MADEMOISELLE CLÉMENTINE DE HILLERIN

Châtillon-sur-Sèvre - 1845 - de Wismes z

Mademoiselle Clémentine-Sophie-Charlotte-Marie-Auguste-Victoire de Hillerin, née à Saint-Pierre de la Martinique était fille de Charles de Hillerin et de Catherine Sauturon. Elle passa presque toute sa vie à Châtillon.

Elle y mourut en 1840, le 14 juin, à l'âge de 66 ans, laissant sa fortune à Monsieur Cousseau de l'Épinay, avec la charge d'établir en la maison où elle a vécut, une école libre chrétienne pour les garçons. (d'après les Archives du Deffend-Montravers)

De Hillerin Clémentine décès z

Un manuscrit du Presbytère de Châtillon donne d'autres précisions peu banales sur la fondatrice :

"Dans le quartier de Bourneau, se trouve l'École libre des garçons. Pendant la révolution de 1793, cet immeuble était habité par Mlle de Hillerin. Cette dernière passait pour "républicaine". Les officiers "bleus" de passage à Châtillon allaient festoyer chez "la citoyenne" où il y avait toujours table servie pour eux et où l'hôtesse savait tenir tête, même devant la bouteille.

Mais cette fervente "patriote" n'était autre qu'une "Vendéenne" qui sauva la vie à toutes les petites gens du pays. On bambochait au premier étage, on priait à la cave et l'on savait par la citoyenne de Hillerin où se dirait la messe du lendemain".

Avec la même veine, le "Cahier du Souvenir Vendéen" N° 10 relate les précisions et anecdotes suivantes :

"On ne saura jamais quels trésors d'ingéniosité et de dévouement furent prodigués chez nous pour sauver les pauvres prêtres vendéens proscrits. Des femmes surtout se vouèrent plus particulièrement à cette oeuvre importante entre toutes.

Parmi celles-ci, Mademoiselle de Hillerin, qui habitait Châtillon-sur-Sèvre, se fit, dès les premiers jours de la Révolution, la protectrice attitrée de tous les prêtres réfractaires des alentours.

Pour mener à bien la tâche qu'elle s'était imposée, elle commença par se camoufler résolument en patriote, fit parade d'opinions avancées et supprima la particule de son nom, ne se faisant plus désormais appeler que "citoyenne Hillerin". Et puis, sachant que c'est souvent par le bec qu'on prend les hommes, elle tint chez elle, table ouverte, recevant fréquemment tous les patauds de marque et les généraux révolutionnaires de passage.

Sa maison fut bientôt renommée pour la bonne chère, les vins généreux qu'on y servait et le cordial accueil de l'hôtesse. Bien entendu, les autorités révolutionnaires ne pouvaient se méfier d'une si bonne patriote et sa maison aurait été la dernière à laquelle on eût songé pour y opérer des perquisitions.

Et pourtant ! ... Tandis que dans la salle à manger citoyens, représentants et généraux de la République festoyaient gaiement, en portant la santé de l'aimable hôtesse, il y avait, au-dessous, dans la cave, quelques pauvres prêtres qui mangeaient, en tremblant, les reliefs du repas.

Mademoiselle de Hillerin et sa cuisinière, étaient de connivence et elles avaient entre elles un langage convenu : gestes, grimaces ou clignements d'yeux, qui s'exprimaient à la barbe des bleus. Cent épisodes du plus haut comique mériteraient d'être racontés.

Un soir, par exemple, au milieu d'un joyeux banquet, Ursule, la cuisinière, vient annoncer qu'un métayer de la citoyenne Hillerin demande à la voir pour lui apporter deux poulets de redevance. "Fais-le monter ! crie l'hôtesse. Je m'en vais lui apprendre à venir me déranger à cette heure". Et un pauvre grand diable se présente, tout penaud, devant la maîtresse de maison et ses convives, tenant à bout de bras deux poulets. La demoiselle les lui prend des mains, les soupèse et fronce le sourcil : "Comment, espèce de j...f... ! Est-ce que tu te f... de moi ? C'est tout ce que tu as trouvé moyen de m'apporter ! Tes poulets ? Mais ce sont des merles ! Ils n'ont que la peau et les os ... Remporte-les chez toi et tâche de mieux choisir !".

Ce disant, à la grande joie de ses invités qui se tordent de rire, elle applique deux claques retentissantes au pauvre hère, le bouscule et le pousse dehors. Cependant elle a parfaitement entendu les quelques mots qu'il lui a murmurés comme il sortait : "Cette nuit, à deux heures, messe au Sourdy". Car ce misérable n'est autre que le vénérable curé de la Petite Boissière.

Mademoiselle de Hillerin survécut de longues années à la Grand'Guerre. Avant d'aller au paradis retrouver tous les bons prêtres qu'elle avait sauvés, elle fonda et data de concert avec Monsieur de l'Épinay, une grande école pour les petits Vendéens du pays".

 

Mauléon St Joseph école

 

Extrait : Ecole Saint-Joseph dite "École de Bourneau à Mauléon" - 1845-1995 - Frère René Burgaud