PIERRE-FRANÇOIS ROBOUAM

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Pierre Robouam naquit à Verruyes (79) le 12 février 1753 ; il appartenait à une ancienne famille riche et influente du Poitou.

 

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Après avoir terminé ses études, il se destina à la magistrature, mais la Révolution, dont il embrassa la cause dès les premiers jours, modifia ces projets d'avenir.

Cultivateur et négociant à la Forêt-sur-Sèvre, Président du district de Châtillon-sur-Sèvre en 1790, au mois de septembre 1791, les électeurs des Deux-Sèvres le nommèrent député à l'Assemblée législative. Le rôle de Robouam dans cette assemblée, qui ne dura qu'un an, fut des plus modestes.

Le 24 octobre 1791, nommé membre du comité de liquidation, il fut à ce titre, victime d'une aventure dans laquelle il se trouva, l'année suivante, injustement et gravement compromis. Le but du comité dont il faisait partie étant de faire décharger la liste civile du paiement des pensions de la ci-devant maison du Roi, un M. de Sainte-Foix, au nom de quelques pensionnaires, offrit à Robouam une somme de 500 louis pour défendre leur cause. Robouam refusa l'offre. Mais en octobre 1792, des papiers secrets furent saisis par les commissaires de la Convention dans la chambre du Roi, et entre autres une lettre de M. de Sainte-Foix, dans laquelle son offre à Robouam était mentionnée. La commune de Paris dénonça l'ex-député Robouam à la Convention comme coupable de n'avoir pas dénoncé lui-même les tentatives de corruption faites auprès de lui.

Le fait fut porté à la tribune, Robouam fut défendu par Jard-Panvillier, député des Deux-Sèvres, son ancien collègue à la Législative. Il fut néanmoins incarcéré, et ne sortit de prison qu'à la chute de Robespierre.

Le 10 janvier 1797, il fut nommé par le Directoire juge de paix du canton de la Forêt-sur-Sèvre.

Le 21 septembre 1799, il fut convoqué à Paris pour venir assister à la fête donnée en l'honneur de l'anniversaire de la fondation de la République.

Robouam ne se montra pas hostile au coup d'État de Brumaire, et il fut nommé, le 20 mai 1800, par le premier Consul, membre du Conseil général des Deux-Sèvres. Le 2 décembre 1804, il se rendit à Paris pour assister au sacre et au couronnement de l'Empereur par le Pape Pie VII. Présenté à l'un et à l'autre, il assista au banquet qui fut donné dans la salle du cirque Olympique, rue de la Victoire.

Le 22 août, il fut confirmé dans ses fonctions de juge de paix par un décret de l'Empereur.

Robouam resta conseiller général pendant toute la durée du 1er Empire ; ayant été évincé de ce Conseil en 1814 par le Roi, il y fut réintégré par l'Empereur en 1815 ; mais après les Cent Jours il en fut définitivement exclu.

Il dut cette disgrâce à la situation de son fils, Charles Robouam, qui à 23 ans, était déjà capitaine et chevalier de la Légion d'honneur et qui, ayant fait les campagnes d'Espagne, de Portugal, de Russie et de Prusse, avait suivi l'Empereur jusque sur son dernier champ de bataille et avait été blessé à ses côtés à Waterloo.

Pierre Robouam mourut le 7 avril 1835, à Bressuire, laissant six enfants : deux filles et quatre fils ... L'aîné, Pierre Robouam, fut magistrat procureur du Roi à Saumur, de 1830 à 1848, et membre du Conseil général des Deux-Sèvres en 1846 et 1847. Il eut un fils qui habitait à Montigny ...

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Archives politiques du département des Deux-Sèvres - 1789 - 1889 - Tome 2 - par Emile Monnet