CHAMPDENIERS
1931


Un lecteur d'un département voisin nous a conté la bonne histoire que voici :

gendarme à cheval z


Champdeniers, qui a une curieuse église du XIe siècle et des foires où l'Espagne vient choisir ses mules, a également jusqu'à ces derniers temps une brigade à cheval.

Mais un ministre sans idéal en a fait une brigade à pied. Et c'est pourquoi, alors qu'ils croyaient honnêtement avoir effacé tous les signes extérieurs qui distinguent un gendarme à cheval d'un gendarme à pied, les gendarmes de Champdeniers se trouvèrent démontés à la vue d'une vieille pelle d'écurie, reste suprême de leur ancien état de cavaliers. Ils s'en ouvrirent au colonel de la 9e légion, qui prescrivit de déposer l'outil à Niort, d'où il devrait être expédié en Indre-et-Loire, à la brigade de Château-Renault, qui, elle, est encore à cheval. C'était bien. Mais aucun crédit n'avait été prévu au budget de l'armée pour cette opération. Pourtant il fallait obtempérer.

La nécessité est mère de l'invention ... Le capitaine de gendarmerie de Niort prit la pelle, la mit, entre deux gendarmes, dans l'auto de la compagnie, et la transporta à Lusignan, où elle passa entre les mains du capitaine de Poitiers, lequel, en automobile aussi, se dépêcha de l'aller confier au lieutenant de Châtellerault ; celui-ci, à motocyclette, l'emporta rapidement à Ste-Maure ; le capitaine de Tours, au volant, y attendait la vieille pelle, il la reçut dans les formes qui convenaient, puis fila, pressé d'en faire la remise officielle à la brigade à cheval de Châteaurenault, qui gravement se déclara heureuse d'une telle aubaine.


Ce n'était pas plus difficile que cela, mais il fallait le trouver.
R. J.

La Grand'goule : les lettres, les arts, la tradition, les sites : revue poitevine ... - avril 1931