FRANÇOIS-LOUIS PATU DES HAUTS CHAMPS

Fils d'Antoine-Henry Patu des Hauts-Champs, Écuyer, Conseiller du Roi, auditeur ordinaire en sa Chambre des Comptes de Paris (depuis 1757), et de Charlotte-Aglaé Ausonne, fille de Messire Louis Ausonne, avocat au Parlement et aux Conseils du Roi et d'Élisabeth-Charlotte du Bois, François-Louis est né le 20 mars 1775 à Paris, paroisse Saint-Nicolas.

Détail des Services :

- Soldat au 10e bataillon du Calvados, faisant partie de la 14e 1/2 brigade, le 23 août 1793 ;
- Caporal fourrier en brumaire an IV
- Sergent, en frimaire an V ;
- Nommé sergent-major le 2 nivôse an VIII
- Sous-lieutenant à la 14e 1/2 brigade, par le général en chef Moreau, le 15 messidor an VIII ;
- Adjoint à l'état-major général de l'armée du Rhin, le 16 messidor an VIII
- Confirmé dans les 2 grades, le 19 thermidor an VIII
- Nommé sous-lieutenant au 13e Régiment de Cavalerie par le général en chef Moreau, le 1er ventôse an IX ;
- Confirmé le 14 prairial an IX ;
- Nommé lieutenant, le 4 nivôse an XIV
- Nommé Capitaine au 16e Régiment de Chasseurs à cheval, le 3 juin 1809 ;
- Passé Aide de Camp du général Préval, le 9 septembre 1813
- Passé dans la même qualité près le général Saunier, même date ;
- Inspecteur général de la Gendarmerie, le 7 février 1815 ;
- Admis avec le grade de Capitaine à l'état-major général de la Garde Royale, le 4 octobre 1815.

CAMPAGNES :

- 1793 - 1794 - à l'Armée du Nord ;
- 1795 à 1799 - à l'Armée d'Italie ;
- 1800 - à l'Armée du Rhin ;
- 1805 à 1807 - à la Grande Armée ;
- 1808 - à l'Armée d'Espagne
- 1809 - à l'Armée d'Allemagne
- 1812 - à l'Armée de Russie ;
- 1813 - à l'Armée d'Allemagne.
Il a eu deux chevaux tués sous lui à la bataille de la Moskowa, le 7 septembre 1812.

DÉCORATIONS :

- Nommé Chevalier de la Légion d'honneur, le 11 octobre 1812
- Nommé Chevalier de Saint-Louis, le 19 mars 1816.

Paris Saint-Médard zzz


Le 8 août 1814, le capitaine François Patu Deshautschamps, aide de camp du général Préval, épousait Augustine-Marie-Henriette Blanchot, fille de François-Michel-Émilie Blanchot, de l'Ordre de Saint-Louis, commandant au Sénégal et de Marie-Josèphe de Lesseps de Beaumont, née le 20 août 1791, à Paris, et baptisée le lendemain, paroisse Saint-Médard.

De leur union naquirent deux filles.

L'aînée venue au monde, le 17 avril 1817 avait été baptisée en l'église Notre Dame de Bonne Nouvelle. Antoinette-Henriette-Laure-Marie Patu Deshautschamps épousa un officier, Claude Dejean, né le 9 janvier 1800 à Chalabre dans l'Aude. Le mariage fut béni en l'église Saint-Roch, le 23 février 1836.

La seconde des filles d'Henriette Blanchot et de François-Louis Patu Deshautschamps, Félicie-Adrienne, née à Paris le 6 février 1825 mourut célibataire à l'âge de dix-neuf ans, le 28 mai 1844.

Henriette Blanchot mourut à Paris, le 27 mai 1854 ; à son nom personnel dans son acte de décès fut ajouté celui de Verly. Son mari devait la suivre dans la tombe quatre ans plus tard.

En 1840, François-Louis Patu Deshautschamps publie, avec l'approbation du Ministre de la Guerre, un ouvrage intitulé : Dix ans de guerre intestine, ouvrage "présentant le tableau et l'examen raisonné des opérations des armées royalistes et républicaines dans les département de l'Ouest, depuis le mois de mars 1793 jusqu'au 1er août 1802".

Patu des Hauts-Champs livre

 

Patu des Hauts-Champs ouvrage zzz

 

Il avait été nommé Chevalier de l'Ordre de la Légion d'honneur en octobre 1812 ; mais cela, semble-t-il, ne lui suffisait pas. Il fit une première demande en 1841, afin d'être nommé Commandeur de cet ordre, puis une seconde, en 1849.

