Le premier de la famille Douilhé dont on trouve trace à Auch fut Jean Douilhé, originaire de Mortain, en Normandie.

Il était sculpteur, fort habile dans son art et en très grande réputation dans toute la Gascogne. A partir de 1643, il exécuta de nombreux travaux pour diverses églises du diocèse d'Auch et même de la Vallée d'Aure et des Landes ... Jean Douilhé, qui mourut vers 1681, avait été marié deux fois : de son second mariage avec demoiselle de Cousso il avait eu deux fils et quatre filles. Lorsque nous aurons dit qu'il avait un caractère intraitable, violent, querelleur, facilement irritable et qu'il était comme tous les Normands, très processif, nous aurons dit tout ce que nous savons de lui comme homme privé. Joseph, l'aîné de ses fils, épousa demoiselle Marguerite de Calmeilh, acquit avec elle en 1682 la terre de Léchaux dans la juridiction de Coignax, et fut le père de Jean, qui acheta à Auch une charge de trésorier de France conférant la noblesse et de Joseph qui habitait Masonville.

Jean Douilhé de Léchaux épousa Françoise-Catherine d'Escoubés de Monlaur, apparentée aux familles les plus distinguées du pays ; de cette union vinrent deux enfants : Agnès, mariée à Messire François-Basile de Baric, seigneur de Lucvielle et conseiller au présidial d'Auch, et Jean-Jacques : c'est de lui dont il va être question.

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JEAN-JACQUES DOUILHÉ DE LÉCHAUX, plus connu sous le nom de Cousso (1), naquit à Auch, paroisse Saint-Orens, le 7 octobre 1763. Il reçut par les soins de ses parents une excellente éducation dont témoignent dans ses écrits ses judicieuses réminiscences classiques, ses nombreuses citations et sa connaissance approfondie des auteurs anciens.

Il fut successivement trésorier de France à Auch, membre du Club des Jacobins de Paris, officier au 10e régiment de Chasseurs à cheval, aide-de-camp des généraux Luckner, Custine et Beauharnais, adjudant-général, ensuite prisonnier d'État et officier de réforme, enfin Colonel d'État-major.

Après avoir été élevé dans la maison paternelle par un prêtre, l'abbé Arqué, il entra dans le pensionnat dépendant du collège d'Auch. Il s'y distingua dans le cours de ses études à un tel point qu'il remporta les premiers prix dans toutes les classes : c'est du moins lui qui le dit. Il venait de terminer sa rhétorique lorsqu'il perdit son père qui mourut le 21 novembre 1779, à l'âge de 85 ans ...

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En sus de la charge de trésorier de France, il avait recueilli dans son héritage une belle maison à haut et bas étage sise rue du Pouy à Auch, "consistant en plusieurs appartements, boutiques, cour d'entrée, terrasse, cour de ménagerie, jardin, écuries pour 9 chevaux, greniers à foin, etc" ; la métairie de Léchaux acquise par son grand-père et le domaine de Jordanis " de deux labourages de deux paires chacun, bâtiments nécessaires pour l'exploitation, logement pour le maître, cours, jardins, orangerie, pièce d'eau, colombier, bois, prairies, champ fruitier, vignes, situé à un quart de lieue d'Auch, entre deux grandes routes et arrosé par la petite rivière de l'Arçon" ...

A partir de ce moment l'existence du jeune trésorier de France dut être très dissipée et fertile en folies de toute sorte ; et ce qui nous le donne à penser, c'est le récit qu'il a laissé d'une de ses escapades :

"Ne pouvant, dit-il, effacer de son esprit le goût qu'il avait pour l'état militaire, il partit un jour sans prévenir sa parenté et se rendit à Rochefort où était M. de Mousquères, un de ses amis, officier dans le régiment du Maréchal de Turenne. M. de Mousquères aimant le jeu et les femmes lui fit partager ses goûts. En peu de jours, il dépensa tout l'argent qu'il avait porté à son départ d'Auch, bien résolu qu'il était à servir dans le régiment du Maréchal de Turenne. Mais n'ayant que 17 ans, étant sans expérience, n'ayant plus d'argent, ne voulant ni écrire à sa mère pour lui faire part de sa détermination, ni lui demander de l'argent, M. de Mousquères lui fit prêter 240 livres par un de ses camarades et il le détermina à s'en retourner à Auch, ce qu'il fit avec grand regret."

