THOMAS DU PRAI
GUILLOTINÉ A ANGERS (1794)


Thomas du Prai, né à Longueville (Calvados) en 1752, appartenait à une famille de la noblesse.

D'abord volontaire dans le régiment colonel général cavalerie, il ne tarda point à passer en Autriche pour se dérober aux suites d'une lettre de cachet obtenue contre lui par ses parents.

Pendant 18 ans, il servit dans le régiment de Las ; il quitta l'Autriche pour rentrer dans sa patrie lors de l'abolition des lettres de cachet. Il s'enrôla alors dans la légion germanique, où il conquit le grade de lieutenant en second.

Il prit part à l'insurrection vendéenne, fit toute la campagne d'Outre-Loire, et au retour de cette malheureuse expédition fut arrêté à Saint-Erblon (Loire-Inférieure).

 

ANGERS 1794

 

Conduit à Angers, il comparut le 7 janvier [1794] devant le Comité Révolutionnaire de cette ville, qui l'interrogea comme suit (Archives de la Cour d'appel d'Angers - L'interrogatoire fut fait par Brutus Thierry, assisté de Cordier comme secrétaire) :

Depuis quel temps il est dans l'armée des brigands ? - Il a été fait prisonnier lors de la prise de Saumur par les brigands (9 juin 1793), conduit par eux à Argenton, de là à Châtillon, à Mortagne et à Cholet, où on voulut le fusiller. Mais d'Elbée lui ayant dit que s'il voulait servir dans son armée il allait lui donner sa grâce, lui déclarant voyant qu'il n'y avait que ce moyen d'échapper à la mort répondit qu'il servirait.

Si après cet aveu les brigands ne lui donnèrent pas les armes ? - Ils ne l'armèrent pas dans ce moment, mais bien au passage de Varades, où ils lui donnèrent un sabre.

A combien de batailles il s'est trouvé avec eux dans la Vendée ? - A aucune, au contraire, il était dans leurs prisons.

A combien de batailles après le passage de la Loire il s'est trouvé avec eux ? - Laval, Avranches, Dol, La Flèche, Angers, Sablé, Le Mans.

Dans lequel de ces endroits les brigands lui ont donné un cheval et une paire de pistolets ? - En partant de Laval, pour aller au Mans.

De quelle manière il se battait dans les combats ? - Tantôt il escortait les voitures et les femmes, tantôt il suivait les Suisses.

Il ne dit pas la vérité parce que nous savons qu'il chargeait l'ennemi, et d'ailleurs le serment qu'il avait fait de servir dans l'armée catholique lui imposait ce devoir ? - Il n'a pas tiré un coup de pistolet ni donné un coup de sabre.

En quel endroit il était lors du siège d'Angers ? - Aux arrêts, par ordre du prince de Talmond, il n'a été remis en liberté et ses armes rendues qu'au Mans.

Ce qu'il a fait de ses armes et de son cheval ? - Ayant quitté les brigands à Ancenis il a rendu ses armes au maire de Saint-Erblon.

Dans tout ce qu'il vient de dire il nous en a imposé ; au contraire de tout ce qu'il nous a dit, nous savons que comme noble et haïssant notre révolution, ayant voulu émigrer et ne l'ayant pu, il s'était effectivement enrôlé dans les armées de la république, mais bien pour profiter du moment favorable et passer à l'ennemi, comme il l'a fait à Saumur. Nous savons qu'il a été armé des mains de d'Elbée et qu'à Mortagne il a enlevé à ses parents une fille de 21 ans, il a avec elle suivi les brigands partout, il a chargé l'ennemi ; ce n'est que lorsqu'il a vu l'armée catholique et royale foutue qu'il est venu solliciter du maire de Saint-Erblon, imbécile ou traître, un passeport pour pouvoir échapper à la vengeance nationale ? - Il n'est point passé à l'ennemi ; il n'a point enlevé la femme en question, mais il l'a trouvée près d'Ancenis. Il est vrai que les brigands lui ont donné un cheval, des pistolets et un sabre, mais il ne s'en est jamais servi. Enfin il n'a pu quitter les brigands, plus tôt étant surveillé rigoureusement par eux.

Le lendemain, 8 janvier, Du Prai, comparaissait devant la Commission Militaire, siégeant aux Jacobins.

Nouvel interrogatoire de la part du président Félix, assisté du greffier Loizillon :

Combien de temps il est resté avec les brigands ? - Depuis la prise de Saumur jusqu'à ce qu'il ait déposé ses armes à la municipalité de Saint-Erblon.

S'il a porté la cocarde blanche plus d'un mois ? - Il ne l'a pas portée du tout, n'y étant pas forcé.

Pourquoi il a suivi les brigands à cheval, armé d'un sabre et de deux pistolets à cinq ou six batailles ? - Il y a été forcé.

Séance tenante, il fut condamné à mort pour avoir eu des intelligences avec les brigands et pour conspiration envers la république française.

Il fut guillotiné dans la soirée du même jour, 8 janvier, (19 nivôse an II) sur la place du Ralliement.

L'Anjou Historique - mai 1909


 

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Tallevast armes

 

Les TALLEVAST ont été anoblis en 1466.

De sable, au sautoir d'or, cotoyé à dextre d'une épée et à senestre d'une flèche d'argent.

"Le 5 mars 1752, vint au monde Thomas-Jean, du légitime mariage de Jean-Jacques-Louis de Tallevast, Écuyer, Sieur du pré, et de damoiselle Suzanne Le Vieux, et le lendemain fut baptisé par nous soussigné, François Massüe, curé de Longueville, et tenu sur les Saints fonds de Baptême par Thomas Senot, Écuyer, Sieur de la Lande, assisté de damoiselle Marie-Anne Sénot, en présence de François Hamel ..."

Du Pré Thomas Calvados z

 

Il avait épousé, à Bayeux, le mardi 21 juin 1774, Suzanne-Gabrielle De Pierre de Louvières ; née le 1er janvier 1743, baptisée le 1er octobre 1754 à Louvières (14) ; fille de Thomas-François-Michel, seigneur de Pierre de Louvières, Écuyer, seigneur et patron de Louvières, et de Suzanne-Catherine-Gabrielle Heuzey. Elle est décédée à Carentan (50) le 16 novembre 1811.

De ce mariage est née Suzanne-Françoise-Philippine-Rose de Tallevast en 1776 ; mariée à Auguste-Maurice Hervieu de Pont-Louis, le 4 février 1793.

 

Tallevast mariage

 

AD14 - Registres paroissiaux de Longueville - et d'état-civil de Bayeux