VICTOIRE-AIMÉE LIBAULT DE LA BAROSSIÈRE, COMTESSE GOUIN DU FIEF

 

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Fille d’Antoine LIBAULT, seigneur de la Barossière, ancien capitaine au régiment de Lorraine Infanterie, conseiller du Roi et maître ordinaire en la Cours des Comptes de Bretagne, et de Françoise LAMBERT CAMAXE, Victoire-Aimée est née à Nantes, paroisse Notre-Dame, le 4 août 1754 et baptisée le lendemain. 

Armes : D’argent à six fleurs de lys de gueules 3, 2 et 1,au chef de même chargé de trois fers de pique d’argent, les pointes en haut.

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Dès le début de la guerre, elle oeuvra dans sa région (Pays de Retz) pour faciliter l'insurrection vendéenne. Mais en septembre elle dut abandonner sa propriété menacée par l'armée de Mayence.

Nicolas-Henri GOUIN, son époux, ayant émigré,  elle se cacha, avec trois de ses enfants, sur le territoire de la Grande Armée Catholique et Royale. Elle fut ainsi embarquée, en octobre 1793, à la suite de cette Armée dans la campagne d'outre-Loire.

Poirier de Beauvais, officier de l'artillerie vendéenne, la rencontra en novembre et donna d'elle cette description qui témoigne de l'enfer que vécurent les hommes et les femmes embarqués dans la Virée de Galerne : "Une femme assez jeune, n'ayant pour tout habillement qu'un morceau d'espèce de tapisserie qui lui couvrait le bas du corps, un mauvais linge sur les épaules et les pieds nus ... (...) ... Cette femme se dit de la suite de l'armée, demande que l'on ait pitié d'elle et de ses enfants, qu'ils meurent de froid et de besoins (...) ... Cette dame était Mme du Fief".

Elle fut séparée de l'Armée durant la déroute du Mans le 13 décembre 1793. Elle parvint pourtant par ses propres moyens à revenir en Vendée en 1794. Ce ne fut que pour y voir mourir le plus jeune de ses fils, encore au berceau ; "les bleus vinrent chez elle, à Saint-Colombin, ..., et sous ses yeux, ils le coupèrent en quatre".

Dès lors, elle prit les armes et devint une des plus fameuses amazones de Charette, combattant souvent en première ligne. Un général républicain témoigna : "Une femme en amazone, vêtue de nankin, s'est fait remarquer, elle caracolait à la tête des brigands."

Elle survécut pourtant à la guerre, et, en 1798, Louis XVIII lui écrivait :

LETTRE DE SA MAJESTÉ LOUIS XVIII, Roi de France & de Navarre, à madame la Comtesse Victoire-Aimée Libault-Gouin-Dufief.

A Blankenburg, ce 23 janvier 1798.
MADAME,
Je n'ai ignoré aucun des services que vous avez rendus à la cause de l'Autel & du Trône. Je sais que, non contente d'avoir formé à vos dépens, les premiers rassemblemens de l'illustre & malheureuse Vendée, vous avez voulu partager la gloire & les dangers de ses héros, & que les champs de Granville, de Pontorson, du Mans, du Pont de Cé, &c. ont été les témoins de votre valeur. En vous rappelant des époques si glorieuses pour vous, je cherche moins à vous prouver que j'en suis instruit (j'espère que vous n'en doutez pas) qu'à satisfaire ma reconnaissance, en vous en parlant. Je regrette que les réglemens de l'Ordre de St. Louis ne me permettent pas de vous donner cette Croix, prix de la vaillance ; mais j'ose, à la place, vous offrir mon portrait ; & en le portant attaché avec un ruban semblable à celui de l'Ordre dont je voudrais pouvoir vous décorer, il prouvera, du moins & la nature de vos services, & combien je sais les apprécier.
Recevez, je vous prie, Madame, avec autant de satisfaction que j'en ai à vous l'offrir, cette faible marque de tous les sentimens que vous m'avez si bien inspirés.
LOUIS.

Elle mourut en 1820 à Saint-Colombin (Loire-Atlantique).

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"Gravé d'après l'original, donné par le roi, à Madame Gouin du Fief, comme récompense de son zèle pour favoriser les premiers rassemblemens de la Vendée, et du courage avec lequel elle a combattu au milieu des braves royalistes, jusques à leurs dispersion."

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Après la pacification, Nicolas-Henri revint chercher sa famille pour l’emmener en Angleterre où il résidait. Puis ils s’installèrent en Amérique (États Unis) et c'est là que Victoire-Aimée est décédée vers 1820 (peut-être bien à Philadelphie - Pensylvanie).

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Victoire-Aimée Libault de la Barossière épouse à Nantes, paroisse Saint-Léonard, le 6 décembre 1774, Nicolas-Henri Gouin, seigneur du Fief, demeurant à Saint-Colombin près de Nantes (baptisé à Nantes, paroisse Saint-Vincent).

