CORRESPONDANCE D'UNE ANGEVINE (1791 - 1793)

Académie royale des exercices

 

Pignerolle - Académie d'équitation - Angers

 

Fondée à la fin du XVIe siècle, l'Académie d'Équitation d'Angers eut pour directeur en 1679, François Avril de Pignerolle, dont les descendants devaient rester en fonctions jusqu'à la Révolution.

La famille Avril de Pignerolle avait une maison de campagne à Saint-Barthélémy, nommée Pignerolle. En 1775, le célèbre architecte angevin Michel Bardoul fut chargé de réédifier ce manoir. La nouvelle demeure, construite dans le genre qualifié aujourd'hui de style Trianon, passe pour le chef-d'oeuvre de Bardoul.

Pignerolle

Marcel Avril de Pignerolle, né le 12 janvier 1743, devint "directeur" de l'Académie d'Équitation en 1761, à la mort de son père. Deux ans après, il épousa Jacquine Duchemin de la Jarossais, qui mourut en 1771. Il refusa de partir pour l'émigration et assista à la fermeture de l'Académie. 

 

Son frère, Arsène Avril de Pignerolle, capitaine au régiment de Bourgogne-cavalerie, nommé "directeur-adjoint" de l'Académie d'Angers le 1er octobre 1777, fit le 7 janvier 1784 un des plus surprenants mariages qu'on puisse imaginer, en épousant Anne-Rosalie de Pignerolle, sa nièce, fille aînée du directeur de l'Académie. Il émigra en octobre 1791.

Restée avec ses trois enfants à Angers ou à Saint-Barthélémy, Mme Arsène de Pignerolle entretint avec son mari émigré une active correspondance. Nous en extrayons quelques passages relatifs aux évènements locaux :

7 novembre 1791 - M. de Jonchères part demain (pour l'émigration). Mon père (Marcel de Pignerolle) ne peut partir : c'est l'avis de tous les gens sages.

26 novembre 1791 - Il est impossible de trouver de l'argent ici, quelqu'intérêt qu'on propose. J'ai été obligé de payer 7 % pour avoir de petits assignats. - Le décret contre les prêtres peut produire de grands malheurs : tant de pauvres malheureux réduits à demander leur pain, c'est affreux ! Tous les moyens sont bons pour ne pas payer : ils ne se font aucune illusion sur leur triste sort (le décret voté le 29 novembre ne fut pas sanctionné par le roi). - La préoccupation du moment est la nomination d'un maire. Il y en a déjà deux qui ont refusé (Larévellière-Lépeaux et Milscent). Il faut recommencer (Pilastre accepta). - Rien n'est plus triste que notre ville : on n'y voit personne, pas un homme, fort peu de femmes. - On annonce ce soir qu'on ouvrira les églises demain. C'est un piège. Toute leur conduite précédente l'indique suffisamment.

3 décembre 1791 - Notre ville est triste et accablée de la nouvelle qui nous est venue d'Amérique. Tu sais la quantité de familles qui avaient du bien dans ce pays (Saint-Domingue). Il y en a qui n'ont pas de pain et qui avaient les plus belles espérances de fortune.

10 décembre 1791 - Toute la Marmitière (à Saint-Barthélémy) est partie (famille de Caqueray).

13 décembre 1791 - L'abbé du Tertre (chanoine de la cathédrale), qui demeure avec nous, est sincèrement attaché à notre famille. On n'est pas meilleur ami et de société plus aimable. Il te dit mille choses, ainsi que son ami.

19 décembre 1791 - Je comptais partir aujourd'hui (pour l'émigration). Mais tout est changé à cause de l'argent, qui est monté à 56 % et l'or à 54. Rendue à Tournay, je me trouverais avec la moitié de ce que je pensais avoir en partant. Mme Boguais (de la Boissière) me dit ne plus pouvoir partir avec moi. Nous nous consolerons ensemble. Papa (Marcel de Pignerolle) a été si content que nous ne partions pas, qu'il mit toute sa gaîté en jeu.

