25 juin 1791

Strasbourg excution effigies 1791z


Exécution populaire à Strasbourg du lieutenant-général BOUILLÉ et des maréchaux de camp KLINGLIN et HEYMANN

La participation de ces trois officiers supérieurs à la fuite de Louis XVI irrita tellement une partie de la bourgeoisie et de la garnison de la ville, qu'en apprenant l'arrestation du Roi à Varennes, on revêtit trois mannequins de l'uniforme de général et après leur avoir attaché à chacun sur la poitrine une pancarte portant leur nom et l'épithète de traîtres à la patrie, ils furent placés sur un chariot et promenés par la ville.

Ce sinistre cortège, précédé d'une fanfare et de porteurs de torches, se rendit ensuite à la place d'Armes où les mannequins furent brûlés aux acclamations de la populace.

 

Strasbourg excution effigies 1791

 

M. Henri Engelhardt, dans son Elsasz wührend der Revolution, consacre quelques lignes à cette singulière manifestation, qu'il dit avoir eu lieu dans la nuit du 28 juin, mais la curieuse gravure de l'époque en fixe la date du 25 de ce mois.

Revue alsacienne - 1888/11 (A12) - 1889/12


 

 

Bouillé de - marquis

 

FRANÇOIS-CLAUDE-AMOUR, MARQUIS DE BOUILLÉ

Originaire du Maine, et depuis établie en Auvergne, dès le onzième siècle, la maison de Bouillé a eu des chevaliers de Saint-Michel sous Louis XI et sous François Ier (c'était alors l'ordre du roi), des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit sous Henri III et sous Henri IV, des commandeurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem à Rhodes et à Malte, des gouverneurs de villes et de provinces, un grand nombre de comtes de Brioudes et de Lyon, et plusieurs prélats dans l'Église. Nicolas de Bouillé, oncle et tuteur de François-Claude-Amour, était doyen des comtes de Lyon, premier aumônier du roi, évêque d'Autun et conseiller d'État.

La famille de Bouillé semble avoir pris l'engagement de ne devoir jamais ses dignités qu'à ses services, depuis qu'elle a choisi pour maxime, et placé pour devise au milieu de ses armes, ces nobles mots : Tout par labeur. (La famille de Bouillé prend deux devises dans ses armes : l'une est celle que nous venons de citer ; l'autre, qui suffirait seule pour prouver l'antiquité de cette famille, et qui est à la fois religieuse et guerrière, se trouve renfermée dans ces mots : A vero bello Christi.

François-Claude-Amour, marquis de Bouillé naquit en Auvergne, au château du Cluzel, (Saint-Eble) le 19 novembre 1739.

 

(Mémoires du Marquis de Bouillé - par René de Bouillé et par M. F. Barrière - 1859)

 


 

Heymann

 

Le général Jean-Frédéric-Augustin Thomin (ou Thenin) de Heymann, né à Carignan le 28 août 1740, fut d'abord officier dans un régiment d'infanterie allemande au service de la France, et en 1789, il était maréchal de camp, employé à Metz sous le marquis de Bouillé. Il devint maréchal de camp à 44 ans. (L'Europe pendant la révolution française par M. Capefigue - Vol. 1 - 1843)

 


 

 

Klinglin armoiries

 

FRANÇOIS-JOSEPH-LOUIS DE KLINGLIN est né en 1733 ;

Fils du prêteur royal François-Joseph de Klinglin, Lieutenant du roi et gouverneur de Strasbourg, mort à la citadelle de Strasbourg en 1753 ;

François-Joseph-Louis, baron de Klinglin, maréchal de camp en 1784, commandant la place de Strasbourg en 1789. Compromis dans la fuite de Varennes, il avait émigré et pris du service en Autriche où il mourut. (Journal d'émigration du prince de Condé - 1924)

 


 

PROJET DE DÉCRET

« L'Assemblée nationale, après avoir ouï ses comités militaire, diplomatique, de Constitution et de révision, de jurisprudence criminelle, des rapports et des recherches, réunis ;

« Attendu qu'il résulte des pièces dont le rapport lui a été fait, que le sieur de Bouillé, général de l'armée française sur la Meuse, la Moselle et la Sarre, a conçu le projet de renverser la Constitution; qu'à cet effet il a cherché à se former un parti dans le royaume, sollicité et exécuté des ordres non contresignés, attiré le roi et sa famille dans une ville de son commandement, disposé des détachements sur son passage, fait marcher des troupes vers Montmédy, et préparé un camp auprès de cette ville, cherché à corrompre les soldats, les a engagés à la désertion pour se réunir à lui, et sollicité les puissances voisines à faire une invasion sur le territoire français :

« Décrète : 1° Qu'il y a lieu à accusation contre ledit sieur de Bouillé, ses complices et adhérents, et que son procès lui sera fait et parfait par-devant la haute cour nationale provisoire, séant à Orléans.

« Qu'à cet effet, les pièces qui sont déposées à l'Assemblée nationale, seront adressées à l'officier qui fait auprès de ce tribunal les fonctions d'accusateur ;

« 2° Qu'attendu qu'il résulte également des pièces dont le rapport lui a été fait, que les sieurs d'Heymann, de Klinglin et d'Offlise, maréchaux de camp employés dans la même armée du sieur de Bouillé, Desoteux, adjudant général, de Bouillé fils, major de hussards, et Goglas, aide de camp;

« Que les sieurs de Damas, colonel du 13e régiment de dragons; de Choiseul-Stainville, colonel du 1er régiment de dragons; d'Andoins, capitaine au même corps; de Vellecourt, commissaire ordonnateur à Thionville ; les sieurs de Mandel, Morassin et Thalot, officiers de Royal-Allemand; le comte de Fersen, colonel de Royal-Suédois, et les sieurs de Valory, de Maldent et Du Moustier, tous prévenus d'avoir eu connaissance dudit complot du sieur de Bouillé, et d'avoir agi dans la vue de le favoriser, il y a lieu à accusation contre eux, et que leur procès leur sera fait et parfait devant la haute cour nationale provisoire;

« 3° Que les personnes dénommées dans les articles précédents, contre lesquelles il y a accusation, qui sont ou seront arrêtées par la suite, seront conduites, sous bonne et sûre garde, dans les prisons d'Orléans ... (Archives parlementaires - 11 juillet 1791 - Tome 28 - p. 242)