Il est dommage que Cousso n'ait pas jugé à propos de nous laisser le récit de l'accueil que dut lui faire sa famille au retour de cette belle équipée : à coup sûr, la réception dut être chaude. Cependant, il sut donner des gages de son repentir et rassurer sa mère et ses oncles pour l'avenir car nous le voyons "pour plaire à sa parenté" continuer à exercer sa charge de trésorier de France à Auch ...

Il est à présumer que la jeunesse de Cousso empêcha ses concitoyens de lui confier des fonctions électives qu'au reste il ambitionna en vain toute sa vie. Ce lui fut une déconvenue : "aussi, nous dit-il, voyant sa charge supprimée par suite d'une révolution qui semblait vouloir régénérer le gouvernement pour contribuer au bonheur de la nation", il résolut de se rendre à Paris.

Qu'allait-il y faire ? Si l'on s'en rapporte à son dire, la liquidation de sa charge l'y appelait uniquement, mais si l'on considère qu'aussitôt après son arrivée dans la capitale, on le trouve membre influent du club des Jacobins, plongé jusqu'au cou dans les manifestations révolutionnaires, en intime liaison avec les députés les plus en vue des partis avancés : Beauharnais, Mirabeau, Target, Rabaut-Saint-Etienne, Merlin, d'autres encore moins en évidence mais tout aussi turbulents ...

La fortune de Cousso s'était évaporée toute entière et dans un temps très court, en fumée d'assignats, de ces assignats dont Dupont de Nemours disait qu'il fallait en traîner un balot pour payer une paire de souliers ! ...

Il hésita quelque temps à tenter fortune en Angleterre, il se décide brusquement à embrasser l'état militaire, et, entraîné par l'enthousiasme du moment, à se dévouer, comme il le dit, à la défense des frontières menacées.

"Dès que M. Cousso, nous dit-il, eut vu la mauvaise composition de l'Assemblée nationale qui avait succédé à l'Assemblée Constituante, il prévit les malheurs qui allaient affliger son pays et dans l'espoir d'acquérir des connaissances militaires, la guerre s'étant allumée entre la France et l'Autriche, il se détermina à prendre du service dans l'armée. En conséquence, il écrivit d'abord à M. le général Luckner, à Strasbourg, pour le prier de lui procurer du service. Ayant reçu une réponse très obligeante de ce général, il se détermina à se rendre auprès de lui. A peine arrivé à Strasbourg, il fut visiter M. le général Luckner qui l'accueillit avec bonté et l'engagea à lui présenter un Mémoire pour obtenir une sous-lieutenance dans un régiment de troupes légères à cheval ; ce qu'il fit. M. le général ayant reçu le Mémoire de M. Cousso l'adressa au ministre de la Guerre. En attendant la réponse du ministre, M. Cousso entra le 1er janvier 1792 comme volontaire dans le 3e bataillon du Jura cantonné à Bicheveylez. Fixé désormais dans la carrière militaire et témoins oculaire des plus grands évènements, il instruisait son ami Ladrix de tout ce qui se passoit de remarquable. Sa correspondance à ce sujet étoit très étendue : il lui confiait ses pensées les plus secrètes et lui fesait part dans ses lettres de toutes les réflexions que les circonstances lui inspiroient."

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Le 24 mars 1792, il écrit de Strasbourg : "... Je viens de réfuter le Rapport que M. Vaublanc a fait à l'Assemblée nationale sur les Récompenses Militaires et sur les Triomphes à décerner aux Généraux victorieux". Le titre de cette réfutation en est un peu long mais formellement explicite, mais comme il présente l'avantage d'offrir une idée, une sorte d'analyse et d'éclairer suffisamment les intentions de l'auteur, le voici en son entier : Réfutation du Rapport de M. Vienot Vaublanc, fait à l'Assemblée Nationale le 28 janvier 1792, un matin, au nom du Comité d'Instruction publique, sur les récompenses et les triomphes à décerner aux militaires et aux généraux victorieux, et sur le caractère à inspirer à la Nation régénérée, par M. J.-J. Coussod Léchaux, Électeur du Département du Gers, membre de la Société des Amis de la Constitution séante aux Jacobins à Paris, et Officier de Cavalerie. Le contenu de la brochure tient la promesse de ce titre.

