Le matin du 19 février, plus de cent habitants de la paroisse d'Apremont, dénoncés par la municipalité et surpris au lit, la nuit précédente, sont massacrés par un détachement de l'armée des Sables-d'Olonne, dans des conditions particulièrement odieuses.

 

Château d'Apremont zzz

 

Voici le récit de ce massacre, d'après le témoignage peu suspect du Sablais André Collinet, lequel rédigeait alors une sorte de journal :

"Le 29 (ventôse), au soir, le bataillon premier de Paris s'est rendu à Appremont, où il y avait 100 hommes en garnison d'un bataillon du Lot et Garonne.

Dans la nuit, ils se sont divisés par peloton, sur les avis qu'ils ont reçu de la municipalité du dit lieu, et ont couru les diverses villages de la paroisse, et surpris en leurs lits les habitants qui depuis peu s'étois retiré de l'armée des Brigands pour retourner chez eux sans doute avec de mauvais dessin (??).

Au matin le conseil ayant tenu, 83 ont été jugés digne de mort et fusillé par le dit régiment hier (1er ventôse, 19 février) entre 8 et 9 heures du matin, tant homme que femme. Les autres bataillons en font autant en les autres paroisses, en sorte que soud un mois il restera peu de Brigand en nos environs.

La fusillade d'Apremont a ôtté la vie à 75 hommes et à 27 femmes, en tout 102.

A 7 heures du matin, l'on mit sur la grande route qui conduit aux Sables, 83 brigands que femmes amarrées 2 à 2, en leur disant que l'on les conduisoit au Sables. Deux gros détachement de volontaires les escortois sur les côtés du chemin, lesquels à un signal donné firent feu à bout touchant sur eux et leurs firent mordre la poussière. Les soldats eurent ordre de enffoncer leurs bayonnètes en les corps de ceux qui montrois encore quelque signe de vie.

La municipalité du dit Apremont avet dénoncée tous ces criminels, et un tribunal militaire les avet jugé à mort.

Lorsque la troupe patriotes fut arrivée au dit bourg, elle se divisa en 9 parties ayant chacune un guide avec eux à l'aide desquels ils ont été surprendre ces coquins couché en leurs lits, ainsi que les femmes, dans le nombre desquelles il se trouvet 3 jeunes filles très jollies, et plusieurs femmes enceintes, elles ont été toutes fusillées sans réserve".


(Extrait du cahier intitulé : Remarques depuis le 11 aoust 1793 jusque au 15 avril 1794 ou 26 germinal l'an seconde de la République une et indivisible - André Collinet)

Appremont fusillade

La Vendée Historique - 20 février 1908