enfant né le 2 juillet 1760, baptisé et décédé aussitôt ; Augustin-Charles-Louis, né le 25 août 1761 et dont les prénoms ne lui furent attribués que le 9 décembre suivant.

 

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 Armes famille Voyneau

Second supplément à la "Généalogie de la maison de Cornulier" par le comte Ernest de Cornulier-Lucinière - 1863

AD85 - Registres paroissiaux de Fontenay-le-Comte - Registres paroissiaux et d'état-civil de Boulogne

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Honoré-Benjamin-Charles, marquis de Montsorbier, mousquetaire de la garde du Roi, chevalier de Saint-Louis, fut convoqué à l'assemblée de la noblesse du Poitou pour l'élection des députés aux États-généraux de 1789 et émigra en 1791.

MARIE-ÉLISABETH-BÉNIGNE ET LE GÉNÉRAL CHARETTE :

"Le camp de Belleville avait sa reine ... : c'était une jeune femme à l'aspect délicat, à la tournure gracieuse, au joli visage éveillé de brune qui s'appelait Mme de Monsorbier ... Charette avait reçu la visite de Mme de Montsorbier chez les religieuses du Val de Morière, où il s'était retiré après la retraite de Saint-Fulgent pour y soigner une blessure au bras dont il souffrait cruellement. La visiteuse venait de la grande armée vendéenne dont elle avait partagé tous les dangers jusqu'au passage de la Loire.

Avec son esprit enjoué et son babil prime-sautier elle fut tout de suite la plus exquise des infirmières. Un doux lien ne tarda pas à l'unir bientôt au général qui s'était promptement épris d'elle, et alors elle fut plus qu'une amie pour lui, elle devint sa conseillère, son Égérie tendre et avisée. Comme beaucoup d'hommes à la nature autoritaire et indomptable, Charette était tout préparé à subir l'ascendant d'une femme frêle et douce telle que Mme de Montsorbier. Au cours de la vie périlleuse et nomade qu'ils menèrent ensemble pendant deux ans, au milieu des cantonnements précaires et si souvent dénués de tout, elle fit un foyer, un nid d'intimité et de tendresse, en même temps qu'un salon, un véritable salon politique, à l'image de ceux de Paris, où l'on préparait les expéditions et où l'on discutait les alliances.

Ses avis étaient souvent écoutés ... Mme de Montsorbier était restée un moment prisonnière avec sa soeur, Mlle de Voyneau, au petit château du Détroit où l'on avait installé une ambulance. Impétueusement, oubliant son propre péril, Charette vole à leur secours et les délivre ..."

"Le 4 septembre 1826, on inaugura à Legé une chapelle commémorative où était placée une statue de Charette. Dans l'assistance nombreuse et émue, on se montrait une femme d'une soixantaine d'années, à la tournure aristocratique et fière, au mince visage plein de douceur et encore pur de lignes. Son front semblait chargé de souvenirs douloureux et tendres, sa bouche murmurait une action de grâces, et dans ses yeux voilés de mélancolie on voyait briller des larmes : c'était Mme de Montsorbier."

(Louis Sonolet - Les Amazones de Vendée - La Revue hebdomadaire - novembre 1904)

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Dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest et des Musées de Poitiers (2ème trimestre de 1963 - Tome VII - 4ème série, page 162), M. G. Debien,  signale que Madame de Montsorbier avait faillit être fusillée par les bleus en novembre 1794 et qu'elle se réfugia auprès de Stofflet avec son fils Louis, âgé de 8 ans. [En 1794, Louis n'avait que 6 ans]

 

Une lettre du général Hoche au directoire exécutif (Rennes), datée du 10 juin 1796, nous apprend que Mme de Montsorbier aurait été arrêtée cette année-là : "J'ai reçu la lettre que vous m'avez écrite le 2 du courant, au sujet de quelques arrestations que l'on prétend avoir été faites arbitrairement dans la Vendée et notamment celle du citoyen Bessé, et de madame de Montsorbier. Je vais prendre les renseignemens nécessaires sur ces arrestations, et vous pouvez être assurés que je vous en rendrai un fidèle compte. Je puis cependant vous annoncer d'avance que cette dame Montsorbier était la maîtresse favorite de Charette, femme intrigante, astucieuse, et qu'il eût été, sans doute, très-dangereux de laisser dans le pays où elle n'aurait certainement pas manqué de continuer à exercer l'empire qu'elle avait acquis sur une grande partie des habitans de la Vendée, pour les éloigner de la soumission aux lois de la République."

