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Né à Meaux - Curé de Saint-Nicolas de Meaux, paroisse de l'un des faubourgs de cette ville.


Il avait refusé de prêter le serment de la constitution civile du clergé. Lorsque la terrible loi de la déportation eut été rendue le 26 août 1792, les municipaux de Meaux le firent emprisonner, avec l'air de ne vouloir que le soustraire à la fureur du peuple.

C'était une victime qu'ils préparaient aux très-prochains septembriseurs de la capitale.

Le 4 septembre 1792, pendant que les massacres de Paris se continuaient encore, ces monstres arrivant à Meaux rassemblèrent quatre ou cinq porte-faix de la ville, et d'autres individus de cette classe, avec lesquels ils coururent aux prisons, et s'en firent ouvrir les portes.

Le premier prisonnier qu'ils appelèrent fut le curé de Saint-Nicolas ; et le chef des assassins, s'arrogeant les fonctions de juge, se mit à vomir des injures contre lui, et les blasphèmes contre son saint ministère. Le curé se taisait, et l'assassin redoublait d'invectives, lorsqu'un coup de massue asséné sur la tête de ce vénérable pasteur l'abattit ; d'autres meurtriers achevèrent de l'exterminer avec des piques et des sabres.

Quelques uns des officiers municipaux accoururent, à la vérité, pour sauver les six autres prêtres qu'ils avaient fait enfermer dans la prison ; mais ce fut en vain : et leur présence ne fit qu'accroître la rage des monstres contre ces prêtres. Ils les hachèrent, les mutilèrent et les morcelèrent tellement que le fossoyeur, chargé de les inhumer, a confessé dans la suite qu'il avait eu bien de la peine à rassembler leurs têtes, leurs entrailles et leurs membres dispersés.

Les assassins de Meaux, pour se conformer à la politique qui avait dirigé ceux de Paris, massacrèrent encore un égal nombre de laïcs, et délivrèrent ceux qu'ils jugeaient capables de s'associer à leurs forfaits.

Prudhomme raconte que les lettres de prêtrise ayant été arrachées par eux au curé Duchesne, ils les portèrent comme en triomphe par toute la ville, et spécialement dans le faubourg dont il était curé.

Cet historien, faisant observer que ce faubourg était considérablement peuplé, remarque qu'il l'était presque entièrement par des protestants.

Les noms des six autres prêtres sont : CAPY Jean-Marie, curé de Coulommes ; Louis-Georges DAVID, curé de Villiers-sur-Marne ; Louis-Pierre GAUDIN, curé de Haute-Feuille ; Jacques HÉBERT, curé de Ségy ; Jean-Louis MEIGNEIN, chapelain de l'hôpital ; Hugues PASQUIER, chapelain de la cathédrale.

On a retenu les noms de quelques-uns de ceux qui mirent tant de bonne volonté à seconder le patriotisme de Ronsin dans cette journée. Les voici : Toureluire, limonadier ; Denis Petit, fripier ; Goulat, boucher ; Pierre Robert, cordonnier ; François Lombard, tisserand ; Laplace, plâtrier à Crecy ; et Lebreton, garçon meunier.

 

Les Martyrs de la foi pendant la Révolution française - Aimé Guillon - Volume 3 - 1821

Souvenirs de la terreur de 1788 - 1793, Volume 2 - par Georges Duval

Chronique des évêques de Meaux - par Auguste Allou - 1875

 

Bible 7