C'est une production très curieuse, passablement diffuse et comme il convient imbue toute entière de la pure doctrine Jacobine. Cousso prend, bien entendu, le contre-pied de toutes les idées de Vaublanc sur la matière. Il se perd en disgressions originales : sur l'éducation à faire au peuple, sur les fêtes populaires. Il admet l'octroi de quelques récompenses, mais recommande qu'elles ne soient pas toutes réservées aux militaires : "Pour conserver, dit-il, les droits sacrés que nous avons conquis, établissons des récompenses, mais qu'elles soient communes à tous les citoyens qui auront bien mérité de la patrie". Entre temps et sans doute pour distraire le lecteur, il brosse assez vivement le récit du triomphe de César après la prise du Tiques (sic). Il dénombre son cortège, estime ses prises qui sont, dit-il, de l'ordre de 66.000 talens qu'il évalue, on ne sait trop pourquoi, si ce n'est que le change en assignats en eut paru exhorbitant, à la somme de 12.650.000 liv. sterling. Il serait trop long de suivre Cousso dans toutes ses élucubrations.

Notons cependant cette idée qui en fait un précurseur en matière de législation militaire : il veut changer la formation des conseils de discipline "où le soldat n'est nullement représenté". Il blâme aussi "l'usage servile de faire présenter par les sentinelles les armes aux officiers" et il en donne la raison, c'est que "ces prétendus honneurs fatiguent et le soldat et l'officier" et que "l'on doit s'empresser de proscrire tout ce qui porte un caractère de servitude". Après un pompeux éloge de Robespierre et de ceux qui, comme lui, n'ont jamais dévié, il en revient à une idée qui lui est chère "Multiplions, multiplions surtout les sociétés patriotiques ; qu'il s'y établisse un foyer de lumière dont les rayons s'étendront à tout l'univers ; c'est là que les citoyens apprendront à connoître leurs droits et leurs devoirs". Il termine par une quantité de conseils aux Français ; n'en retenons qu'un, bon à méditer en tout temps et à suivre en tout pays : "Citoyens, surveillez sans cesse vos administrateurs, et faites leur rendre exactement leurs comptes".

Cousso servit, par ses brochures, la cause Jacobine et dut négliger ses obligations militaires, n'ayant pour ainsi dire pas quitté Strasbourg jusqu'aux premiers jours de l'année 1792. C'est à cette époque qu'il fut nommé sous-lieutenant de cavalerie et placé au 10e régiment de Chasseurs à cheval.

Les hostilités ayant été engagées sur le Rhin, le général en Chef Custine ayant marché sur la ville de Spire où il fit environ 3.000 prisonniers, Cousso fut chargé de l'escorte de 1.000 d'entre eux qu'il conduisit jusqu'à Auxerre. A son retour et le 3e escadron ayant été dirigé sur Mayence sous les ordres de M. le capitaine Zellern, M. Cousso partit avec cet escadron pour aller joindre l'armée commandée par M. le général Custine.

[- Aide-de-camp du général Beauharnais, commandant en chef l'armée du Rhin, en 1792.]

LUCON

Dépendant de l'armée de Mayence, Jean-Jacques Douilhé de Léchaux , intègre l'armée de l'Ouest en germinal an II et est envoyé avec un détachement à Luçon, où commandait le général de brigade Guillaume, durant le mois de floréal de la même année.

Nommé membre du conseil de guerre existant alors dans cette ville assiégée, il réfléchit aux solutions pouvant permettre de mettre fin à la guerre de Vendée.

Voyant avec peine le système d'extermination adopté dans la Vendée, il proposa au conseil de guerre de publier une Proclamation pour obvier aux désordres affligeans qu'entraînait ce système de guerre adopté dans cette armée ne tenait nullement à un système régulier d'ensemble, et comme chaque général dirigeait et exécutait partiellement des opérations selon son gré, sans recevoir des ordres du général en chef, il résulta de ce système de grands inconvénients auxquels un Plan d'ensemble d'opérations à exécuter pour toutes les troupes qui composaient l'armée de la Vendée.

La Proclamation et le Plan présentés par M. Cousso furent agréés par le conseil de guerre de Luçon qui fit imprimer et afficher la Proclamation et qui arrête que le Plan serait adressé au général en chef à Nantes. M. Cousso fit imprimer un ouvrage intitulé Notices sur la guerre de la Vendée, dans lequel est inséré ce Plan, qui sans doute eut mis fin à la guerre de la Vendée, s'il eut été adopté. Ce travail fit tant d'honneur à M. Cousso que M. l'adjudant-général Valentin et M. le général Beaupuy chef de l'E.M.G. de l'armée lui écrivirent pour l'engager à accepter les fonctions d'adjoint à l'E.M., mais il refusa ces propositions afin d'être fidèle au système que les circonstances l'avaient déterminé à adopter.

