LOUIS-JOSEPH RICHOU
MAIRE DE THOUARS

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Fils de Joseph Richou et de Marguerite Chassereau, il fut baptisé à Bouillé-Loretz le 13 janvier 1748.

 

RICHOU baptême z

 

Après avoir fait de bonnes études à Saumur, il fut nommé, en 1771, contrôleur des vivres à Strasbourg. Il profita de son séjour dans cette ville pour étudier la langue allemande et le droit. Son goût pour la littérature le mit en contact avec les écrivains les plus célèbres de l'Allemagne. Il traduisit en vers quelques-uns de leurs ouvrages, les fables de Pfeffef entre autres.

Reçu avocat au parlement de Paris, il fut investi de différentes fonctions. Il fut maire de Gisors mai à novembre 1791 - démissionnaire le 8, puis administrateur du directoire du district des Andelys et devint représentant de l'Eure à la Convention nationale. Ferme dans ses convictions, mais modéré et honnête homme, il sut remplir ses devoirs avec honneur et talent.

Son vote à l'occasion du procès de Louis XVI mérite d'être cité. "Citoyens, dit-il à ses collègues, je suis persuadé, je suis convaincu que la mort de Louis XVI sera la source des plus grands malheurs pour ma patrie ! D'après cette opinion, je me regarderais comme indigne du nom de citoyen, si je votais pour son supplice. Je vote donc pour la détention de Louis pendant la guerre, et son bannissement à la paix". Robespierre ne put pardonner à Richou cette modération. Prétextant contre lui des correspondances hostiles à la république, il le fit arrêter, le 3 octobre 1793, sur la dénonciation du conventionnel Duroy. Richou ne recouvra la liberté qu'après une captivité de quatorze mois.

Envoyé en mission, en 1795, dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et du Mont-Terrible, il se fit remarquer par sa bienveillance, sa sagesse et sa probité. Sur la somme qui lui avait été allouée pour son voyage, il trouva moyen d'économiser 11,314 livres 10 s., qu'il versa au trésor en rentrant à Paris. Ce fait, très-simple en apparence, a bien sa valeur pour l'époque.

Les départements de l'Alsace firent entrer Richou au Conseil des Anciens. Vaguement compromis dans l'affaire de Clichy et coupable de protestation contre la journée du 17 fructidor (3 septembre 1797), il fut condamné à la déportation par le Directoire. Cependant son nom ne figura pas au Moniteur. Dumon, du Calvados, prit chaleureusement sa défense et réussit à le faire rayer de la liste de proscription.

Richou rentra dans la vie privée à la fin de l'an VI. Il vint se fixer à Thouars, qu'il considérait comme sa patrie.

Thouars

Le 14 prairial an VIII (3 juin 1800), il fut nommé maire de cette ville. Son installation fut faite avec beaucoup de solennité. Dans ses nouvelles fonctions il se distingua, comme par le passé, par sa droiture et son esprit de modération, et sut se concilier les sympathies de ses concitoyens. La Restauration le remplaça ; mais il revint plus tard à son poste, et, lorsqu'il mourut le 5 janvier 1839 il était encore maire de Thouars, malgré ses quatre-vingt-onze ans.

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Il a laissé des poésies, des mémoires judiciaires, des discours, des comptes-rendus de fêtes, etc. Son travail le plus considérable, traduit d'un ouvrage de Stoelhin, est intitulé : Anecdotes originales de Pierre-le-Grand. Il fut imprimé à Strasbourg en 1787.

Richou épousa, en premières noces, Victoire-Delphine Galland, et, en deuxièmes noces, Victoire Nouet. De cette dernière union sont issues deux filles.

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Histoire de Thouars - par Hugues Imbert - 1871

Louis Richou, peinture - collection Musée Henri Barré


 

1929 - LEGS DAME NAULIN
Aux termes de son testament olographe, en date du 3 juin 1929, déposé au rang des minutes de Me Michelez, notaire à Paris, 50 avenue de Wagram, Mme Marguerite-Marceline Naulin, en son vivant, demeurant à Paris, 145, boulevard Saint-Michel, décédée à Thouars, 12 bis, rue Imbert, le 29 août 1929, a fait les dispositions suivantes :
"... déclare instituer pour mon légataire universel l'Hôpital de Thouars ..."
"Je lègue au Musée de Thouars (Deux-Sèvres) le portrait de mon arrière grand-père Louis-Joseph Richou, ancien maire de Thouars et membre de la Convention Nationale, avec le trumeau et la glace dans lesquels il est encastré (salon de Thouars) les ... de même que je lègue au Musée de Thouars, les trois miniatures représentant le dit M. Richou, sa nièce Mlle V... et la bonbonnière sur laquelle est peinte Mme Varishine parente de M. Richou et la médaille de conventionnel de M. Richou, de même qu'une photographie représentant M. Richou avec ses armes et la copie de son vote au jugement de Louis XVI (les 3 miniatures et la photo encadrée, se trouvent dans mon salon à Paris ..."

(Recueil des actes administratifs de la Préfecture du département de la Seine - octobre 1929)