BEAUFOU, MESSE DE L'ASCENSION

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M. Jousbert jeta à la face de la Révolution un défit digne de son caractère.

Il annonça publiquement une messe solennelle pour le jour de l'Ascension, 13 mai 1792.

Fête d'espérance, cette solennité devait rappeler aux âmes des chrétiens fidèles que l'épreuve ici-bas ne dure qu'un moment ; mais qu'au Ciel la récompense sera éternelle ; que le triomphe du mal sur le bien n'aurait qu'un temps ; mais qu'après ces jours de désolation, l'Église reparaîtrait glorieuse et triomphante comme son Divin fondateur. Seulement, ce triomphe espéré ne devait pas venir de sitôt, et la persécution devait surpasser en horreur les prévisions de M. Jousbert et de beaucoup d'autres.

Son appel fut entendu. Le jour de l'Ascension, le petit bourg de Beaufou fut encombré d'une foule immense accourue un peu de partout, et tout spécialement du Poiré et d'Aizenay. L'église, le cimetière, les rues adjacentes étaient encombrées de fidèles priant et pleurant. Il n'y eut pas de tumulte. La tristesse oppressait tous les coeurs.

Après la grand'messe et un repas champêtre, on entendit les vêpres et chacun, la désolation dans l'âme, reprit le chemin de son foyer.

Ce fut, dans le pays, le dernier acte de religion célébré solennellement en plein jour.

 

Du clergé à Beaufou, 80 p. - rédigé entre 1861 et 1872 - AD85 1 Num 396/1 - vues 5 et 6