Certificat de l'adjudant-général Valentin reçu plus tard par Cousso :

"Au Q.G. de Vicensa, I brumaire an V (22 octobre 1796)
L'adjudant-général Valentin, chef de l'E.M. de la 5e division, certifie que pendant le tems qu'il a été emloyé à l'armée de l'Ouest, il y a connu le citoyen J.J. Cousso, alors lieutenant au 10e R. de ch. à ch. et que depuis son arrivée au cantonnement de Luçon jusqu'à son départ, il a non seulement tenu la conduite la plus digne sous tous les rapports, soit par son intelligence, soit par sa bravoure dans les actions militaires ; mais qu'encore ayant été nommé membre du Conseil de guerre en considération de ses talens et de son patriotisme, qu'il y a non seulement présenté des plans et des mesures efficaces pour terminer la guerre de la Vendée, mais qu'encore il a manifesté dans toutes les occasions la sagesse la plus éclairée en déployant toutes les vertus qui lui ont concilié l'estime de ses frères d'armes et des généraux ; qu'enfin, je rends hommage au mérite distingué du cit. Cousso en lui délivrant le présent certificat qui n'est que l'expression de la vérité. Valentin."

 

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Le rang d'ancienneté ayant dévolu à M. Cousso le grade de capitaine dans le 6e escadron du 10e Régiment de C. à ch., vu qu'une nouvelle formation avait porté les régiments de cavalerie légère à 6 escadrons. Il prit le 16 frimaire an III (6 décembre 1794) le commandement de la 12e Cie, vacant par la mort du cit. Péant.

A ce point du récit, il nous faut l'interrompre un moment pour nous occuper d'une juridiction avec laquelle Cousso eut maille à partir à deux reprises. Nous voulons parler des Tribunaux Militaires organisés par la Convention à l'exemple de ceux qui suivaient les légions romaines. Ces Tribunaux Militaires composés de juges civils et militaires, connaissaient de tous les crimes et délits commis aux armées, les réprimaient sans délais, sans recours : leurs jugements sommaires étaient, non sans raison, fort redoutés.

Nous ne savons pas précisément ce qui était reproché à Cousso lorsqu'il comparut pour la première fois devant cette redoutable magistrature, mais nous savons du moins que ce fut lorsqu'il siégeait depuis quelque temps déjà au conseil de guerre de Luçon, puisque le 9 thermidor de l'an II (27 juillet 1794), les membres composant ce conseil, le général Guillaume, Ceyras, commandant de la place. P. Zeler, chef d'escadron, lui exprimaient le désir, à la fin d'un certificat élogieux "qu'un prompt jugement le ramenât dans leur sein" et que "ses frères d'armes, lui écrivirent aussi une lettre honorable, après qu'il eut triomphé de son infâme dénonciateur" ...

Quant à la seconde affaire qui amena Cousso devant le tribunal militaire, elle est trop curieuse et retrace avec trop de vérité l'état d'insubordination qui régnait en ce temps-là dans les armées pour que nous la passions complètement sous silence. Voici donc le jugement qui la résume :

