La "Croix St-Jacques", bien plus connue sous son nom vulgaire de "Croix Jacquot", est une bien vieille croix qui se trouve à l'angle de l'ancien chemin de la Baronnière et de celui qui dessert Bécasse et la Grand-Lande. Dans la croix, une petite niche contient la statue de St-Jacques (1).

 

Courossé moulin z

 

Une jolie histoire fut l'occasion de l'érection de cette croix. Le père Jacques Chesné, meunier à Courossé, était un rude vendéen, qui chanta jusqu'au jour où on lui apprit l'incendie des Tuileries, ce petit refrain, qui pour lui, était une véritable rengaine :

"La République a les pieds et les mains
Tout couverts de farcins.
Il reviendra le brave Henry
Au château des Tuileries".

C'était un homme autoritaire, qui aimait à se faire servir comme un "Monsieur" ; il se faisait approcher une chaise, par exemple, quand il entrait chez lui. Il était marié à une jeune fille du Marillais, nommée Anastasie, qui faisait la demoiselle ; elle fut la première à se servir d'un parapluie pour remplacer la pèlerine de ses ancêtres. Le père Jacquot aimait bien boire un petit coup, et son cellier était le rendez-vous de tous ceux qui s'aventuraient vers Courossé. (Un beau jour, le père Louis Grasset, le grand-oncle de Jean Courtais, au retour d'une tournée au cellier, fut retrouvé mort, après plusieurs jours de recherches, au pied de la "cave" du Grittay). C'était un bon vivant, qui malgré son peu d'aisance, se plaisait à répéter : "Tiens bon le dévers, j'mangerons jamais tout".

Il rentrait une fois à la maison, joyeux et guilleret, comme on peut l'être après une bonne journée, quand il fut soudain arrêté par une force mystérieuse. Devant lui une sorte de vision le fit se redresser. Vite, il se signe, fait des promesses au Ciel. Et quelque temps après il fit élever la vieille croix que nous voyons encore aujourd'hui. Cette vision, et bien plus encore le souvenir de la fin tragique du père Grasset, lui fit mener une vie beaucoup plus sage.

La Chapelle St Florent - croix St-Jacques z


(1) En 1949, la vieille croix tomba un soir de tempête. Elle fut relevée par les soins de Mme Fernand Arnous-Rivière, propriétaire de Bécasse, et bénite par le curé de la Chapelle, M. l'abbé Richard, entouré d'un bon nombre de paroissiens venus processionnellement accompagner leur pasteur pour cette bénédiction.

La Chapelle-Saint-Florent à travers les âges - Robert Chéné - 1997