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L'ABBÉ CHATIZEL DE LA NÉRONIÈRE, curé de Soulaines

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Né à Laval le 29 septembre 1733 et baptisé le lendemain, Pierre-Jérôme Chatizel était fils d'un notaire royal. Ses études terminées au séminaire Saint-Sulpice à Paris, il se fit recevoir docteur en théologie de l'Université d'Angers et devint principal du collège de Laval, puis curé de Soulaines, en Anjou, où il resta jusqu'en 1807. Il mourut à Angers (1er arrondissement), le 22 septembre 1817, à l'âge de 83 ans et 11 mois.

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Caractère ardent et tout d'une pièce, sa vie ne fut qu'une longue lutte.

Tout jeune prêtre il dut combattre les chanoines de Saint-Tugal, malheureusement atteints de jansénisme. Devenu curé, il publie un Traité du pouvoir des Évêques de France sur les empêchements de mariages, où il revendique pour les curés tous les droits que les évêques se réservaient en cette matière. On remarque dans cet ouvrage cette phrase bien significative : "On peut méconnaître l'autorité des évêques dans tous les cas où les évêques croient pouvoir avec succès méconnaître celle du pape, et dans les diocèses où ces évêques dispensent de tout ce qui est réservé à Rome, les curés peuvent bien dispenser de tout ce qui est réservé aux évêques".

En maintes circonstances, dans la suite, l'abbé Chatizel de la Néronière s'affirme le champion hardi et téméraire du droit des curés contre le haut clergé et les bénéficiers. C'est un batailleur, nous dirions volontiers un journaliste, qui ne s'inquiète nullement des colères qu'il soulève.

En 1789, il est élu le premier des députés ecclésiastiques de sa province aux États-Généraux et il réussit à écarter de la députation tout membre du haut clergé angevin.

Arrivé à Paris, il ne se laisse pas entraîner par les utopistes et se montre défenseur habile des droits de l'Église. Il refuse tout serment schismatique. De retour dans sa paroisse, il publie divers écrits pour maintenir les fidèles dans le droit chemin et sa verve railleuse s'exerce contre le clergé constitutionnel.

Forcé de fuir, après un court séjour à Laval, il se réfugie à Bruxelles, puis en Allemagne et en Angleterre. Dans ces divers exils, il ne reste pas oisif et se montre toujours le fidèle défenseur de l'Église fermement attaché à tous les enseignements du Souverain-Pontife.

Lors du concordat, il revint dans sa paroisse où sa mémoire est demeurée en bénédiction.

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B.H.
Revue historique et archéologique du Maine - 1900 (par M.E. Quéruau-Lamerie. Laval, E. Lelièvre, 1899, in-8°, de 54 pages).