"Liberté, Égalité, Justice. Armée de l'Ouest Police Militaire.
Le 11 floréal, 3e année républicaine (30 avril 1795), moi, J.-P. Delaunay, officier de police et de sûreté de la 2e Division de l'Ouest étant présentement à Fontenay-le-Peuple, département de la Vendée, sur la dénonciation qui a été faite par le citoyen Zeler, chef de brigade du 10e R. Ch. à ch., le 23 germinal dernier, contre le citoyen J.-J. Cousso, âgé de trente ans, natif d'Auch (Gers), capitaine de la 12e cie du même corps, prévenu d'avoir, ce même jour-là, dit au citoyen Zeler, son chef, qu'il était un lâche, un Jean-foutre, et de lui avoir proposé de se battre avec lui, au sabre ou au pistolet, j'ai interrogé ledit Cousso, hier, sur tous ces faits, et ayant ensuite convoqué, suivant la loi du 3 pluviôse an 2, concernant l'organisation des Tribunaux militaires, le juré d'accusation, mes deux assistants et moi, après avoir vu et mûrement examiné la dénonciation dont il s'agit et toutes les pièces y relatives : Considérant qu'à la vérité, il est prouvé que le citoyen Cousso a dit au citoyen Zeler, son chef, qu'il était un Jean-foutre, et qu'il lui a proposé un duel ; mais qu'il paroît constant aussi qu'il avoit été vivement provoqué par le citoyen Zeler, en différentes circonstances, et particulièrement, lorsqu'à l'époque en question, et avant que le citoyen Cousso lui eut tenu aucun mauvais propos, il lui dit qu'il avait été de tous les partis, excepté de celui du bien ; considérant aussi que cette proposition de duel, qui paraît avoir eu lieu dans ces premiers mouvements de vivacité que l'homme sensible peut difficilement vaincre, quand il se voit offensé, n'a point été faite publiquement, et qu'elle n'a eu aucune suite fâcheuse, nous décidons, à l'unanimité, qu'il n'y a point lieu à accusation contre ledit Cousso, pour raison des faits dont il s'agit, et, qu'en conséquence, il sera remis sur-le-champ en liberté.
J.-J. Chevreux, capt, au 7e R. de Ch. à ch. ; A. Gaudin, marchand, de cette commune et Delaunay, officier de P. M."

- Employé aux armées des Alpes et d'Italie, a eu un cheval tué sous lui d'un boulet de canon, en chargeant sur une pièce d'artillerie autrichienne, à la bataille de Tarvis, à l'armée d'Italie, en l'an V, dans la division du général Masséna.

- Blessé d'un coup de sabre au coude gauche par un hussard autrichien du régiment de Toscane, au combat de Clagenfurt, après avoir chargé et dispersé une division de hussards autrichiens du régiment de Toscane.

- Nommé chef de bataillon d'infanterie en l'an VI, à cause de sa blessure, étant privé de l'usage du bras gauche et ne pouvant continuer son service dans les troupes à cheval.

- Aide de camp du général Masséna, commandant en chef l'armée du Rhin, en l'an VII (1800).

- Adjudant-général, en l'an VI (1800), et a servi en cette qualité, la même année, à l'armée du Rhin.

- Passé à l'armée d'Italie, en l'an VIII (1801), où il a fait les campagnes de l'an VIII (1801), et de l'an IX (1802).

- Passé en l'an X (1803), dans la division de Ligurie, comme chef d'état-major.

- Réformé en l'an X (1803).

"Le sieur de Cousso était colonel et en activité de service, en qualité de chef d'état-major, à l'époque du 19 mars 1815. Il a donné sa démission de ce grade, le 4 avril suivant, pour se rendre auprès de S.A.R. Mgr. le duc d'Angoulême, à l'armée du midi de la France.
En 1817, il a sollicité sa réintégration dans son ancien titre et sa mise en activité de service, ou sa promotion au grade de maréchal de camp. Cette double demande ayant été rejetée par le ministre de la guerre, le colonel de Cousso a cru pouvoir déférer cette décision à la censure du conseil-d'état "... Mais la requête présentée fut rejetée.

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JEAN-JACQUES DOUILHÉ DE LÉCHAUX mourut à Paris (?), le 26 novembre 1823. Il portait le titre de colonel d'état-major.

La famille Douilhé s'éteignit sans doute dans la personne de ce soldat de la Révolution ...

 

(1) Avant la Révolution, il porta le nom de Douilhé de Léchaux qui est le sien, sans conteste. Tous les actes de son dossier militaire sont établis sous le nom de Cousso qui demeura le sien. Il obtint même, le 16 juin 1811, par jugement du tribunal civil d'Auch, une rectification de son état-civil l'autorisant à reprendre le nom de Cousso, qui d'après ses dires aurait été celui de ses ancêtres. Il est surprenant que le tribunal n'ait pas jugé à propos de remonter dans son enquête jusqu'à Jean Douilhé, le sculpteur ... Quoiqu'il en soit, J.-J. Cousso tenait tellement à ce que ce jugement en rectification de son état-civil fut connu qu'il le fit éditer à deux reprises différentes, d'abord à Auch ... et à Toulouse ... et qu'il l'envoya à tous ses correspondants.


Répertoire de la nouvelle législation civile, commerciale et administrative - par M. le baron Favard de Langlade - volume 2 - 1823.

Bulletin de la Société archéologique, historique, littéraire et scientifique du Gers, 1913 - 1931 - 1932 et 1933.