SAINT-HILAIRE-DES-ÉCHAUBROGNES
SUPPRESSION DE LA COMMUNE - 1823

LES ECHAUBROGNES CASSINI Z

La commune de Saint-Hilaire-des-Échaubrognes avait été maintenue après le démembrement de 1809, bien que la paroisse fût rattachée à celle de Saint-Pierre.

Comment se fait-il que l'administration laissa subsister cette commune minuscule ?

Il paraît que le baron Dupin, préfet des Deux-Sèvres qui avait à cette époque de sérieux ennuis avec les dissidents de l'arrondissement de Bressuire, préféra laisser les choses en l'état où elles étaient. On lui avait représenté que les Échaubrognes passeraient tous à la dissidence si Saint-Hilaire était supprimée. Il est très possible que Pierre-André Porcheron, maire de Saint-Hilaire ait proféré de pareilles menaces, comme bien d'autres il savait que l'Empire ne durerait pas toujours et il espérait que sous un autre gouvernement, il serait peut-être possible d'obtenir une rectification de frontière qui permettrait à sa commune d'agrandir un peu son territoire exigu.

Dès la Restauration, le maire de Saint-Hilaire et son adjoint Jacques Dumesnil tentèrent des démarches à plusieurs reprises, elles se soldèrent par un échec. La petite commune avec ses cinq fermes et sa demi-douzaine de borderies va vivoter pendant quelques années. Jusqu'au 30 juillet 1823 où une ordonnance royale de Louis XVIII supprime la commune de Saint-Hilaire et la rattache à celle de Saint-Pierre-des-Échaubrognes. Cette ordonnance fut transmise en double exemplaire au maire de Saint-Hilaire et à celui de Saint-Pierre qui était toujours M. Tocqué, par les soins de M. de Roussy, préfet des Deux-Sèvres et M. du Plessis de Grénédan, sous-préfet de Bressuire. L'ordonnance stipulait que le rattachement serait effectif le 1er janvier 1824.

En effet, les registres d'état-civil ouvrent bien l'année entière.

Voici le dernier acte de naissance de Saint-Hilaire-des-Échaubrognes : c'est celui de Jean Bourasseau.

Bourasseau St-Hilaire des Echaubrognes z


Et le dernier acte de décès est celui d'un enfant mort-né.

enfant sans vie St-HIlaire z


Les deux derniers actes de mariages furent ceux de Jean Fonteny, tisserand à Cholet avec Marie-Cécile Deffois, dévideuse. Et Jean Papin, charron à Maulévrier et Françoise-Perrine Tisseau de Saint-Hilaire.

 

Loumois z

 

Marie-Cécile Defois, était la fille de PIERRE-VINCENT DEFFOIS, lieutenant de paroisse des Échaubrognes pendant les guerres de Vendée. Pierre-Vincent Deffois était tisserand mais sur la fin de sa vie, il fut aussi instituteur itinérant, c'est-à-dire qu'il allait donner des leçons aux enfants à domicile. Le 23 décembre 1834, il se noya dans la Moine, à la passerelle de l'Oumois en revenant de Maulévrier. Il avait 63 ans.

DEFOIS DECES

DEFOIS DECES 2EME

DEFOIS DECES 3EME


La commune de Saint-Hilaire est maintenant rattachée à celle de Saint-Pierre. Celle-ci est donc en 1824 aussi importante qu'avant la révolution tout au moins en superficie, car la commune de Saint-Hilaire compense largement le "canton" de Lala rattaché à Maulévrier en 1809. Au recensement de 1831, elle n'aura encore que 1.356 habitants. Désormais, on ne parlera plus guère de Saint-Hilaire et même de Saint-Pierre, on dira et on écrira souvent les Échaubrognes tout court.

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Defois baptême z

DEFOIX PIERRE-VINCENT

4ème corps d'armée
Tisserand
né le 14 juillet 1772 à Meloix [Melay]
Capitaine - Division des Aubiers
Secours payés : Cents francs

AD85 - SHD XU 33-14 - Août 1818

 

Defois z

 


Defoix Pierre-Vincent,
des Échaubrognes
Secours de 50 F.
A fait les premières guerres et celle de 1815.
Blessures légères
Journalier
Dans l'indigence
Il n'est parvenu sur son compte aucune conséquence défavorable.

AD85 - SHD XU 33-20 - 2 novembre 1831

effets d'un Vendéen


P1400590 Z



DÉMOLITION DE L'ÉGLISE SAINT-HILAIRE


Dès la suppression de la paroisse en 1810, on commença à déblayer le cimetière qui entourait l'église et en enlevant les tombes et la terre qui étaient adossés aux murs, on mit à nu les fondation du vieil édifice. Les murailles qui n'étaient plus jeunes (elles dataient d'avant l'an mille) perdirent leur équilibre, il fallut songer à les étayer. Ce fut peine perdue, elles menaçaient ruine. On se résigna à la démolition. Elle dura longtemps ; elle n'était pas terminée en 1840. On tenta de préserver le choeur qui, moins ancien, était aussi plus solide, pour en faire une chapelle dédiée évidemment à saint Hilaire. On ferma donc l'entrée du sanctuaire par un mur et on y ménagea une porte d'entrée, mais le choeur ayant été découvert en même temps que le reste de l'église avait été recouvert à la hâte. Hélas, la pluie avait fait son oeuvre et bientôt des lézardes dangereuses apparurent dans la voûte. La chapelle abandonnée d'abord, fut démolie ensuite.

En la démolissant, on trouva dans la voûte un petit trésor : sept pièces de monnaie espagnole à l'effigie de Ferdinand et d'Isabelle, une à l'effigie de François Ier et cinq à l'effigie de Louis XVI.

Echaubrognes la Chèvre z

Faut-il faire un rapprochement entre la découverte de ces monnaies anciennes dans la voûte du choeur de l'église Saint-Hilaire et les pièces encore plus anciennes que les ouvriers de la carrière de la Chèvre mirent à jour dans ces mêmes années, comme le fait fut signalé en son temps par la Revue des Provinces de l'Ouest, en 1855-1856 dont nous allons donner un extrait ?

"Dans un champ de cette commune connu sous le nom de champ de la Chèvre, des ouvriers travaillant à l'extraction des pierres d'une carrière, matériaux destinés à la reconstruction de la façade de l'église de Châtillon, trouvèrent en déblayant le sol à une certaine profondeur, un petit vase en terre blanche qu'ils brisèrent, cela va sans dire. Il contenait cent vingt deniers du XIIIe siècle. Grâce à l'intervention d'un ami, ces pièces me furent réservées ; elle m'ont été remises par les inventeurs eux-mêmes que j'ai pu désintéresser : c'est d'eux que je tiens les détails qui précèdent."

7 mai 2017 Échaubrognes z

Celui qui parle ainsi est M. Parenteau qui, au siècle dernier, s'était intéressé à des recherches historiques et archéologiques dans notre région. Il semble bien qu'il ait connu l'église Saint-Hilaire avant sa démolition, mais nous inclinons à penser que les pièces de la carrière de la Chèvre furent découvertes quelques années avant celles de l'église Saint-Hilaire.

Ainsi, vers 1850, disparut une église qui était sans doute une des plus anciennes de la région.


Louis Ouvrard - Saint-Pierre-des-Échaubrognes qui êtes-vous ? - Hérault, Maulévrier - 1979