vendéen zzz


Gouraud, du village de la Pagerie.

Au retour d'une expédition, il trouva son village mis à feu et à sang par les Bleus, et l'une de ses soeurs coupée en morceaux, après avoir été outrageusement violée par les bandits.

Gouraud emmanche de nouveau sa faulx à revers et se fait chasseur d'hommes. Malheur au Bleu égaré qu'il rencontrait sur son chemin, son affaire était bien vite réglée.

Un jour cependant il faillit se laisser toucher : "Ol était in tot jène, racontait-il plus tard, et l' pauv' p'tit bougre me faisait tôt d' même grond pidgié !"

Gouraud eut si grand pitié qu'il le lâcha : "Fous-l'camp bé vite, lui dit-il, et remercie l'bon Dieu."

Mais le Bleu avait à peine tourné les talons que Gouraud se repentit de sa générosité, il revit la scène de désolation de son village, et se ravisant : "Eh ! là-bas, s'écria-t-il, eh ! là-bas, l'ami, r'vé dan in p'tit p'r'éci !"

Le Bleu revient sans défiance et Gouraud lui lâche son coup de fusil à bout portant.

Plus tard, quand le Vendéen racontait cet épisode, il ne manquait jamais d'ajouter : "V'là tot le remords que j'ai adju dau temps d' la Grande-Dgierre".


La Vendée Historique - 5 mai 1907.

Il pourrait s'agir de Jean Gouraud, époux de Jeanne Brochu, habitant à la Pagerie au moment des évènements. Le couple eut un fils, Jean, né le 25 avril 1795. En 1815, il déclare la naissance de sa fille, Angélique-Honorée ; cette enfant avait déjà été déclarée en 1799 et avait été appelée Henriette-Honorée.