AFFAIRE PAUL-RENÉ-LOUIS GOUPIL
BOURGUEUIL

Bourgueil abbaye z

La Commission Militaire de Tours se voit obligée d'acquitter Paul-René-Louis Goupil, cultivateur à Bourgueil, âgé de cinquante-neuf ans. Ce cultivateur de Bourgueuil n'est autre que Paul-René-Louis Goupil de Bouillé (né le 17 janvier 1735), écuyer, ancien capitaine de cavalerie, ancien garde de la Manche du roi (1755-1787), chevalier de Saint-Louis.

De quoi est accusé notre homme ? "D'avoir attiré les Brigands chez lui, lorsqu'ils allaient à Bourgueuil, à la fin de juin dernier (1793), de leur avoir montré sa croix de Saint-Louis, pour conserver partie de ses armes, qu'ils voulaient lui enlever, & s'être montré ainsi d'intelligence avec eux."

Les deux témoins à charge sont en contradiction l'un avec l'autre - et en contradiction avec l'accusation. Le premier prétend avoir vu l'inculpé "parler aux Brigands & leur montrer, sur l'arche du pont, sa croix de Saint-Louis, pour obtenir la remise de ses armes", et le second "avoir vu le prévenu à la chambre municipale, montrer aux Brigands sa croix de Saint-Louis, pour conserver deux de ses fusils". L'un et l'autre ont peut-être raison, mais la Commission ne retient aucun de ses témoignages puisqu'ils ne concordent pas.

Quand l'on veut sauver quelqu'un, le parjure ne coûte guère. Soit ! Mais accepter le parjure d'autrui ne serait-ce pas se parjurer soi-même ? La municipalité de Bourgueuil et son Comité de Surveillance désiraient arracher Goupil de Bouillé des mains de la Commission Militaire. Ils en ont peut-être un peu trop rajouté. L'ancien garde de la Manche n'a-t-il pas été gêné en entendant ceci :

"Considérant qu'il résulte des différents certificats de la Municipalité & du Comité de Surveillance de la Commune de Bourgueuil, & de la déposition des témoins, que le prévenu s'est toujours montré attaché à la Révolution, exact et sévère exécuteur des Loix, ennemi de la Cour & de ses dilapidations, convaincu des crimes de Capet & de sa femme, dès avant & après leur juste condamnation, détestant les prêtres qu'il traitoit de scélérats, comme s'opposant aux efforts qu'il faisoit pour éteindre le fanatisme dans sa commune ..."

A moins que ...

Différents actes de patriotisme sont encore à mettre à son actif : encouragements aux jeunes gens de Bourgueuil partant se battre contre les Vendéens, renvoi au combat des déserteurs, soustraction à la rapacité des Brigands de soixante à quatre-vingts fusils et d'une importante quantité de plomb ...

De tout ce qui précède, "il résulte clairement que le prévenu n'a point eu d'intentions perfides en montrant sa croix de Saint-Louis", conclut la Commission Militaire - ce qui admet donc qu'il l'a montrée - et prononce l'acquittement.

Bulletin de la Société archéologique de Touraine - 1966 - T34

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GOUPIL DE BOUILLÉ, Éc., Seigneurs de Bouillé et de Pavée, paroisse de Bourgueuil (XVIIIe siècle)

Cette famille paraît être originaire de l'Anjou. Louis Goupil, Seigneur de Bouillé, vivant en 1660, fut pourvu des charges de conseiller du roi, receveur alternatif des tailles, et de trésorier des octrois de cette ville, charges qui restèrent dans la famille jusqu'en 1778.

La terre de Pavée vint en la possession de la maison Goupil de Bouillé en 1768, par suite du mariage d'Anne-Françoise-Charlotte de Cougny avec Paul-René-Louis Goupil de Bouillé, écuyer, né le 17 janvier 1735, garde de la Manche du roi, capitaine de cavalerie et chevalier de Saint-Louis.

Paul-René-Louis Goupil de Bouillé remplit les fonctions de garde de la Manche depuis le 19 octobre 1755 jusqu'au 3 octobre 1787.

Marié le 24 mai 1768 à Bourgueuil avec Anne-Françoise-Charlotte de Cougny, fille de François-Pierre et d'Aimée-Anne-Georgette Gilbert.

Les armoiries de la famille Goupil de Bouillé sont : d'azur à trois merlettes d'argent 2 et 1 et un croissant de même en pointe ; au chef d'or. - L'écu timbré d'un casque de front.

Armorial général de la Touraine.

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http://fr.1001mags.com/parution/jour-de-france/numero-50-mai-2015/page-66-67-texte-integral  : article de Jour-de-France