17 février 1792 - Vous aurez sans doute entendu parler d'une chose qui est dans tous les papiers publics et qui est fausse. C'est le don fait par l'abbé du Tertre et l'abbé de la Guerche (chanoines de la cathédrale) de tout leur traitement pendant quatre ans, de leur patrimoine pour entretenir des gardes nationales sur les frontières. L'abbé du Tertre me prie de désavouer une pareille sottise. On a voulu tromper l'Assemblée Nationale, et on s'est servi des noms de respectables gens pour mieux l'abuser. Ces Messieurs viennent de faire publier un démenti dans les feuilles publiques, pour détruire un bruit aussi faux.

7 mars 1792 - Nous voyons toujours la famille Boguais (de la Boissière) avec un nouveau plaisir. Les jeunes filles sont charmantes. Le rendez-vous se sonne sur les Lices quand il fait beau, ensuite nous passons les soirées ensemble : chaque maison à son tour.

13 mars 1792 - Si j'étais partie, dis-moi d'où j'en serais à présent, vu le décret des émigrants (9 novembre 1791) qu'on va mettre à exécution pour les femmes qui sont parties : c'est affreux. Être forcé de quitter sa patrie à cause de toutes les horreurs qui s'y commettent, ne trouver aucune sûreté à y rester, se voir dépouillé de tout ce qu'on possède, c'est le comble des horreurs.

21 mars 1792 - Nous comptions aller à Pignerolle après Pâques. A cause de l'abbé du Tertre, il nous faut prendre des précautions. On ne nous autoriserait pas à le laisser circuler. Nous ne pouvons pas pourtant le laisser seul. (Depuis l'arrêté du 1er février, le chanoine du Tertre des Roches, étant insermenté, devait chaque jour se présenter à l'appel nominal).

28 mars 1792 - La fête organisée pour représenter l'enterrement de l'Empereur et tourner cette cérémonie en ridicule n'a pas réussi. Ils étaient 200 qui avaient payé et signé pour en être. Le jour, il ne s'en trouva que 45. Ils étaient habillés de façon très coûteuse. Ils n'ont pas même été approuvés par ceux sur qui ils comptaient. Ils étaient masqués et ont dû renoncer à mettre dans le cercueil un cochon qu'ils avaient décidé d'y placer. Les corps administratifs ont fait l'impossible pour empêcher cette horreur : ils ont dû y renoncer. Leur fête qui devait durer toute la journée s'est terminée à trois heures. - Le Pape, la papesse Jeanne, la noblesse, la finance étaient représentés dans des costumes ridicules, des religieuses qui étaient des hommes déguisés, une abbesse qui était d'une indécence ... Ils furent hués, obligés de se séparer. Le peuple était indigné d'un outrage aussi infâme à la religion. Ils n'étaient suivis que par la canaille. Tout ce qu'il y avait de bourgeois et d'honnêtes gens était bien enfermé et ne se montrait pas.

29 mars 1792 - On agit ici avec un acharnement inouï contre les pauvres prêtres. On trame contre eux je ne sais quoi qui fait frémir. Ce qu'il y a de plus affreux, ce sont les prêtres constitutionnels : ils font les motions aux clubs ; ce sont des diables. Nous sommes consternés. Il se trouvera des gens assez hardis pour s'opposer à leurs projets. - Depuis hier que je t'ai écrit, nous avons de l'espoir pour ces malheureux prêtres. Le département n'a pas voulu acquiescer aux demandes des autres (jureurs). C'est un repos au moins pour un moment. (L'arrêté du 1er février 1792 avait obligé tous les prêtres non assermentés de Maine-et-Loire de venir résider à Angers).

18 avril 1792 - Nous avons eu une grande fermentation au sujet de nos pauvres prêtres. On voulait les enfermer, ensuite les chasser, les faire embarquer. Il n'est sorte de choses plus affreuses qu'on ait inventées contre eux. Si tu voyais la patience de ces malheureux, leur modestie, leur courage, tu serais pénétré de respect et de vénération. Dans tout leur passé, on n'a pu rien trouver à leur reprocher, bien qu'on cherche tous les jours des raisons de les punir.

2 mai 1792 - On menace beaucoup nos malheureux prêtres. Mais pour le moment, on est encore plus occupé du décret des émigrés. Le pauvre clergé en profite et y trouve un peu de relâche dans le cruel traitement qu'on lui inflige. - La guerre est déclarée, on s'y attendait. Cela n'a pas fait grande sensation.

