M. FRANÇOIS BESNARD, CURÉ DE CANDÉ

Rosiers sur Loire zz

M. François Besnard, né aux Rosiers (Les Rosiers-sur-Loire) le 27 mars 1751, fut nommé curé de Candé le 25 janvier 1786.

En 1792, la Révolution arrivée, il fut nommé officier public ; aussitôt, il déposa ses lettres de prêtrise au district de Segré et épousa, le 5 frimaire an II de la République (25 novembre 1792), demoiselle Marguerite Dallier, soeur hospitalière à l'hôpital de Candé, fille de feu Pierre d'Allier, receveur dans les aides, et de Thérèse Bellanger ; elle était nièce de M. Antoine-Nicolas Bellanger, décédé curé de Saint-Mars-la-Jaille.

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Furent présents au mariage : M. Potel, notaire ; François Chauveau ; Lachèse, officier municipal.

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Elle ne fut pas plutôt mariée qu'elle s'en repentit. Elle est décédée le 12 fructidor an III (8 septembre 1793), âgée de vingt-six ans, après neuf mois et demi de ménage. Ils eurent un fils ; on a dit qu'elle était morte de chagrin, en traitant son mari de monstre.

M. Gaudin La Sucherais fut assassiné en 1792, dans la ruelle du Four, à Candé ; on a toujours cru que c'était l'oeuvre du citoyen Besnard. Quelque temps après, il fut arrêté par les Chouans et conduit prisonnier à Bourmont ; peu de jour après, il trouva le moyen de s'échapper et retourna aux Rosiers, son pays natal, où il est mort sans foi ni croyance (le 11 janvier 1822, à l'âge de 70 ans ; profession : secrétaire de mairie).

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Son fils (François-Pierre), il paraît, n'a pas été plus heureux : il s'était marié avec une femme qui, dans des accès de folie, s'était imaginée avoir pour mari l'antéchrist. On dit que c'est elle qui le fit assassiner par son jardinier.

Un jour, ce M. Besnard est revenu à Candé ; c'était vers 1820. Il alla faire visite aux demoiselles Chauveau, cousines de Mlle d'Allier ; elles ne voulurent pas le recevoir. De là, il alla voir Mme Nourry, qui était également une Chauveau ; il y fut bien reçu.

Le jour de la Fête-Dieu, lors du passage de la procession, il eut l'impudence de se montrer par une croisée, au premier, M. le curé Baugé le reconnut ; il se tourna aussitôt vers les chantres, entonnant de toutes ses forces le Miserere, et tout le monde fut stupéfait sans pouvoir deviner pourquoi. Les personnes chez qui il était en ont longtemps gardé rancune au curé pour cette sortie.

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Extrait : Candé ancien et moderne, par Perron-Gelineau - 1886