LETTRE DE CAVOLEAU


Aux Commissaires de la Convention, les engageant à se rendre immédiatement à Fontenay pour empêcher le massacre des prisonniers Vendéens. (22 mars 1793).


Fontenay-le-Peuple, le 22 mars 1793

Le Président du Directoire du département de la Vendée,
Aux Commissaires de la Convention à Niort

Citoyens Commissaires,

Un crime atroce se prépare. Une grande partie des troupes qui sont à Fontenay, vient de réclamer à grands cris la tête des prisonniers qui ont été arrêtés à Saint-Hermand, sur le soupçon d'avoir été complices des brigands. Quelques-uns de ces hommes peuvent être coupables mais il est probable qu'un grand nombre est innocent. Nous avons fait retentir le cri de la loi ; notre voix n'a pu se faire entendre. Tout ce que nous avons pu obtenir, c'est de suspendre l'exécution jusqu'à demain. Nous ferons tous nos efforts pour empêcher que ce crime ne soit commis ; nous verserons, s'il le faut, tout notre sang pour empêcher la loi d'être violée ; mais notre espoir est bien faible, ou plutôt nous sommes sûrs de ne point réussir. Citoyens, vous seuls pouvez arrêter l'effet d'une menace, qui nous fait frissonner. Le caractère sacré, dont vous êtes revêtus, inspirera peut-être le respect des lois à ceux qui sont prêts à leur porter une atteinte funeste. Ne perdez pas un instant, car il ne serait plus temps, si la journée de demain s'écoulait sans vous voir ici.

CAVOLEAU

CAVOLEAU SIGNATURE


(Original - Archives de la Préfecture de la Vendée)

AD85 - Archives historiques de la ville de Fontenay-le-Comte (ensemble de pièces réunies par Benjamin Fillon - E Dépôt 92 1 II 7