9 mai 1792 - Le sort de nos prêtres nous tourmente toujours. Ce qui s'est passé à Lille (défaite des patriotes le 28 avril) et ailleurs, ainsi que l'exécution du décret des émigrés, donne de l'occupation et éloigne les complots contre nos fidèles ministres de Dieu. Ils y trouvent quelque répit.

29 mai 1792 - Les pauvres prêtres sont toujours tracassés. On veut les chasser du royaume (décret du 27 mai, non sanctionné par le roi). Comment vivront-ils hors de France ? On ne leur a rien laissé. Ils ne subsistent que des charités des âmes sensibles, qui prennent part à leur triste sort.

6 juin 1792 - Deux prêtres ont été insultés hier par des misérables. Un jeune homme s'est jeté sur ces derniers et a sauvé les malheureux prêtres, qui, bien que maltraités, en ont été quittes pour la peur. - Notre Fête-Dieu (7 juin) sera bien triste, la foire aussi. On dit qu'il n'y aura pas de procession, d'autres prétendent le contraire. On parle aussi beaucoup de descendre les cloches de la cathédrale, mais les avis sont partagés à cet égard.

20 juin 1792 - Tous les prêtres ont été enfermés (au Séminaire, rue du Musée, au nombre de 371). On en a recherché partout, dans toutes les maisons. Les portes et les fenêtres étaient défoncées partout où il y avait résistance. D'ailleurs, ils se rendirent tous à l'appel. Les corps administratifs n'y sont pour rien. C'est la garde nationale qui, sans ordre, a fait le coup dimanche (17 juin), entre neuf et onze heures du matin. On est indigné de la manière dont les prêtres ont été pris par trahison, sans avoir été prévenus. S'ils eussent reçu l'ordre de se rendre au Séminaire, ils l'eussent tous fait à l'instant. Quant à ceux qui étaient logés au loin, on fut au-devant d'eux ; on les arrêta dans les rues comme des criminels. Ils ne dirent pas un mot, se rendirent tranquillement dans leur prison, où il n'y avait ni lits ni assez de chambres. Il fut permis cependant de leur porter des matelas. L'abbé du Tertre est resté tranquillement chez nous (l'Académie) ; nous attendons d'heure en heure qu'on vienne le chercher : il ne sera sûrement pas oublié. Impossible d'imaginer la tristesse qui règne dans la ville. Tous les honnêtes gens sont accablés de ce coup, qui viole toutes les lois de la société. Après cela, il n'y a plus rien de sacré. Il se dit que le département a envoyé un courrier pour rendre compte à l'Assemblée du fait accompli sans son ordre.

24 juin 1792 - Nos pauvres prêtres sont toujours enfermés et bien gênés. Ils ne peuvent avoir ni encre ni papier. Ils peuvent se promener dans une cour, mais les jardins leur sont interdits. Ils ne manquent de rien pour la nourriture : c'est inouï ce qu'on leur apporte. Les malheureux vicaires font pitié, ils sont sans aucune ressource par eux-mêmes ; ils vivaient chez leurs parents, qui n'ont pas le moyen de leur venir en aide : heureusement tout le monde s'en occupe. Quelle injustice, grand Dieu ! La consternation est générale. On est révolté de ce manque de respect et de ces ignobles procédés à l'égard des fidèles ministres de Dieu. Et cependant, ils ont l'air contents, disent ceux qui les voient. Voilà l'effet d'une véritable piété, d'une conscience sans reproche. Ils inspirent une telle vénération qu'ils deviennent grands dans leur abaissement. - Bien que la visite ait été faite dans toutes les maisons pour la recherche des prêtres, nous y avons échappé, parce qu'on nous sait gré de ne pas être partis. - Il y a peu de temps, on a jugé deux prêtres qui étaient en prison depuis six mois, pour avoir confessé et administré les sacrements. L'un d'eux a été condamné à deux ans de prison (Pierre Lancelot, chapelain des Jubeaux, à Denée). L'autre fut considéré comme plus coupable, parce que ses paroissiens sont venus l'accompagner quand on fut pour l'arracher de leurs bras (Pierre Dron, curé de Tigné). Il n'a pas été remplacé, faute de prêtres jureurs. Le pauvre curé, pour avoir été trop aimé de ses paroissiens, a été condamné à deux ans de fer et de prison. C'est une horreur !

