SIMON-CAMILLE DUFRESSE, GÉNÉRAL DE BRIGADE, COMMANDANT LE DÉPARTEMENT DES DEUX-SÈVRES.

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Cet officier général, né à La Rochelle, paroisse Saint-Sauveur, le 2 mars 1762 d'une famille de négociants, a eu une jeunesse fort orageuse.

 

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Destiné d'abord au commerce de la traite des nègres, et ayant fait, pour s'instruire dans cette partie, plusieurs voyages en Afrique et à Saint-Domingue ; on le vit bientôt après jouer la tragédie sur le théâtre Montansier en 1788.

La révolution éclata et il s'y jeta avec tout l'emportement de ses passions. Aide de camp du général Morton-Chabrilland, à l'arrivée de Dumouriez, il ne tarda point à obtenir le grade de général de brigade ; il eut le commandement d'une armée révolutionnaire et fut mis hors la loi par la Convention, après la chute de Robespierre, et même traduit au tribunal révolutionnaire. Remis en activité en l'an IV, il fit les campagnes d'Italie, sous les ordres de l'Empereur. Ayant ensuite fait partie de la première expédition de Naples, il partagea la disgrâce du général Championnet.

Enfin, en 1799, lors des derniers mouvements de la guerre de Vendée, il eut le commandement du département des Deux-Sèvres qu'il a conservé presque sans autre interruption que celle de trois ans, qu'il a passé à l'armée d'Espagne, avec le commandement de Valladolid. Il avait éprouvé dans le département des Deux-Sèvres des circonstances difficiles et il s'y était parfaitement conduit. Les services qu'il avait rendus au département furent appréciés. Il en avait rendu de particuliers à beaucoup de familles, étant naturellement disposé à l'obligeance. Il eut donc de l'influence et l'expérience de la révolution lui avait appris à manier les esprits, en même temps qu'à éviter les excès. 

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Étant un des plus anciens généraux de brigade, il ambitionnait le grade de général de division ; on le crut affligé de n'avoir encore obtenu aucun titre, et l'on sait qu'il désirait vivement l'ordre de la Couronne de fer, auquel ses campagnes d'Italie semblaient lui donner quelques droits.

Il n'eut point d'enfants, mais s'était chargé de l'éducation de deux neveux orphelins, fils d'un capitaine, son beau-frère. On ne lui connut point de fortune, mais on lui supposait des capitaux, et les renseignements qu'il prenait sur divers biens à vendre paraissaient confirmer cette opinion. Au reste, on ne pensait pas que ces fonds excèdaient deux cent mille francs. Il avait gagné cet argent dans sa première expédition de Naples et dans ses campagnes d'Espagne.


Simon Camille, baron Dufresse, Maréchal de camp, chevalier de Saint-Louis, Commandeur de la Légion d'honneur (1804), est décédé le 27 février 1833 à Andrésy (78) à l'âge de 70 ans.  Il était l'époux de Aimée-Célestine-Josèphe Carnin.

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État de mes services :
J'ai fait les campagnes de 1792 en Champagne et dans la Belgique, je fus blessé à la bataille de Jemmape et à celle de Nerwinde.
J'ai fait la campagne de l'an 1er et 2e toujours à l'armée du Nord.
Les campagnes des années 4e et 5e à l'armée d'Italie et me suis trouvé à toutes les affaires qui ont immortalisé le passage du Tyrol.
Les campagnes de Rome et de Naples en l'an 6e et 7e, je commandais la première division de l'armée à la prise de Naples et me suis trouvé à la tête des grenadiers à la belle affaire de Terni.
Les années 8 et 9, j'ai fait partie de l'armée de l'ouest où j'ai eu le bonheur de coopérer à l'heureuse pacification de ces départements et depuis ce tems, je fais partie de la 12e division et je commande le département des Deux-Sèvres.
DUFRESSE.

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Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres - 1932

AD17 - Registres paroissiaux de La Rochelle

AD78 - Registres d'état-civil d'Andrésy