De ce mariage, sont issus :

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1°) Nicolas  né le 21 septembre 1775 à Nantes, paroisse Saint-Clément et décédé à Pentonville - Angleterre, le 12 avril 1834 - Nicolas Gouin du Fief, bien qu’adolescent âgé de 15 ans, rejoint en 1792 le corps royal naval formé sous les ordres de Charles Hector, le comte d’Estaing à Enghien et a fait la campagne avec son régiment dans l’armée des frères de Louis XVI jusqu’à sa dissolution. La même année il a cherché refuge en Angleterre mais, après avoir navigué vers les Antilles, il a été attiré par Philadelphie qu’il a atteint en juillet 1793. Pendant son séjour en Amérique, il fit la connaissance du docteur Joseph Priestley, de Thomas Jefferson et de d’autres hommes éminents. Il a publié un essai sur la philosophie du langage dans lequel il a d’abord expliqué au monde comment il a été amené à faire ces découvertes «Comment mon système d’instruction universelle et économique amène autant d’avantages particuliers et divers ». (libraire, professeur de littérature française, lexicographe, maître d'école, traducteur et bibliothécaire)
Pendant presque vingt-cinq ans il a enseigné le français avec succès en Amérique et en Angleterre, vers laquelle il est retourné vers 1818. - 
Ici, une lettre de Nicolas Gouin Dufief adressée à Thomas Jefferson -

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2°) Henri-Constant, né à Nantes, paroisse St-Clément,  le 6 octobre 1776 ; décédé le 20 juillet 1785 (St-Colombin)

4°) Armand-Casimir, né à Saint-Colombin, le 24 juillet 1786 ; s'est installé à Jersey, plus précisément à Saint-Hélier -  lieutenant des chasseurs britanniques. Il rédige son testament le 27 février 1852. Il souhaite être inhumé au cimetière St-Saviour. Il donne à l'abbé Morlaix 700 francs ; 400 francs pour l'éducation de ses enfants dans la religion catholique, et 50 francs pour dire des messes pour le repos de son âme et 250 francs pour l'église catholique ; pour les pauvres de "Irish Catholic Church", 300 francs, et pour les pauvres de St-Hélier, 48 francs.

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4°) Chérubin, né à Nantes vers 1787, orfèvre, marié avec Mary-Margaret "Polly" Fowler (1780-1865), émigré, naturalisé américain en juin 1813, décédé à Georgetown, Washington en 1841 ; dont il eut deux filles : Élisabeth Covington Dufief ; Jane-Suzan Dufief Fowler et un fils, John-Lawrence, né aux États-Unis, le 14 juin 1817, qui épousa en 1847, Catherine-Amélia Talbot, (née en 1824 et décédée le 5 avril 1902 - Washington) dont il eut neuf enfants :   1° John-Laurence Dufief, 1849-1868 ; 2° Mary E. Dufief Hayes, 1851-1910 ; 3° Annetta Dufief Carlisle, 1853-1927 ; 4° Kate Dufief, 1854-1910 ; 5° Charles G. Dufief, 1856-1916 ; 6° Élisabeth Dufief, 1858, morte jeune ; 7° Margaret Waters Dufief Magruder, 1860-1948 ; 8° Emma L. Dufief Pearce, 1862-1944 ; 9° Louis Buckey Dufief, 1866-1923. John-Lawrence est décédé le 26 mars 1877. Il est inhumé à Georgetown, Washingtown (Oak Hill Cemetery) 

5°) Arsène, née à Saint-Colombin, le 6 juin 1789, baptisée le 9 ; elle épousa le chevalier Gratien Libault de la Barossière, né le 4 septembre 1788, au fort Dauphin, Île de Saint-Domingue, fils de M. Pierre-Julien Libault de la Barossière, propriétaire à Saint-Domingue et de Julie Gouin du Fief, capitaine au Régiment de chasseurs à cheval du Morbihan, chevalier de l'odre royal et militaire la Légion d'honneur (21 février 1814), décédé le 22 mai 1827. Deux enfants sont nés de ce mariage : Emma-Aimée ( décédée célibataire le 21 septembre 1895) et Alphonse-Simon. 

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6°) "Petit enfant massacré" (pas de registres à Saint-Colombin/Saint-Colomban entre 1790 et 1793)

Fleur-De-Lis on Apple

Vendéens et républicains dans la guerre de Vendée - Tome I - Frédéric Augris - 1993

Crétineau-Joly, T. II, p. 258

Nature Displayed in Her Mode of Teaching Language to Man ... Volume 1 - 1823 - N.G. Dufief - dédicacé à sa mère

Archives Nationales - Base Léonore

AD44 - Registres paroissiaux de Nantes et de Saint-Colombin

Fleur-De-Lis on Apple

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 John-Lawrence Dufief, petit-fils de "l'Héroïne de Vendée"

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