26 juin 1792 - L'abbé du Tertre est tranquille jusqu'à nouvel ordre. Peut-être le laissera-t-on ainsi, puisque cela tourne en longueur pour lui. Il n'est pas en état d'aller au Séminaire : il est souffrant. Son bon ami a été pris avec les autres prêtres. Ces Messieurs avaient été avertis qu'on les prendrait. Ils voulurent tous se présenter en disant qu'ils étaient trop heureux de souffrir ensemble pour la même cause et qu'ils ne se sépareront pas. Ceux qui s'y sont soustraits sont les infirmes et ceux qui ont été forcés par leurs familles. Celui qui était chargé des affaires de notre cousine qui est à Paris, est enfermé comme les autres : papa en a pris la charge et en a tout l'embarras, mais il le fait avec zèle pour se rendre utile. Je l'aiderai dans la mesure du possible.

4 juillet 1792 - Pas un criminel d'État n'est plus maltraité que nos réfractaires. C'est inouï, les secours en tous genres qu'ils ont reçus depuis quelques jours, lorsqu'on a tâché de pénétrer jusqu'à eux et de connaître leurs besoins. Dans notre malheur, nous nous plaisons à voir la quantité d'âmes honnêtes qui se privent du nécessaire pour soulager des malheureux, et qui s'exposent soit pour les cacher, soit pour les aider. La poursuite des pauvres prêtres est au même point. Ceux qui sont renfermés, le sont sans doute jusqu'à ton retour. Comme on a exercé sur eux toutes les tyrannies, on va actuellement s'occuper de la saisie des biens des émigrés qu'on avait négligée un moment, surtout dans ce pays. - L'abbé du Tertre est tranquille, parce qu'il ne se montre pas. Les prêtres enfermés se disent contents parce qu'ils sont moins maltraités qu'au début. - Il y eut dimanche (1er juillet) une grande fête pour planter le bonnet de la Liberté sur le plus haut clocher (Saint-Michel-du-Tertre), pour que tout le monde le voie bien. Deux jours auparavant, ils avaient descendu toutes les cloches des communautés : ils les ont envoyées à Nantes à la fonderie.

7 juillet 1792 - On nous a signifié de sortir de notre maison (Académie). On ne nous avait accordé que huit jours. Papa a demandé six semaines. Nous faisons venir à Pignerolle les meubles que nous y destinions. Nous ne leur en laisserons pas un et ne traiterons avec eux d'aucune manière.

10 juillet 1792 - Le Conseil général (du département) a été convoqué (le même jour 10 juillet). Tous les membres du Conseil croyaient que c'était pour obtenir la sortie des prêtres. Rendus ici, ils s'en sont retournés bien mécontents de l'inutilité de leur voyage. La garde nationale est maîtresse ici, les corps administratifs ne peuvent rien faire.

24 juillet 1792 - L'abbé du Tertre te dit bien des choses. J'ai souvent des nouvelles de son ami, mais le malheureux n'a pas sa liberté. Ses compagnons d'infortune, non plus. On les tracasse toujours. Cependant ils ne se plaignent pas ; ils souffrent tous leurs maux avec un courage et une patience héroïques. - Ils ont déclaré la patrie en danger : cela a fait peu d'effet. Ils ont fait passer cet ordre du côté de la campagne ; on y a répondu en déclarant que personne ne partirait avant qu'on ait vu l'exemple donné par tous ceux qui ont acheté du bien ecclésiastique, parce qu'il est bien juste que ceux-là aillent défendre leurs droits.

13 août 1792 - Nous avons demandé six semaines (pour sortir de l'Académie) : point de réponse. Nous ne bougeons pas jusqu'à nouvel ordre. - L'abbé du Tertre va très bien. Nous sommes séparés de lui en ce moment. En raison des visites qu'on faisait à l'Académie, il était prudent qu'il se cachât. Il est fort bien où il est. Nous en avons des nouvelles tous les jours. (Depuis le 17 juin où les insermentés avaient été traîtreusement emprisonnés, le chanoine du Tertre s'était caché à l'Académie. On sait que les prêtres partirent d'Angers pour la déportation en Espagne, le 12 septembre).

