ANTOINE-BARTHÉLÉMY CLOT naquit à Grenoble le 7 novembre 1793 (17 brumaire an II). Son père, qui servait dans la fameuse 32e demi-brigade, fut un de ceux qui versèrent leur sang pour la patrie sur les champs de bataille de la République. Il mourut sans fortune en 1811, à Brignolles, où il était venu chercher les secours de M. le docteur Sapey, qui l'avait connu à l'armée.

Clot Bey naissance TD

Le jeune Clot ne se laissa point abattre par le malheur. Doué d'une de ces volontés énergiques qui ne reculent devant aucun obstacle, il sentit se développer chez lui, dès ses premières années, une forte passion pour l'étude de la médecine. M. Sapey lui enseigna les premiers éléments de la chirurgie. Mais bientôt, poussé par l'amour de la science, il vient, en 1812, à Marseille, où il étudie à l'hôpital de cette ville. En 1820, il obtient le grade de docteur en médecine à la Faculté de Montpellier, et en 1822, celui de docteur en chirurgie.

CLOT BEY ANTOINE

En 1825, il part pour l'Égypte. C'est là que doit être désormais le théâtre principal de sa gloire. C'est là qu'il va déployer toutes les ressources de sa haute intelligence. L'Égypte lui doit l'organisation d'un conseil de santé, celle d'un service sanitaire pour les armées de terre et de mer, la création de l'hôpital et de l'école d'Abou-Zabel, d'un hôpital civil pour les malades des deux sexes, d'un hospice pour les fous, d'une école d'accouchement, d'une maternité, d'un dépôt de mendicité, etc.

Méhémet Ali

En 1832, Méhémet-Ali élève à la dignité de Bey, en récompense de sa belle conduite pendant l'épidémie de choléra qui avait ravagé l'Égypte. C'était le premier médecin et le premier chrétien honoré de cette haute distinction : Méhémet-Ali, en présence de toute sa cour, et en lui remettant le firman de sa nouvelle dignité, prononça ces paroles :"Clot-Bey, tu t'es couvert de gloire dans une bataille qui a duré six mois ; je te fais général !" La terrible épidémie de 1835 fut pour Clot-Bey une nouvelle occasion de se distinguer. Poussé par l'ardeur de son zèle, il alla jusqu'à s'inoculer du pus, et quelques jours après, du sang des pestiférés.

Clot-Bey avait été admis, en 1832, au nombre des associés de l'Académie royale de médecine de Paris. Il a publié de nombreux ouvrages et documents sur la médecine et la chirurgie, et un aperçu général sur l'Égypte en 2 volumes in-8°.

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Le vice-roi l'honora de son amitié et lui conféra, en 1841, le titre de bey, qui n'avait encore été accordé à aucun chrétien.

Clot-Bey, rentré en France en 1849, après la mort de Méhémet-Ali, fut rappelé en Égypte en 1854, par S.A. Saïd-Pacha, pour réorganiser de nouveau le service médical civil et militaire, et il ne rentra définitivement en France qu'après avoir accompli cette réorganisation.

M. Clot fut promu au grade de général en 1839. Il fut nommé inspecteur général du service de santé d'Égypte en 1834 ; médecin en chef du vice-roi Saïd-Pacha en 1855, et inspecteur général honoraire du service médical, civil et militaire en 1857.

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Clot-Bey était commandeur de la Légion d'honneur depuis 1851, grand croix de l'ordre de Saint-Stanislas de Pologne, grand officier, commandeur et chevalier d'un grand nombre d'ordres.

Après la mort du vice-roi, Clot-Bey fit le voyage de Rome, où il obtint une audience du pape qu'il assura de son respect et de sa vénération. Le pape Pie IX,  admirant son dévouement au bien-être des chrétiens et des musulmans et voulant le récompenser de ses services, avait conféré, en 1851, le titre de comte Romain à Clot-Bey et à sa descendance et l'empereur Napoléon III, par un décret du 14 mars 1860, l'autorisa à porter en France ce titre.

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On a rapporté, au sujet de Clot-Bey, un fait édifiant qui montre bien la foi qui l'animait, au moins dans la seconde partie de sa vie.

Il venait en France faire prendre le doctorat à ses élèves. Un jour qu'avec eux il se promenait sur le trottoir de la Cannebière, à Marseille, où il a habité, et où il est mort en 1868 (28 août), vint à passer un prêtre, portant le saint Viatique, avec son cortège habituel.

En entendant la clochette, Clot-Bey s'arrêta, enleva son tarbouch et s'inclina profondément.

L'un de ses ulémas (docteurs turcs) s'approche de lui et demande pourquoi ce respect et cette attitude.

"- C'est le bon Dieu qui passe, répond Clot-Bey.

- Quoi ! maître, reprit l'uléma, tu crois que le Dieu tout-puissant, qui a créé le ciel et la terre, est entre les mains de ce prêtre ?

- Oui, je le crois ; vous autres, musulmans, vous connaissez sa puissance, mais vous ne connaissez pas son amour."

Parole sublime dans la bouche de Clot-Bey et qui fait honte à tant de chrétiens si peu respectueux pour la sainte Eucharistie. Elle justifie bien cette devise, donnée par le pape Grégoire XVI à Clot-Bey en le nommant comte Romain : Inter infideles, fidelis ; fidèle au milieu des infidèles.

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En 1850, le Prince Charles-Lucien Bonaparte décrivit, pour l'Ornithologue Français, une alouette déserticole appelée  "Ramphocoris Clotbey". Il l'a dédia au médecin français Antoine-Barthélémy Clot dit Clot-Bey.

 

AD85 - Semaine Catholique du Diocèse de Luçon - 1886 - p. 718 - 719.

Le Cte Godefroy de Montgrand - Bibliothèque numérique Médic - biu Santé - image CIPB1190.

AD13 - Registres d'état-civil de Marseille.

Archives nationales - Base Leonore.

AD38 - Tables décennales - Grenoble.