Le 12 mai 1841
Mon Général,
Le Journal La Sentinelle de l'armée a annoncé dans son n° du 1er de ce mois que M. Chapelié, Lieutenant-Colonel au corps Royal d'État-major, venait d'être nommé Commandeur de l'Ordre Royal de la Légion d'honneur, ce qui serait une exception à la décision de Sa Majesté, qui réserve cette distinction aux Colonels et Officiers Généraux.
Il ne m'appartient pas d'examiner en vertu de quels titres M. Chapelié a obtenu la distinction qui vient de lui être accordée ; mais je doute qu'on puisse en trouver de plus recommandables que ceux que je présente à l'appui de ma demande. Trente-quatre années de service actif aux armées, dix-sept campagnes dont celle de Russie, presque tous mes grades acquis sur le champ de bataille, me donnent quelques droits à la munificence royale ; et si l'on veut bien y ajouter les sacrifices de temps et de fortune que j'ai consacrés à la publication d'un ouvrage relatif aux dix années de la guerre intestine de l'Ouest, ouvrage que le Roi a honoré de son suffrage, je suis fondé à espérer que Sa Majesté, appréciant les motifs de la requête que je prends la liberté de lui soumettre de nouveau, daignera prononcer en ma faveur une exception qui ne tirer à conséquence pour l'avenir, puisqu'il s'agit ici d'un cas tout particulier, et pour l'obtention de laquelle je me permets de réclamer de Votre bienveillance, Mon Général, la continuation de l'intérêt que vous avez bien voulu me porter.
C'est dans cette espérance que je vous prie d'agréer l'expression du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être,
Mon Général,
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Chevalier Deshautschamps.

La réponse ne se fit pas attendre puisqu'elle est datée du 13 mai 1841 :

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"Je m'empresse, Monsieur le Lieutenant-Coonel, de répondre à la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 12 du mois courant.
Par ordonnance du 19 avril 1841, M. le Lieutenant-Colonel Chapelié a été nommé Commandeur de l'Ordre Royal de la Légion d'honneur, mais hors ligne et en sa qualité de Colonel dans l'armée Belge.
Vous voyez qu'il n'y a point de similitude entre votre position et la sienne. Comme les propositions de M. le Grand Chancelier pour les grades supérieurs dans l'Ordre, se bornent généralement à celui d'officier. Je ne puis que vous engager à suivre vos démarches auprès de M. le Ministre de l'Instruction Publique, en possession déjà de votre demande, ainsi que M. le ... (?) vous l'a fait connaître. ..."

Seconde demande :

Paris le 15 septembre 1849
A M. le Lieutenant-Général Excelmans, Grand Chancelier de l'Ordre de la Légion d'honneur.
Mon Général,
J'ai l'honneur de vous exposer que dans les premiers jours du mois de mars 1841, j'adressai au Roi Louis-Philippe un placet, dans lequel je lui exprimais le désir d'être promu au grade de Commandeur de l'Ordre de la Légion d'honneur : cinquante années d'hororables services aux armées, dont seize campagnes, m'avaient paru des titres assez puissants pour motiver ma demande, et la voir couronnée de succès.

M. le Général de St-Mars, secrétaire général de l'Ordre, très bienveillant d'ailleurs à mon égard, me répondit le 19 mai, que d'après les intentions du Roi, les propositions pour le grade de Commandeur étant réservés aux Colonel et Officiers généraux, le Grand Chancelier de l'Ordre ne pouvait en présenter pour moi, qui n'étais que Lieutenant Colonel ; mais qu'attendu que je fondais aussi ma demande sur un ouvrage militaire, que je venais de publier à mes frais avec l'approbation du Ministre de la Guerre, sous le titre de : Dix années de guerre intestine (ouvrage à la confection duquel j'ai consacré trois années d'études et de recherches), il avait adressé mon placet au Ministre de l'Intérieur, près duquel j'aurais probablement plus de chance de réussite.

M. Duchâtel, auquel j'eus alors recours, me fit de belles promesses, qui ne se réalisèrent point : je me résignai, conservant néanmoins l'espérance de voir se présenter un jour des circonstances plus favorables. Elles se présentent actuellement, et j'aime à me persuader que l'infériorité de mon grade, qui me fut alors objectée, ne sera plus un obstacle au succès de ma demande, MM. le Lieutenant Colonel de la Borde, et le Commandant Mésonan, officier en retraite, venant d'obtenir cette distinction.

Plein de confiance dans l'intérêt que vous portez aux anciens militaires, qui ont partagé avec vous les fatigues et les dangers d'une carrière, où vous avez acquis une si brillante illustration, je prends la liberté, mon Général, de vous prier d'être mon appui et mon interprète auprès de Monsieur le Président de la République, pour que sa main bienveillante s'étende sur un vieux combattant d'Austerlitz, de Wagram, et de la Moskowa, qui n'a plus d'autre ambition sur le déclin d'une existence, qui fut consacrée à la défense de la patrie que d'échanger sa décoration d'Officier de l'Ordre de la Légion d'honneur contre celle de Commandeur de cet Ordre, et de bénir ses bienfaiteurs.

Daignez, Mon Général, agréer, l'hommage du profond respect,
de votre très humble et très obéissant serviteur.

Patu des Hauts-Champs signature zzz

[Il ne semble pas avoir obtenu satisfaction.]

François-Louis Patu Deshautschamps mourut à Paris, le 18 novembre 1858.

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Sources :

Archives nationales - Base Leonore - LH/2068/7

Les établissements français sur la côte occidentale d'Afrique de 1758 à 1809 - Léonce Jore - Revue française d'histoire d'outre-mer / année 1964 - Volume 51.

État-civil de Paris

Journal des débats politiques et littéraires - 20 janvier 1841