Beaufou l'Ardouinière z

JANVIER 1794 - La bande infernale fit halte dans le village de l'Ardouinière ; prévenu à temps, tout le monde avait fui.

Les maisons ayant été déjà deux fois en partie incendiées et n'offrant plus rien au pillage, il n'y eut pas de mal à faire au dit lieu.

Les soldats y firent toutefois brûler dans un four un homme et sa femme qu'ils avaient surpris cachés dans les décombres de l'église de Saligny. Ces pauvres personnes que les misérables avaient terriblement maltraités en les emmenant poussaient des cris affreux. Pour se moquer de leurs sanglots et pour insulter à leur supplice, les bleus chantèrent à tue-tête la Marseillaise.

Tout le monde sait que ce chant accompagnait partout la guillotine à Paris et dans toute la France, les noyades dans la Loire à Nantes, la mitraille à Lyon, les massacres en Vendée !

 

Histoires et légendes pieuses : Beaufou sous la Révolution - Cahier, 191 p. - AD85 1 Num 396/3 - vue 43