LE COMTE AMABLE DE NIEUL

Fils du marquis de Nieul, grand sénéchal de Saintonge. Il émigra, revint en France, et, ne voulant pas, à la Restauration, augmenter le nombre des solliciteurs, il préféra rester dans la retraite.

Aux Cent Jours, il fut rejoindre les Vendéens et se dévoua pour la bonne cause.

Dans le Marais, un fou, appelé Augier de la Terraudière, sans provocation, sans motif, le mit à mort d'un coup de fusil et la victime ne conserva la vie quelques instants que pour pardonner à son assassin.

Revue de Saintonge et d'Aunis - tome XXIII - 1ère livraison - 1952


 

Poute de Nieul armes z

 

Armes : d'argent à trois pals de sable, au chevron de même, brochant sur le tout.

Claude-Arnoult Poute, marquis de Nieul, comte de Confolens, Seigneur de Saint-Hilaire, Saint-Sornin, de Château-Dompierre, etc, est né au mois de juillet 1730, chef d'escadre des armées navales en 1784. Le marquis de Nieul se fit un nom dans la marine, tant par sa valeur que par la publication d'un ouvrage intitulé : "Tactique et signaux de jour, de nuit et de brume, à l'ancre et à la voile, à l'usage de l'escadre d'évolution commandée par M. le marquis de Nieul, chef d'escadre des armées navales, inspecteur, etc", Brest, Malassis, 1787, in-4°. Le marquis de Nieul fut nommé commandeur de Saint-Louis et de Saint-Lazare en 1788 ; grand sénéchal de Saintonge, en 1789 ; chef d'escadre, inspecteur-général du corps royal de la marine ; il fut chargé de présider, en 1789, l'assemblée des trois ordres, convoquée à Saintes, pour les États-généraux. Contre-amiral le 1er janvier 1792, puis rayé du contrôle le 15 mars suivant.

Voyant ensuite la marche terrible des évènements, cet officier supérieur se mit à l'écart et ne parut point à la revue de ce même jour 15 mars ; il émigra et commanda, dans l'armée des princes, la seconde division du corps de la marine.

Il avait épousé, en 1762, Augustine-Jeanne des Francs ; il est mort à Poitiers, le 19 avril 1806 ...

 

Poute de Nieul Arnoult-Claude décès z

 

Claude-Arnoult Poute était marié depuis trois ans lorsque le 25 novembre 1765, il eut un fils, Augustin-Marie, qui embrassa lui aussi la carrière des armes. D'abord garde du corps du Roy, il devint capitaine au régiment Dauphin-Dragons. Marié le 23 janvier 1786, à Anne-Françoise de La Luzerne, il fut présenté à la Cour le 13 février 1789 ; Mme de Nieul l'avait été le 19 février 1786.

De leur union naquirent :

- Ange-Félix, mort le 15 janvier 1790 ;

- Augustine-Henriette-Zoé, décédée le 15 juillet 1790 ;

- Augustin-Arnoult-César, garde du corps du Roy, lieutenant-colonel, chevalier de la légion d'honneur (né à Condé le 17 décembre 1790 ; garde du Corps du Roi - 1814 ; Capitaine adjoint à l'Etat-major - 1815 ; capitaine des chasseurs - 1815 ; a fait la campagne de la Vendée en 1815 ; "bon officier"). (AD85 - SHD XU 16-49)

(, marié : 1° le 14 décembre 1813, à Joséphine-Adélaïde de Mac-Mahon ; 2° le 6 mai 1829 à Renée-Octavie de Menou.
Du premier lit sont issus : 1° Georges-Augustin-Arnoul, marié le 2 février 1848 à Aliette de Cambout de Coislin.
2° Marie-Césarine-Charlotte-Céline ;
3° Marie-Édine-Pélagie.

- Amable, né en 1767, à Chalandray, baptisé en la chapelle Saint-Hilaire-de-Cramard ; sous-lieutenant au régiment du Roy-Infanterie ; il émigra.

- Alexandre-Thérèse, mariée le 2 décembre 1782 à Henri-Jacques-Louis d'Espaigne.