16 décembre 1792 - Mon père n'habite plus sa grande maison (Académie).

14 février 1793 - La ville et la campagne sont dans le calme, bien qu'on ait fait des visites générales pour la recherche des prêtres réfractaires et des émigrés rentrés depuis le décret.

20 février 1793 - On force tout le monde à partir. On ne trouve pas autant d'hommes qu'on s'y attendait : les premiers partis ont éprouvé trop de misères.

14 mars 1793 - La journée d'hier que nous redoutions à cause du tirage de la milice, s'est très bien passée dans notre paroisse (Saint-Barthélémy). Nous craignions des refus de départ. On demandait onze jeunes gens : on les a trouvés. Toutes les paroisses du département devaient tirer le même jour, j'en attends des nouvelles ainsi que de la ville.

20 mars 1793 - Une rumeur s'élève depuis quatre jours. On arrête beaucoup de monde de toutes les classes ; on est accusé d'aristocratie, pas autre chose. Bien des domestiques sont pris aussi.

28 mars 1793 - Dimanche 17, on arrêta beaucoup de personnes, parmi lesquelles MM. Legouz, de Contades, du Puy, Claveau, tous les domestiques où on a pu en trouver. On les a mis aux Ursules, ci-devant communauté de religieuses. On a aussi ramassé des femmes mariées en petit nombre. Les révoltés (Vendéens) sont des aristocrates qui demandent Louis XVII, leurs prêtres et leurs nobles. On a fait marcher toute la garde nationale pour aller contre eux. On a fait venir tous les paysans des paroisses des environs pour garder la ville.

4 avril 1793 - C'est étonnant la quantité de personnes qui ont été ramassées. Je ne croyais pas qu'il y en eût autant de notre connaissance. - Les révoltés se sont assemblés, disant qu'ils ne voulaient pas tirer à la milice et ne partiraient pas pour la guerre, qu'ils étaient ennuyés de tout cela et voulaient l'ancien régime. Ils se battent très bien. On a fait partir beaucoup de monde d'ici. On forme un camp sur le chemin, de crainte que les révoltés n'arrivent jusqu'ici. - On a ramassé tous les gens suspects, en disant qu'ils fournissent de l'argent à ces révoltés, qui se disent aristocrates. Voilà pourquoi on a arrêté tant de monde.

16 mai 1793 - Les révoltés paraissent ne plus vouloir faire le siège d'Angers. On dit qu'ils sont de 60 à 80 mille.


Arrêté à Saint-Barthélémy en novembre 1793, Marcel de Pignerolle, ex-directeur de l'Académie d'Équitation, fut emprisonné à Angers et conduit à Doué. Il mourut dans les caves de cette dernière ville, le 27 décembre 1793 7 janvier 1794.

 

Pignerolle Marcel décès

 

Sa fille, Mme Arsène de Pignerolle, arrêtée à la même époque, fut emprisonnée aux Cordeliers d'Angers. Le 29 novembre, elle partit pour Montreuil-Bellay, où elle arriva avec ses compagnes de captivité le 6 décembre. A la date du 7 février 1794, elle quitta Montreuil pour aller à la prison de Chartres.

Arcis Château

 

Les habitants de Saint-Barthélémy ayant fait une pétition en sa faveur, le Comité Révolutionnaire d'Angers écrivit, le 5 mars 1794, à celui de Chartres, pour lui demander de mettre la détenue en liberté. Après un court séjour en Anjou, elle alla habiter son château des Arcis, à Meslay-du-Maine (Mayenne).

Quand Arsène de Pignerolle revint d'Angleterre (1802), il alla rejoindre sa femme aux Arcis, où il mourut en 1815 (le 27 avril).

 

Pignerolle décès Arsène

C'est dans les archives de ce château qu'est conservée la correspondance publiée ci-dessus.

L'Anjou Historique - Octobre 1925 - p. 229 à 237

AD53 - Registres d'état-civil de Meslay-du-Maine

AD49 - Registres d'état-civil de Doué-la-Fontaine