(Guerre des Vendéens et des Chouans contre la République Française - volume 6 - Jean-Julien Savary)

M. Michel Chatry, dans son article "Le fabuleux destin d'Élisabeth de Montsorbier", dans la revue du Souvenir Vendéen, n° 218 du mois de mars 2002, nous donne les détails de la suite qui fut donnée à cette lettre :

"Hoche, à vrai dire, avait ordonné peu après l'exécution de Charette à Nantes (29 mars 1796) que Madame de Montsorbier ... soit arrêtée. L'ordre transmis par le général Grigny, chef d'état-major de la division du Sud, fut exécuté par l'adjudant général Cortez, sans concertation avec son chef direct, le général Meyer.

Mais Chassin rapporte que ce dernier, qui était mêlé aux intrigues ourdies alors afin d'obtenir la destitution du Pacificateur, comme terroriste selon les uns et royaliste selon les autres, écrivait des Sables le 11 mai 1796 à Lacuée, membre du Conseil des Anciens :

Au même instant que la terreur était installée aux Sables, l'adjudant général Cortez, par l'ordre qu'il avait reçu du général Grigny, petit chef d'état-major de la division du Sud, oubliant que j'étais son supérieur, s'est pemis de son chef de faire arrêter dans le Bocage la citoyenne Montsorbier, qui avait fait sa soumission, qui était fort tranquille et chérie par les habitants. Elle vint se jeter toute éplorée dans mes bras ; je l'ai ramenée chez elle. Plus de 400 paysans, hommes femmes, enfants, se sont attroupés un instant après pour me remercier de la justice que j'avais rendue et m'offrir leurs bras pour le service de la République.

Meyer fit arrêter Cortez qui l'avait malencontreusement cour-circuité ! Hoche fit élargir l'adjudant général et il se contenta, à titre de sanction envers le général qui avait libéré celle qu'il voulait emprisonner, de déplacer Meyer du côté des Chouans de la Manche. La citoyenne Montsorbier passa quelque temps ailleurs, puis revint chez elle."

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 Jean Baptiste Maur Ange Montanus Joseph Rodolphe Eugène Meyer de Schauensée

 

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Ses deux fils, Charles et Louis, sont accusés de recel d'une bande armée à Boulogne, le 16 janvier 1833. (voir AD85 - 2 U 65)

La Gazette des tribunaux du mercredi 6 février 1833, n° 2333 nous indique le résultat de cette affaire  :

Sont venus s'asseoir sur le banc des criminels, les deux frères de Montsorbier, jeunes nobles de la Vendée, accusés d'avoir fourni sans contrainte des logements et lieux de retraite aux bandes de chouans. Cette cause excitait à un haut degré l'intérêt public. L'auditoire était composé en grande partie de personnes connues pour leurs opinions légitimistes, et de dames à la livrée verte.

L'un des frères Montsorbier porte à sa boutonnière le signe de l'honneur ; il a été décoré sous l'empire.

Les débats n'ayant point suffisamment établi que les chouans fussent entrés dans leur domicile sans contrainte (ce qui est en général fort difficile à établir), M. Flandin, procureur du Roi, sans abandonner tout-à-fait l'accusation, l'a présentée aux jurés avec l'accent de modération et de loyauté qui caractérise ce magistrat consciencieux.

La tâche de la défense était devenue très facile, et MM. de Montsorbier ont été acquittés.

 

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Marie-Élisabeth-Bénigne Voyneau du Plessis de Montsorbier est décédée à Boulogne (85), au château de la Brallière, le 7 février 1835, à l'âge de 73 ans.

 

Marie-Elisabeth-Bénigne décès

 

Honoré-Benjamin-Charles de Montsorbier, chevalier de l'ordre Royal et militaire de Saint-Louis, membre du Conseil général du département de la Vendée et maire de Boulogne, est décédé au château de la Bralière le 21 août 1827, à l'âge de 75 ans.

Sa mort fut des plus soudaines puisque le 15 août 1827, il signait un dernier acte d'état-civil en tant que maire, celui du décès de Joseph Auvinet. A partir du 18 août, Louis Bazin, adjoint, signait un acte de naissance, puis le 22, l'acte de décès de Monsieur de Montsorbier, qui avait été maire de Boulogne depuis mai 1808.

 

Montsorbier dernière signature 15 août 1827 z

 

Château de la Bralière Boulogne z