 

Extrait : Nieul-le-Virouil : souvenirs du temps passé - par V. Belliard, curé de Nieul-le-Virouil - 1904
Extrait : Etudes historiques, littéraires et scientifiques sur l'arrondissement de Jonzac - 1864

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Au printemps de 1815, Amable-Henri-François faisait partie de l'armée royale commandée par Louis de La Rochejaquelein et se trouvait avec lui au Perrier en Vendée, d'où l'armée devait partir avec 1.300 poitevins le 4 juin pour livrer bataille aux Mathes. François fut tué 3 jours avant, 1er juin, et enterré au cimetière du Perrier, où Louis de La Rochejaquelein fut également enseveli, quelques jours plus tard.

 

Poute de Nieuil comte décès entier

 


 

 

AUGIER DE LA TERRAUDIÈRE - Famille originaire de Niort, où ses membres ont rempli les plus hautes fonctions municipales. On sait que la charge de maire de cette ville conférait la noblesse lorsque l'élu déclarait son intention de vivre noblement.

Augier de la Terraudière zz

Blason - Augier de la Terraudière, procureur du Roi aux traites de Niort et subdélégué de l'intendant portait : d'argent au chevron d'azur, accompagné en chef de 2 croissants de gueules, et en pointe d'un arbre de sinople sur un rocher de gueules, surmonté d'un chef d'azur chargé de 2 étoiles d'or.


Augier François était échevin de Niort en 1620.

Augier Christophe était pair de la commune de Niort et lieutenant au régiment de milice en 1621.

Augier Christophe, seigneur de la Terraudière, sans doute fils du précédent, avocat à Niort, fut maire en 1673, 1674 et 1675. Il fut aussi échevin et capitaine du régiment de milice. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : "Le thrésor des titres justificatifs des privilèges et immunités, droits et revenus de la ville de Niort ; ensemble la liste de ceux qui ont été maires de laditte ville, et celle des maires, échevins et pairs d'à présent" (1 vol. in-16°, Niort, 1675).

Augier de la Terraudière Christophe épousa, vers 1700, Louise-Élisabeth de Beausobre, fille d'Isaac et de Louise Gachet ; et sans doute en 2es noces Marie-Marguerite Richier ; elle fut marraine à Aulnay, en 1705, d'un fils de :

Augier de la Terraudière Aimée, soeur de Christophe, qui avait épousé René Cherpentier, seigneur de Laurière, bailli du siège royal d'Aulnay.

Augier de la Terraudière Marguerite épousa, vers 1720, Philippe Arnauldet, procureur du Roi des eaux et forêts de Chizé.

Augier de la Terraudière Pierre prend, dans une réunion des habitants de Niort, assemblés le 18 décembre 1716 pour délibérer sur l'établissement du collège de l'Oratoire, le titre d'ancien subdélégué de M. l'intendant ; il était échevin en 1718.

Augier de la Terraudière Emmanuel, archiprêtre et curé de Notre-Dame, fit partie de cette même assemblée.

Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou - Tome 1er - Beauchet-Filleau - 1891

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Il est impossible de suivre la filiation des Augier de la Terraudière. L'abbé Largeault a signalé, d'après des sources restées inconnues, l'existence en 1830 de Louis-Christophe-Alexandre Augier de la Terraudière, pour lequel on trouve à la bibliothèque de Niort un mémoire judiciaire imprimé dû à Chauveau-Lagarde, avocat, portant entre autres dates celle du 24 mars 1817.

Ce Terraudière, entré dans l'Enregistrement, avait fait son surnumérariat à Niort en 1809. Receveur à Moncoutant jusqu'en 1815, puis à Gençay (Vienne), où il ne resta que trois mois, après les Cent-Jours, il venait alors de faire campagne dans les bandes de la Chouannerie.

Le mémoire nous apprend qu'il eût alors le malheur de tuer l'un de ses chefs, M. de Nieul, dans un accès de folie, circonstance qui lui valut d'être relaxé après les poursuites intentées tant par la Justice que par la famille de la victime de ce déplorable accident.


Mémoires de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres - A2 - 1906